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 punch-drunk things (kol & aleks)

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BETWEEN GODS AND BEASTS
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Aleksandra Dmitriev
BETWEEN GODS AND BEASTS
HIVERS : : Trente. BRATVA : : Yugovitch. BRANCHE : : Sillages d'airain. LABEUR : : S'occupe du service après-vente chez les mécontents et les vilains payeurs. CAPACITÉ : : Cuirasse. NIV. : : Deux. SYNDROME : : Paralysie courte et partielle d'un membre du corps. IMPOSTURE : : Marchande de pulls et autres pantalons (en cachemire). STATUT : : Célibataire. ÉCHOS : : Grande gueule, poings sales et chemisier impeccable. ROUBLES : : 62 MÉFAITS : : 59 ID & GUEULE : : Balulalow / Jena Malone ESSOR : : 1/3 (libre) CRÉDITS : : avengedinchains (ava) / solosand (signa) ERRANCE : : 19/10/2016
Dim 20 Nov - 18:39
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Punch-drunk things
(part 1)

 
A tale of animals and deceit.
Il est temps. Il pleut, mais tant pis. Ce n’est pas ça qui empêchera Aleksandra de sortir pour affronter les sauvages, tour à tour secoués et secouant la cage où elle s’enferme tous les jeudis soirs, l’écume aux lèvres, la rage au ventre. La promesse du danger la fait pousser un soupir de contentement ; sous son sourire, se dessine la hâte de cogner.
Mais pour l’instant, c’est nue qu’elle se prépare à devenir un animal des fosses, ses habits de jour soigneusement pliés et rangés dans une commode immaculée. Figée, accoudée à la fenêtre, il n’y a que la lente et silencieuse fumée de sa cigarette, écho discret aux émanations de la ville industrielle, qui vient troubler l’immobilité du moment. De toute façon, sa jambe droite est bloquée depuis déjà trois minutes ; c’est en statue taillée pour la tempête qu’elle attend.
Les lumières sont éteintes et l’appartement, comme le quartier, s’est progressivement endormi. Dehors, les lumières n’éclairent plus que quelques ombres qui glissent entre les ruelles pour échapper à la lumière ; d’en haut, ils remuent comme des rats et bruissent comme les feuilles mortes. Il faut se décider à les rejoindre, mais la blonde ne bouge pas. La fureur doit jaillir et la submerger pour qu’elle se lève. La fureur, elle la guette et quand sa naissance creuse le fond de son estomac, elle l’exacerbe vite par cette vie de merde, et ce pied lance soudain des fourmis jusqu’en haut de sa cuisse endolorie par la somnolence de sa position. Enfin, les orteils bougent. La cigarette est écrasée, l’humeur funeste comblée ; madame s’habille et s’en va.

Tap tap tap, les petits pas sont rapides et dans son dos cogne le sac, détenteur de la peau qui frappe, en opposition avec celle qui durcit pour éviter les violents coups de vilains matraqueurs. Parfois, les traits de ceux-là se dessinent sur les faces des rats qui détalent devant le pas de la Dmitriev. Pas qu’ils ont peur, mais ils ne veulent pas être vus, alors ils fuient la blonde, froide et solaire dans son manteau beige. Présentable, elle l’est juste assez pour aller jusqu’aux fosses et ne pas trop se faire repérer ; là-bas, elle glissera dans sa deuxième peau, celle enfouie dans le sac. Celle-ci, on la sort à l’heure des bêtes ; on y trouve des tâches rougeâtres que même la javel commence à difficilement ravaler.
Sur le chemin, reste un endroit chez qui elle doit s’arrêter, histoire de figer son adrénaline dans le pur contrôle des poings. Chez Boris, on trouve de tout, et vraiment de n’importe quoi. Partisans, initiés et parfois même des profanes, trop bourrés pour comprendre ce qui se trame sous les tables et dans les regards. Même louchant, ces derniers font comprendre des choses et les rictus deviennent poignards lorsque ça chauffe trop. Et il faut dire que ça chauffe souvent ; dans une salle au fond, on parie discrètement sur les prochains combattants du soir et les injures fusent parfois. Les coups, eux, se donnent toujours dehors.  Surtout, Chez Boris, c’est l’antichambre du bordel sanglant que sont les fosses ; quand seuls deux trois silhouettes sont présentes, on se tait et on fixe silencieusement son verre, juste pour se faire à l’idée de ce qu’on va voir dans à peine une heure. C’est pour ça qu’Aleksandra aime bien y aller : derrière les yeux des petits rats pétersbourgeois, la violence demeure tapie et fantasmée, marmonnée aux bords des lippes. Forcément, quand Aleksandra entre, la bestialité des ivrognes fait lever un sourcil. Mais cette nana, pas franchement laide, on la connaît et comme les plus anciens se taisent à son passage, les nouveaux s’abstiennent de lui balancer des remarques sifflées. On la tolère, perdue qu’elle est chez les joueurs de la Zapadovitch ; et puis, quand vient le ring, elle les excite en même temps qu’elle les embrouille. Alors quand elle balance son sac dessous le comptoir pour y prendre place, personne ne vient l’emmerder. C’est ça, aussi, qu’elle aime chez Boris.
A peine est-elle installée qu’on lui tend un verre où divers jus se mélangent et forment une mixture multicolore et peu appétissante. Boris avait connu la petite Dmitriev au début, quand elle était venue prendre ses premières torgnoles dans les fosses. Accompagnée de son beau-père, elle avait commencé par de l’eau parce que « l’alcool ça embrouille tout et ça t’fait perdre. ». Un divorce – ou la mort du vieux, Boris ne sait jamais – l’avait ramené et elle avait testé la vodka pour raidir ses muscles. Échec. Élevée à la concentration, la guerrière y avait failli laisser quelques dents et plus jamais elle ne toucha aux liqueurs avant de combattre. De l’eau de sa jeunesse, elle passa au « dégueuli d’insectes », offert par la maison une fois sur trente. Parce qu’elle soupçonne Boris de foutre des protéines à pattes dans son verre, Aleksandra grimace toujours devant son verre tendu ; pourtant elle le boit car Svarog seul sait qu’elle connait les propriétés des cloportes.
« Alors ce soir, tu paries sur qui, Boris ? D’ailleurs y a qui ce soir ? » Haussement d’épaules. « A toi de voir. » Boris ne parle pas beaucoup et sait se faire mystérieux. Tour à tour, Aleks désigne de la tête des gens de la taverne ; mais à chaque fois, le tenancier sourit comme un con. « Tu fais bien chier. » Soudain, la porte s’ouvre et quelqu’un entre ; comme à chaque fois, un silence accompagne le nouvel arrivant, puis le murmure reprend. Là, le silence est un peu plus long que d’habitude ; la blonde fronce les sourcils. Se dégage du bonhomme un truc. Elle ne sait pas trop ce que c’est ; quelque chose de poussiéreux dans sa boîte crânienne pourtant reluisante. Grand, trop peut-être, la gueule un peu cassée comme la silhouette d’une photo. « C’est qui ça ? » Arborant un encore plus large sourire, le patron essuie un verre dans lequel sa tête grossit « Demande lui. » qu’il répond. Quand le grand gaillard s’assied à l’autre bout du comptoir, elle attend qu’il commande pour se rapprocher de lui, emportant dans sa main le verre de mixture déjà entamé, oubliant son sac sous le comptoir. « Vous êtes nouveau ? Je viens ici tous les jeudis et jamais j’ai vu votre tête. » Elle dit ça parce qu’autour d’elle, murmurent une majorité d’habitués. Lui, il ne ressemble à rien de déjà vu. Ou justement, si, il ressemble à quelque chose : un paternel fantôme dessiné sur le papier glacé d’une vieille photo, enfouie ou volontairement oubliée quelque part dans la boîte, crânienne ou non, de la blonde. Un étrange goût du passé devant les yeux et c’est peut-être ça qui la pousse à se présenter à l’inconnu. « Aleksandra. », déclare-t-elle, la question du « Et vous ? » laissée en suspens derrière la révélation d'un souvenir qu'elle croyait perdu.
les nouveaux sauvages

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admin ☩ arsenic on the rocks
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Kol Pavlov
admin ☩ arsenic on the rocks
HIVERS : : Cinquante-cinq. BRATVA : : Héraut de l'excessive matrice, la Zapadovitch. PARTISAN : : Liquide, corrompt les preuves, dévoie les dossiers, relaxe les frères et opprime les autres. Pilote occasionnel charroyant les cargaisons illicites lorsque l'empyrée dégoise ses tempêtes. IMPOSTURE : : Charognard des bas-fonds, vieux ripou incurable hissé au rang d'inspecteur-chef de la police pétersbourgeoise. STATUT : : Lovelace chenu, ne s'implique jamais plus que quelques heures. ÉCHOS : : On le rêve au pire à la retraite, au mieux dans le fond d’un caniveau, mais la vieille carne tient bon, mauvaise herbe tenace filant urticaires et autres démangeaisons sévères à qui ose frôler ses méthodes foireuses et ses imbuvables manières. Chauviniste, homophobe, exécrable mixtion menant tambour battant la guerre au politiquement correct, il est le réac’ puant qu’un flot de dégoût anime mais qui jamais vraiment ne babille ses pensées. À la fois ami et ennemi de tous, créancier d’une flopée d’hères qu’il prend soin de ferrer et de ne plus relâcher, on le sait posséder le plus gros réseau d’indic’s que la ville et ses abords n'aient jamais trahi. ROUBLES : : 82 TEINTE : : <kol> MÉFAITS : : 86 ID & GUEULE : : Alas (w/ Mads Mikkelsen). CLIQUE : : Vassili Voliakov. ESSOR : : Disp. CRÉDITS : : Odistole & tumblr. ERRANCE : : 05/11/2016
Dim 27 Nov - 18:43
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before the storm
Il tète sans se presser. Tranquillement, le vieux, qui charcute son embout de cigarillo comme un gamin mastiquerait sa réglisse. Cette zone de la ville lui est familière, c'est un tombeau à ciel ouvert dans lequel il sait avoir, d'avance, sa petite place réservée. Sur le trottoir d'en face, dans la fumerie à l'angle, ou dans l'un des innombrables autres cercueils de la Zapadovitch il finira un beau jour par s'écrouler, l'âme épuisée. Aux autels ses excès, qui pour le Royaume de l'Est brûlent en offrandes à chaque révolution d'astre. Quiet, il se laisse mener, malmener et surmener pour la gloire seule d'un roi dont il n'est qu'un polichinelle parmi tant d'autres. Alors il se traîne, Kol, jusqu'aux extrémités du possible, quêtant aux ombres les prochains coups qu'il fera endurer à sa piètre existence ; ce soir d'ailleurs, la douleur effective et brute des combats l'attire et l'entraîne vers un repère bien connu des belliqueux de tous poils et horizons. Le froid mordant de l'hiver renaissant le quitte, n'abandonnant sur son blouson noir qu'une fine pellicule de neige timorée. Les courants d'airs urbains font place à la tiédeur feutrée d'un bar où tapinent les odeurs de musc, de tabac ranci, d'alcool et de sueur. Il vient rarement. D'ailleurs les bobines de la clientèle accusent le choc, vrillant sur lui un ciel constellé d'yeux censément intimidants. Il ne leur en tient pas rigueur, les emmerde tout au plus d'un tressaillement de lippe, et sans plus participer à leur farce de pugilat accoste le comptoir en prenant assise sur un tabouret bancal. Déjà plus très sobre après s'être enfilé deux bières de fin de service, le voici fin prêt à amollir ses connexions nerveuses en les diluant dans quelqu'autres verres. Une médecine comme une autre pour que le corps supporte les excentricités autodestructrice d'un homme déçu ; à cinquante-cinq berges, il n'a toujours rien à perdre. Alors pour se sentir en vie, et même pour sentir encore quelque chose, rien de mieux qu'un peu de gnôle préludant une baston.

À peine le temps d'enfiler une rasade au gosier qu'approche une cliente. C'est son parfum, qui l'a trahie. Non pas qu'elle empeste l'excédent de fragrance comme peuvent s'en badigeonner certaines femmes, mais plutôt que le flair du limier saurait pister le sexe faible jusqu'en enfer s'il le fallait. Impudique quant à leur égard, l'inspecteur n'a jamais camouflé la folle fascination que ces créatures soulevaient en lui – et en son futal. Avec les années cependant, elles lui sont devenues cruelles, se débinant devant ses sourires ou tentatives de charme en lui flagellant la gueule de cette hilarité cristalline et gênée – pour lui – qu'ont les garces avouées. Sa fierté de mâle a fini par se faire à l'idée que sa testostérone n'intéressait plus que les professionnelles, moyennant une tranche de salaire tous les mois perdus dans les clubs de strip-tease et autres clandés. Elle dit s'appeler Aleksandra et il voit déjà se préciser l'opportunité, comme un peu tous les types désespérés à qui la chaleur humaine manque. « Kol. » Dans les orbes ténébreux, une lueur captivée dégourdit le faciès qui sculpte sur les traits abrupts du slave un rictus avenant. Une sympathie intéressée mouvant aussitôt la senestre, qui désigne le siège voisin. « Je vous en prie. » Ça lui laisse le temps de reluquer, de constater qu'en plus d'être bien gaulée, elle est on ne peut plus à son goût. Une aubaine. Seul bémol, la fille est du camp adverse et toutes les molécules du Séide s'échinent à l'en avertir. « Tous les jeudis ? Et ils vous laissent encore passer le pas de la porte ? » Eux. Les qui, comme lui, répondent au nom du Pakhan Piotr. Tout le bitume de ce territoire est marqué du sceau des Sianov et de leurs ouailles, même les chiens pissent dans les encoignures pour honorer leur règne. L'interrogation n'a toutefois rien d'une inculpation. On dirait même que l'opiniâtreté de la Fille du Sud aguiche le mauvais bougre ; une risette oblique lui tranche la gueule, amusée mais pas que. Si elle est une habituée, c'est que rien ne l'effarouche plus vraiment dans ce taudis de renommée. « Mettez-en deux autres », qu'il ordonne au barman, pointant d'un doigt la liqueur de son interlocutrice, avant d'en revenir à la féminité des ridules. « Ça fait une paie qu'on ne m'avait pas taxé de nouveau, mais j'aime bien. Ça me rajeunit. Je viens de temps en temps, ici ou ailleurs, pourquoi se priver quand on peut profiter de tous les édens que peut offrir cette terre. » Dans sa dextre, la rotondité du verre commandé plus tôt succombe aux caresses machinales de la paume. L'érotique du geste vaut la banalité du ton. Pourtant le Lovelace déguste la joute débutante, amoureux des femmes et surtout de leur chasse. « Vous êtes seule ? » Vaste question.
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