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 before i leave this world (khov)

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here lies ljubov stepachine
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Ljubna Litvine
here lies ljubov stepachine
HIVERS : : trente-six années, dont la moitié à mentir sur son identité BRATVA : : yugovitch PARTISAN : : née fille stepachine, fidèles membres de la Yugovitch - agent double au sein du FSB pour saper la lutte contre la Bratva, de l'intérieur, sous un autre nom IMPOSTURE : : ancienne militaire en recherche d'emploi dans la sécurité (agent du FSB, division lutte anti-corruption) STATUT : : célibataire peu courtisée ÉCHOS : : LJUBNA LITVINE - une femme sans histoire, ancienne militaire, would-be mercenaire // LJUBOV STEPACHINE - une jeune fille morte trop tôt pour inscrire son nom dans l'histoire. ROUBLES : : 111 TEINTE : : #B45F04 MÉFAITS : : 173 ID & GUEULE : : Arté (ruth wilson) CLIQUE : : zinaïda terechkov, la chimiste retraitée ESSOR : : 0/4 (full house - revenez plus tard) CRÉDITS : : profil • A©Blake / G©fryingdragon ; sign • code©NEON DEMON / gif©winterfellsrose ERRANCE : : 11/10/2016
Ven 18 Nov - 13:18
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Before I leave this world

 
fuck fuck fuckity fuck. bugger fuck arse.
+ ambiance +

Des coups de feu s’échangent, les balles labourant de sillons d'airain presque palpables l’air glacé de la Mère Patrie, en cette fin d'automne. Le sang gicle, des corps s’écroulent, d'autres se plient mais tiennent bon. Ça jure en russe et en persan, ça hurle, ça maudit les Dieux, le gouvernement, le connard de traître et des voitures démarrent au quart de tour, les pneus crissant sur le bitume cahoté du terrain attaqué par les herbes folles. Résultat du match : 1 pour le crime organisé, 0 pour le reste du monde. Et surtout -1000 pour Ljubna Litvine, gisant actuellement sur le sol goudronné de la banlieue orientale de ce coin de paradis qu’est Saint Pétersbourg, plusieurs balles dans le corps et la sensation mordante du froid qui l’envahit progressivement, lui arrachant des jurons saccadés et des gémissements.

Elle tremble, Lju.
Elle va mourir, peut-être, à ce stade-là.

La journée avait pourtant bien commencé : un rancard par une source anonyme qui avait appelé un collègue de Ljubna, sur un transfert qui devait se faire entre des gars de la Zapadovitch et des narcotrafiquants iraniens. Une info solide, la bonne nouvelle du jour : enfin, la lutte contre le crime organisé allait pouvoir faire une saisie et une fouille sérieuse ! Le problème, c’est que l’information a fuité : c’est impossible qu’elle n’ait pas fuité, songe Ljubna alors qu’elle se vide de son sang et tremble compulsivemment. Ou que le rancard ait été une sorte de piège, de test pour le mouchard.

Dans tous les cas, on les attendait de pied ferme, Russe comme Iranien, et pas avec du petit calibre. On était quinze, putain, on aurait dû les avoir., enrage-t-elle sans parler. De toute façon, il n’y a clairement personne pour l’entendre : les corps autour d’elle sont inertes, ou tremblotent faiblement, personne qui ne s’en sortira vraiment. Elle-même n’est pas sûre de pouvoir survivre à ce merdier sans nom : elle est touchée à l’épaule gauche, à la cuisse et quelque part dans le ventre, et certes, quelqu’un dans son camp a appelé les secours, mais si le service santé du FSB arrive à temps, ça sera un miracle. Ou même les flics. Putain, je vais y passer. Cette pensée lui arrache des sanglots qui secouent sa carcasse et renforcent certaines douleurs. La main droite a lâché le flingue et appuie lourdement sur le trou qu’elle a au flanc droit, histoire de ne pas tout perdre. Elle essaie de se calmer, de respirer lentement. Elle a vu trop de films et de séries où les personnages mouraient comme des débiles à se vider de leur sang parce qu’ils n’arrivaient pas à calmer le flux sanguin et le tambourinement de leurs cœurs. Elle ne sait plus qui lui a dit ça -peut-être Ilari, le médecin-légiste que la FSB consulte fréquemment, que l’on peut mourir de la perte de la moitié ou des deux-tiers du volume sanguin. C’est pas possible que j’en aie perdu autant, elle se rassure, calmant sa respiration. Je suis pas venue au monde pour mourir aussi connemment ! Ou alors les Dieux se sont bien foutus de sa gueule si c’était leur plan depuis le départ : peut-être un juste retour des choses, compte tenu du fait que les Stepachine sont allés jusqu’à coller un masque mortuaire de Ljubov dans les catacombes sous le crématorium de la Yugovitch, histoire de tromper tout leur monde.
Mais alors, cela voudrait dire que la femme aux cheveux de feu n’a jamais eu le soutien de Morena, contrairement à ce qu’on lui a assuré quand elle était encore jeune. Le dépit et le désespoir enfoncent férocement leurs crocs dans son esprit. Le sel de ses larmes lui brûle les joues alors que ce doute s’instille en elle et elle se remet à sangloter un temps. Tu es Ljubov Stepachine, fille de Nikolaï et Ada, sœur de Pavel. T’as fait tout ça pour eux. Meurs en Stepachine, tu le peux, allez. Ses lèvres articulent alors des prières éraillées à ces Dieux dont elle se sent abandonnée, ne serait-ce que pour retrouver ses racines avant de rendre l’âme, et elle perd connaissance au beau milieu d’une phrase.

* * *

Elle rouvre pourtant les yeux, surprise d’être toujours en vie, et se retrouve à fixer une créature qu’elle jugerait tout droit sortie d’un récit religieux. Bouche bée quelques instants, hébétée, elle finit par prononcer d’une voix toutefois faible « Comment… ? » sans parvenir à aller plus loin dans sa phrase.
les nouveaux sauvages

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Khovanka Believ
admin ☩ barbaric song
HIVERS : : Vingt-et-un. BRATVA : : La Zapadovitch. BRANCHE : : Pythie des Âcres Simulacres. LABEUR : : Délivre les démons des âmes, prodigue défonce à qui choit en ses bras. CAPACITÉ : : Évanescence se fondant au Nav, elle est fumée, elle est Chimère. NIV. : : Premier. SYNDROME : : Souffre d'aphonies séquentielles déchirantes, et glaviote chair et sang jusqu'à cessation du supplice. IMPOSTURE : : Exorcise les maux des corps, dans un sordide salon de massage. ÉCHOS : : Vaurienne à l'aura de Sibylle, elle suinte d'une capiteuse étrangeté de sous ses sapes criardes. Khovanka, si on la reconnaît, on ne la connaît pas. ROUBLES : : 74 MÉFAITS : : 68 ID & GUEULE : : Carnavage, avec Charlotte Carey. CLIQUE : : Sacha Voliakov. CRÉDITS : : Carnavage (ava) ; Alas (sign) ERRANCE : : 28/10/2016
Ven 2 Déc - 17:33
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let the gods speak softly of us
Sous les semelles, l'asphalte s'irise d'une myriade de gemmes chatoyantes, mosaïque de la débâcle aux incisives nuances ardentes. Bris de verre, captant à eux les primes pâleurs de l'aube et les ultimes vigueurs d'une quinzaine de crépuscules gémissant. Là, une traînée de gazole s'épand d'un réservoir perforé, en perles d'or, jusqu'à confluer vers un quiet ruisseau de velours pourpre. Ça fusionne, et ça se ramifie ; c'est l'arbre monde incandescent, c'est Bouïane qui se lamente, hors du corps déglingué de l'une de ses filles. Oui, Séide est celle-ci qui vit et meurt à ses pieds. Entre les râles moribonds, sous les plaintes agonisantes, l'oraison mortuaire se fait glas résigné ; moins une prière qu'une abdication. L'Éthérée, au-delà du visible, se penche sur la pieuse carcasse qui capitule, en saluant le panthéon qu'elle se dispose à rejoindre. À tels frissons dévots, se joint le phonème fissuré de la Pythie, touchée par ce qu'elle voit, par cette grâce fracassée qui rend l'âme en chantant. Ce n'est qu'alors que clabote la litanie que la Chimère réintègre sa chair, donne à voir sa face humaine. « Ne pleurs pas, qu'elle murmure, souffle balayant les flammes ondoyantes de la chevelure, Nous sommes là, et je t'emmène avec moi. »

* * *

À l'arrière du fourgon, le silence est plomb et les quatre corps, entassés dans la pénombre vacillante, se parent de l'anonymat des morts. Nul ne parle, mais tous biglent l'un des visages livides que la louve couve sur genoux, et lèche du plat de la paume. Nul ne réprouve, mais on ne peut s'empêcher de s'apitoyer sur les frères défunts, gisant là, à même la tôle huileuse du van des nettoyeurs, et de lorgner à la dure celle qui survit ; celle qui, on suppose, a sa part d'imputabilité dans ce carnage. Sans doute, on l'aurait achevée — au mieux, abandonnée à son sort, car elle est n'est pas des nôtres, car on était pas là pour ça. Mais la môme a dit : peut-être pas, mais elle est à moi, et on s'est exécuté car, déjà, au loin, hurlaient les sirènes des mécréants. Il fallait décamper, une fois le ménage accompli, alors on n'a pas cherché à chicaner.

La camionnette, elle fuse désormais jusqu'au premier relai ; là, les macchabées seront déplacés dans un second véhicule, pour plus de sûreté, et confiés aux bons soins du Crématorium, où les familles éplorées viendront les y pleurer. Mais elles, les catastrophées, elles n'iront pas si loin. « J'le dépose où, ton condé ? », lui grommelle-t-on enfin, depuis l'habitacle. Car pour telle, ils la supposent. Une Profane tombée là, au mauvais endroit, au mauvais moment ; une inoffensive petite rouquine, qui ne tardera pas à clamser, perforée qu'elle est, de bout en bout par de létales morsures. La môme interpelée hausse une épaule, tandis que les calots mutins percent l'obscurité, vers celui qui a parlé. « Chez le Véto'. », elle répond, sans l'ombre d'un doute. « Sérieux ? Mais. Il va t'l'achever, ta rouquemoute ! J'lui confierais même plus mon clébard... », qu'on se gausse, un peu. N'empêche que cette rosse d'homme, toute aussi teigneuse que bigleuse et dont les plus jeunes se moquent avec insouciance, fut jadis ce qu'il se fit de mieux, en matière de chirurgie, et en dépit d'une faillibilité imputable à son grand âge, le vieillard demeure un véritable limier, lorsque lâché après une balle. « Bah tant mieux, c'est du poulet qu'il va d'voir opérer. » Et aux camarades de se fendre d'une franche risée, aussitôt enrayée lorsque, sur les dépouilles, les bigles choient derechef.

* * *

Ça y est, qu'on bourdonne à son tympan somnolent, tandis qu'on lui loche l'épaule pour la réveiller. La mâchoire décoche un râle, les pognes morigènent la cabèche cotonneuse en se fichant dans le crin emmêlé. À son côté, la porte de la chambre se referme. L'instant d'après, elle perçoit le battant de la porte d'entrée en faire autant. Alors, le squelette ankylosé se dégage de l'emprise de son tiède fauteuil et se traîne jusqu'à la couche de la convalescente, agitée de spasmes d'éveil, par-dessus laquelle s'incline le portrait inerte de la veilleuse. En dehors de ces quelques signes, preuves que la vie n'a pas quittée l'assoupie, la scène ressemble à s'y méprendre à celle d'un deuil. Un cierge trônant sur la table de nuit, en guise d'unique source lumineuse, confère aux traits la rigidité d'un cadavre, et la respiration, qui n'altère en rien l'immobilité de sa flamme, demeure fragile, vulnérable. Comme pour démentir cette morbide illusion, les paupières soudain tressautent, puis s'ébrasent, et à la voix de gicler hors de son tombeau : comment ? L'amorce de questionnement crevasse la lippe de la spectatrice de tel miracle. « C'qui compte, c'est pas vraiment comment, c'est plutôt... pourquoi. » À cette énigme-là, Khovanka ne répond pas plus, se contentant de sonder les globes céruléens. La promiscuité de leurs visages est telle que, lorsque le murmure affleure, quelques mèches rousses se soulèvent. « Qu'as-tu vu ? Qu'as tu vu, en les approchant de si près ? » lui demande-t-elle alors, usant de tel traître pluriel polythéiste, sans que ne flanchent les prunelles luisantes, rivées à leurs adverses. Pourtant le buste, lui, se redresse et la dextre s'écarte un instant, pour se saisir d'un verre d'eau, qu'elle impose ensuite aux lèvres sèches de la revenante. « Bois, tu n'as rien bu depuis trois jours, Ljubna... » Et à nouveau, ce même sourire, sans joie ni bienveillance, lui entame une joue. « ... ou qui que tu sois. »
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