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 LONELY BOY. (demian)

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BETWEEN GODS AND BEASTS
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Kosta Ukhar
BETWEEN GODS AND BEASTS
HIVERS : : cinquante et un an. BRATVA : : Vostokovitch. BRANCHE : : Les exquises traîtrises. LABEUR : : mangeur d'objets, vendeur de souvenirs ; Antiquaire. Simple homme, autrefois plus, maintenant mentor. CAPACITÉ : : Présage. NIV. : : Le quatrième. SYNDROME : : les souvenirs se confondent, bataillent et se débattent. Ceux des autres et les siens, éternel conflit, bataille infinie. IMPOSTURE : : Antiquaire de ses propres trésors. Il prend et vend les choses aux souvenirs multiples. STATUT : : Coeur souvenir, amateur de ressemblance, chimère des jours d'hier. ÉCHOS : : l'homme aux milles rumeurs, l'homme a l'unique silence. ROUBLES : : 181 TEINTE : : 993333 MÉFAITS : : 179 ID & GUEULE : : FERN. CLIQUE : : Drekavac ESSOR : : 4/3 (dada, lev, kat, dem ) CRÉDITS : : FERN. ALAS (sign) ERRANCE : : 03/09/2016
Jeu 3 Nov - 1:33
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Une secousse, violente. L'homme ouvre les yeux, observe la noirceur du plafond, une éternité à ses yeux, avant que sa carcasse ne se redresse brusquement. Le geste est chargé du désespoir de l'homme ; les lippes s'ouvrent et il aspire vivement, cherche l'air sans la trouver, dans l'atmosphère lourde de son antre. La pupille folle dévisage les lieux, cherche fautif à la torture mentale qu'il ressent, mais ne trouve pas. Tremblement dans la gorge, s'évadant par les lèvres ; Kosta pose sa paluche contre son visage, une seconde, tandis que la cendre tombe au sol, contre le tapis persan. Il ne sait plus ; il ne sait plus, le bratok, quel fantôme osait le narguer, dans la noirceur de ses rêves légers. Il ne sait pas, non plus ; quand les pupilles se sont fermées, quand le souffle s'est calmé, quand Morphée est venu le prendre de ses bras trop brusques pour l'homme aigri qu'il est. L'une des tempes se fait masser doucement, tandis que le front reste ridé par les sourcils trop brusquement froncés ; il essaie. Essaie de se souvenir des martyrs souvenirs de ses songes, des appels brusques qu'était son prénom, hurlé de vive voix, d'une voix trop lourde et brisée. C'est que le corps ne veut quitter cet état de tension; il reste braqué, lourd et sauvage, tandis que l'esprit est las et usé, ne demandant qu'un peu de repos, pour changer. Mais les nuits sont longues, longues et souvent lumineuses, trop portées par les pensées et les tourments, par les songes hostiles et les histoires d'un passé qu'il oublie, qu'il ne peut se permettre de fermer les iris plus de deux heures d'affilées, depuis quelques mois. L'habitude prend place, même si le passé était attendu, pour pareille chose. Il reste là, un moment ; sans mouvements, la cigarette fumant seule entre ses doigts, la cendre s'échouant contre le tapis. Las soupir, entre les lèvres fines ; Kosta pose sa main libre contre le rebord du canapé, pour s'asseoir un peu mieux. Le dos hurle ses nouvelles douleurs trop habituelles, depuis quelque temps ; c'est que l'homme prend de l'âge, malgré son refus de l'admettre, et le corps s'abîme presque autant que l'âme. Difficile est de faire autant que l'esprit de l'homme ; il s'effrite en miettes comme l'écorce d'un bouleau, mais ne porte pas chance..
Contre les jambes, le chat caresse sa carcasse. Kosta laisse son oeil s'attarder contre son roux pelage, tend les doigts pour lui affliger quelques grattouilles qu'il affectionne particulièrement. La bête gronde par habitude mais revient à la charge, quémande l'attention de l'homme usé. Et c'est sourire las sur les lèvres qu'il lui prodige ce qu'elle demande, la pauvre bête, car elle est l'unique créature des environs à chercher sa douceur, sans nuire à son esprit. Les phalanges se camouflent dans le pelage ; le corps glisse vers le sol, et l'homme reste petit, presque caché, sur le sol, à s'occuper de Nugget. L'esprit reste vide et les gestes mécaniques, tandis qu'il se perd ; il se perd sans réellement savoir où ; Kosta n'est plus là. Ailleurs, dans les abysses de ses souvenirs, peut-être. Mais la noirceur est trop commune, mais le monde est trop sombre, et il ne voit. Il ne voit rien, sauf peut-être des échos troubles, fantomatiques, portant en eux les déboires de ses années passées. Certaines choses restent intactes, comme des dragons des abysses, hideuses mais présentes, brillantes dans la pénombre de ses cassures.
Les doigts cessent, soudain ; l'homme lève les yeux en direction du hall d'entrée. Il ne peut voir, de par les murs qui cachent la vue, mais sait, entend ; de légers coups, contre la porte. Légers mais puissants, familiers. Un instant de frottement, avant que les genoux hurlent leur douleur et que le corps se déplie. La bête s'éloigne en grognant, mécontente d'être ainsi abandonnée pour si peu ; c'est qu'elle ira certainement se cacher dans un coin et agresser le premier passant devant sa tanière, pour exprimer sa colère passagère. Kosta s'aventure, au travers des tours nombreuses et tangentes de trésors, dans la partie boutique de sa demeure.
La pupille capte l'ombre incertaine, de l'autre côté de la porte vitrée. Kosta reste une seconde à observer, avant de s'approcher pour ouvrir la porte, lentement. Le visage qu'il aperçoit éveille les traits de son visage ; la surprise danse sur ses traits, un moment, avant qu'il ne fronce des sourcils, brusquement.  « Demian ? » Il le dévisage, l'homme, l'âgé, car il essaie. Il essaie, depuis des jours nombreux déjà, de le contacter. Il toise ses traits, essaie de voir quelque chose, voit mais ferme les yeux, simplement. L'oeil coule vers le plancher et l'homme se pousse de la voie, pour laisser passer l'invité. Les paluches ferment la lourde porte, ensuite, et l'oeil s'accroche de nouveau. Il cherche, voit, se détourne et revient. Les sourcils se froncent et Kosta reste droit, face à lui, presque impérieux.  « Et bien, je ne pensais pas avoir de tes nouvelles aussi rapidement. »  Le sarcasme est lourd et la voix lasse ; l'homme hausse d'un sourcil, pour simple complèment à ses mots, avant de ramener sa cigarette presque morte à ses lippes. S'il est inquiet, Kosta le cache derrière sa méprise et reste de marbre, l'oeil attentif pourtant. S'il voit l'iris dilatée de l'homme, il essaie pourtant de ne pas y porter attention, pour ne pas croire, pour ne pas s’inquiéter encore plus. Entre les lèvres, ses sympathies restent accrochés car il sait ; Kosta se souvient de la lourdeur de ces paroles, à défaut de se souvenir parfaitement de son amoureux défunt.
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NO SALVATION IN WILD DREAMING
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Demian Senkovski
NO SALVATION IN WILD DREAMING
HIVERS : : Trente-sept. BRATVA : : Severovitch. PARTISAN : : Ferme les yeux sur tout ce qu'on lui a appris à combattre, couvre les conneries des catins et rembourre les corps avant de les jeter à la flotte. IMPOSTURE : : Ce sale flic, cette belle blague. STATUT : : Veuf depuis peu, l'épouse arrachée au monde des vivants. ROUBLES : : 50 MÉFAITS : : 46 ID & GUEULE : : Odistole, Oscar Isaac. CLIQUE : : Rafaïl Charov. CRÉDITS : : Odistole, Alas. ERRANCE : : 25/10/2016
Mar 22 Nov - 0:51
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C'était une belle grosse journée de merde. Une de plus, sur terre. Senkovski avait carburé au café et aux doigts d'honneur toute la journée. Les condoléances, ça commençait à bien faire. Cette hypocrisie était peut-être basée sur de bonnes intentions, l'inspecteur n'en avait rien à foutre. Ça ne changerait rien, et foutre dieu, ça ne la ramènerait pas. Le cul vissé sur son bureau, perdu entre des montagnes de paperasse administrative, Demian n'en voyait pas la fin. Il avait pourtant rendu la tâche plus commode en s'enfilant deux lignes aux chiottes. Rien que deux lignes. Deux, c'était bien. Allongé dans son fauteuil miteux, Senkovski planait. Il maquillait son extase en profonde fatigue, de sorte que les personnes qui allaient et venaient dans le commissariat et qui posaient les yeux sur lui ne voyaient rien de plus qu'un homme épuisé. Et épuisé, il l'était. La nuit dernière avait été passée dans un lit qui n'était pas le sien, et pas pour dormir. Le policier ressentait encore les courbatures due à ses petites acrobaties entre les cuisses de cette traînée. Une fille gentille. Elles l'étaient toutes, pour quelques billets. En outre, Demian donnait toujours plus qu'il ne fallait, par excès de bonté ou de connerie. Sûrement les deux. Il poussa un long soupir et envoya valser le dossier d'une enquête sur son bureau. Il se massa longuement les paupières. Qu'ils aillent tous se faire voir. L'inspecteur se leva un peu trop vivement, et une migraine sans nom le prit. Il attrapa sa veste en cuir et l'enfila en tirant cette tête de six pieds de long de ceux dont l'âme était rongée. Il chercha Pavlov des yeux, mais son coéquipier en titre et inspecteur en chef n'était de toute évidence pas dans les parages. Son idée d'aller boire une bière avec le vieux loup partit aussitôt en poussière. Il quitta le commissariat en titubant légèrement. Les effets de la coke commençaient à montrer des signes de faiblesse et Demian se tripota nerveusement les narines. Il dégaina son téléphone portable, un modèle qui avait plusieurs années, mais qui suffisait au policier. En déverrouillant l'écran, il tomba sur une liste d'appels auxquels il n'avait pas répondu, ou qu'il avait manqués. Un nom, parmi tous ceux qui figuraient sous ses yeux, ressortait plus que d'autres. Senkovski prit une profonde inspiration, puis se mit en marche. Il avait beau flirter avec la mort depuis que celle-ci lui avait volée son épouse, il ne souhaitait en aucun cas partir en fumée dans un accident de voiture. Pas assez... démentielle, comme fin. Demian jugeait qu'il valait mieux que ça. Alors, il prit la direction du domicile d'Ukhar en savourant cette sensation de puissance que lui prodiguait la cocaïne. Ukhar qu'il n'avait pas revu depuis les funérailles, ni cherché à recontacter. Rien de personnel là-dedans, Demian avait fait le même coup pour à peu près tout le monde. Il s'était enfermé dans cette bulle de colère dévastatrice, mais tandis qu'il marchait sur les trottoirs de Petrograd, il se mit à penser à ces parties de jambes en l'air partagées avec le colosse. Un long frisson lui parcourut l'échine, et il pressa le pas.

La vieille bâtisse avait des airs pittoresques, et Senkovski se surprit à songer que son propriétaire l'était lui aussi. Il prit juste le temps de supprimer tous les appels manquer sur son téléphone, puis s'approcha de la porte pour frapper comme à son habitude. Trois coups bien distincts. Dans son attente, il s'appuya nonchalamment contre le chambranle, plusieurs boucles lui tombant devant les yeux. La porte s'ouvrit sur un Kosta inchangé, intemporel, et visiblement surpris de le trouver là au ton qu'il employa en prononçant son prénom. Demian, le regard fuyant, observait autour de lui, évasif. « Le seul et l'unique, » répliqua-t-il s'en trop s'émouvoir de ces pseudo-retrouvailles. Il braqua alors ses iris havane sur ceux de Kosta, jusqu'à ce que celui-ci ne s'écarte finalement pour le laisser passer. Senkovski s'exécuta, et tourna le dos un petit moment à son hôte avant de lui faire à nouveau face. Les sourcils froncés et le sarcasme dans la voix d'Ukhar firent sourire le jeune inspecteur. Il haussa les épaules. « Faut croire que j'avais besoin... d'un peu de temps. » Il regardait un peu partout, les pupilles folles, le visage agité de tics nerveux. Finalement, il avisa cette cigarette entre les lèvres de l'antiquaire, et il s'approcha pour tirer sur le col de sa chemise. « Pourquoi. J'te manquais, c'est ça ? » Il y avait quelque chose de malsain dans cette question qui n'attendait pas vraiment de réponse, et dans le regard de Demian. Il tira jusqu'à obliger le colosse en se plier en deux, tout en reculant pour quitter le hall. De sa main libre, il chipa la cigarette, qu'il éteignit définitivement en l'écrasant sur le cuir de son blouson. Puis, il plaqua sur les lèvres de Kosta un baiser brutal, sans délicatesse aucune, dépourvu de sens mais bien animé d'une démence et d'un désespoir qui suintaient du policier comme d'une plaie béante.
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LONELY BOY. (demian)
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