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 TOUT EST BON QUAND IL EST EXCESSIF ♦ SEV

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BETWEEN GODS AND BEASTS
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Yulia Nikolaïev
BETWEEN GODS AND BEASTS
HIVERS : : 25 y.o BRATVA : : SEVEROVITCH IMPOSTURE : : Prostituée ROUBLES : : 18 MÉFAITS : : 17 ID & GUEULE : : Lolita & Adelaïde Kane ERRANCE : : 20/10/2016
Dim 30 Oct - 23:12
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Tout est bon quand il est excessif
Sevastyan & Yulia

Les premières feuilles d’automne ne sont plus désormais que les souvenirs qui se fendent en milliers de lambeaux que le vent fait virevolter dans l’air froid de cette soirée d’octobre. Tu as toujours été captivé par l’automne, sans pour autant savoir quoi en penser. Toutes ces feuilles qui finissent leur vie dans l’indifférence générale alors qu’on se réjouira de la naissance des premiers bourgeons lorsque le printemps pointera de nouveau le bout de son nez, après la froideur terrible de l’hiver de la belle Pétrograd. Tes mains glissent doucement sur les pans du manteau de fourrure hors de prix dans lequel ta silhouette frêle et gracile disparaît presque entièrement. On entend la sérénade des talons hauts de la poupée Sévérovitch sur le pavé froid de la ville alors que tes hanches ondulent en cadence pour se rendre en la haute tour d’ivoire de son château noctambule, ce soir encore, tu te feras princesse de ces messieurs, gain sublime d’une loterie truquée, qu’on offrira au plus offrant de la soirée, sans se soucier de sa bratva, sans se soucier de ses traits, seul compte le prix lorsque les noces éphémères sont célébrées par ses partisans les plus fervents.

Sans un mot, dans le plus grand des silences, tu pénètres dans l’enceinte de ce qui constitue un second foyer. La petite vendeuse sans histoire devient la sulfureuse succube alors que la fourrure glisse lentement sur ses épaules nues et tu fais bientôt face à l’un des miroirs du hall qui en est tout entier recouvert. Galerie des glaces où tu te fais reine impitoyable, tu dévoiles sans pudeur un corps orné de son fourreau de luxure. Le latex orne ainsi ta peau de miel, laissant entrevoir la moindre de tes courbes, le plus délicat de tes mouvements. Il est loin l’usage vulgaire de cette matière aux avantages sublimes, c’est de la haute couture qui se dévoile sous le manteau animal. Oeuvre d’art scandaleuse dont tu te fais le simple messager, alors que tu uses de l’un des miroirs pour faire lentement glisser le bordeau sur tes lèvres, vérifiant avec attention le placement de chacune des boucles qui tombent sur tes fines épaules. Dans cette robe aux allures érotiques, tu te rappelles de tes justaucorps aux couleurs saturées et aux coutures étincelantes, la petite étoile montante de la gymnastique se fait créature tentatrice dont la souplesse n’est plus utilisée pour l’honneur d’un pays mais pour le plaisir d’une poignée d’homme qui peuvent se l’offrir.

Ce soir, tu ignores encore qui va se jouer de toi, quel mâle va se perdre un peu plus au creux de tes reins, les traces de quel chagrin tu devras faire s’envoler des joues viriles, dans l’une des suites privées de l’Ekphrasis. Les clients sont peu nombreux à cette heure et tu portes avec volupté une coupe de champagne offerte par un habitué, après y avoir déposé deux framboises gorgées de leur jus. Caprice d’enfant gâtée qui n’a jamais accepté de grandir, tu te sustente du goût sucré des fruits qui vient teinter l’amertume du liquide flavescent. La porte du hall claque à nouveau alors que tes doigts se perdent dans la chevelure de l’une de tes camarades, pour les tresser avec précision. Tu relèves la tête, de ce regard de biche innocente alors que ton corps tout entier clame le contraire, usant de ta souplesse et de ta cambrure saphique pour observer le nouvel arrivant qui parcourt la pièce des yeux, et accroche finalement ton regard. Les deux joyaux mordorés s'agrippent à la froideur du regard satyrique. Ce soir, c’est ce client là que tu veux pour toi, et quand la Nikolaïev veut, elle devient veuve noire, qui ne laisse plus aucune chance à ses rivales, mais laissera la vie sauve à l’amant avant de le laisser fuir dans le petit matin.
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BETWEEN GODS AND BEASTS
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Sevastyan Rogov
BETWEEN GODS AND BEASTS
HIVERS : : Un demie siècle de lutte viscérale à laver le sang de l'infidèle. BRATVA : : Lugubre Bratok de la Zapadovitch ; Vor aux tempes battues par le murmure des cartes à jouer sur lesquelles on trace les rails de poudre. BRANCHE : : Les Fortunes Opportunes LABEUR : : Fidèle des Léviathans CAPACITÉ : : Eclipse NIV. : : Quatre SYNDROME : : Victime du Syndrome de Cotard, rejeton de la faucheuse, le Vor se croit mort, et se nourrit quasi exclusivement de chair crue dans l'idée que le sang ainsi ingéré permet à son coeur de battre encore. IMPOSTURE : : Pitbull impitoyable de la Faucille Rouge STATUT : : Marié ÉCHOS : : On ne grincera jamais des dents en entendant son funeste patronyme de félon que lui-même lorsqu'il les laissera glisser sur la carotide du petit bâtard qui crachera sur l'or de ses plumes redorées par des années de labeur. Sphynx calme d'apparence, il sert aux passants l'énigme de sa déliquescence, dont on a connaissance mais dont on se garde bien d'évoquer la réminiscence, afin de ne pas subir le châtiment d'une patience brisée, pourtant bien difficile à fissurer. Si son intolérance et son traditionnalisme ne lui attirent pas sympathie - du moins pour ceux qui sont concernés - on se charme bien volontiers de sa culture de la théogonie dont il se fait assurément honorable aède. ROUBLES : : 15 MÉFAITS : : 17 ID & GUEULE : : Kichupa & Viggo Mortensen CRÉDITS : : Moriarty ERRANCE : : 22/10/2016
Dim 6 Nov - 11:56
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Une fragrance de carne brûlée s’élève en volutes gris, s’agrippe comme une âme damnée aux briques carmines, se hisse au bord de la fenêtre et agresse les sinus. Puis elle retombe à bout de forces sur le sol de tuiles cuivrées en champ de bataille, dans le silence. Le décor a des airs d’orchestre de guerre abandonné, marinant dans la brume nocturne où quelques ombres de séides se tordent dans les reliefs les plus sombres de l’obscurité. Parfois, les silhouettes se nimbent du halo agonisant des lampadaires droits comme la mort, soudain foudroyées comme un vampire au soleil, quand elles n’en évitent pas méthodiquement la courbe tremblotante. Celle de l’horizon, cisaillée par les reliefs, s’étire en vitrail psychédélique depuis plusieurs dizaines de minutes à l’instar d’une aquarelle que le peintre ne parvient pas à achever. Le craquement des os ne cesse de retentir, inlassablement, et se poursuit en échos stridents à l’intérieur de la boîte crânienne. Elle va exploser d’un instant à l’autre, c’est insupportable. On s’attend à voir en jaillir en éjaculation spontanée le sang dont le goût métallique imprègne encore les papilles et la muqueuse, se mêle à la salive ainsi colorée de rose, presque grenadine. Il est loin le temps des enfantillages dont elle faisait partie du goûter.

« Comme c’est beau, l’automne. »

L’obscurité des paupières saturées de tableaux cauchemardesques détruit l’aquarelle et l’huile du champ de bataille. Lorsque le rideau des cils se lève, l’œil a basculé comme une bille et a cherché à foudroyer l’élément perturbateur.
A côté, Apollinaria se tient, droite et digne, émerveillée par le tableau dont la simple vision cataclysmique procurait une sensation d’extase en même temps qu’elle creusait la bouche en gorge profonde jusqu’au réflexe nauséeux. Apollinaria s’émerveille de tout, même du pire.

« Oui. »

Apollinaria s’approche et sa main diaphane s’applique à faire jouer le mécanisme de la fenêtre pour la refermer. Il fait froid à l’intérieur. Un froid mortuaire auquel on finit par s’habituer. Elle repart comme une ombre. Le phare des yeux sombres transperce la vitre, qu’à cela ne tienne.
Dehors, l’odeur des feuilles mortes continue à se propager à travers le vent glacial, à mesure que les pas des passants les font craquer sous leur semelle.
On dirait qu’il va neiger.


On s’écarte sur le passage du Vor, ou peut-être est-ce lui qui tranche l’atmosphère de sa silhouette anguleuse dont le regard aiguisé impose la soumission silencieuse. Ses pas battent le pavé, font craquer les petits squelettes que le dernier strip-tease de l’automne a crachés sur l’asphalte, arraché des arbres qui dénudés élèvent leurs bras décharnés en mille prières pour le temps des fleurs. On l’eût dit thanatopracteur, croqueur éhonté des cadavres déjà raides et racornis, et dont l’attention se porte impérieusement sur la devanture du foyer des orifices. Sa nuque ploie sous le chapiteau de la lourde porte comme dans la préparation d’une ablution. Après tout, il fut au-delà de ses poings aux jointures acérées, un phallus sur pattes.

La chaleur des corps embaume l’air. Le cerveau reconnaît entre toutes les effluves d’huiles essentielles celle de la chair fraîche, mélangée à cette saveur acide-amère de la cyprine en ébullition. La petite fleur à peine légale est bientôt cueillie quand les Cer-bères du pittbull se referment autour du poignet gracile, et elle s’apprête à passer à travers les voiles de la luxure quand les yeux démoniaques se plantent dans le regard de la Veuve.
Alors, un signe de tête ondoyant comme une caresse, mais ferme comme un craquement de nuque, indique la danseuse de nuit à les suivre.
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