Partagez | 
 

 Sibérie année zéro. (ljubna)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
admin ☩ I'll fucking digest you
avatar
Vassili Voliakov
admin ☩ I'll fucking digest you
HIVERS : : Quarante-quatre. BRATVA : : Jadis prince de la Yugovitch. Dorénavant vassal du parvis des chairs, la Severovitch. BRANCHE : : Il les empoigne toutes deux, juteuses gorges dilacérées par son omnipotent stupre. Les carnes, molles d’être trop usées, lui miaulent des cantiques de pleurs auxquels l’enflure reste sourde. LABEUR : : Baron draconien qui veille sur l'Obscène Royaume. CAPACITÉ : : Berserk, Féral. NIV. : : Quatrième, depuis sa sortie de taule il y a un an. SYNDROME : : Cannibalisme. Une faim ravageuse qui étreint sa panse et moleste ses papilles, lui fait voir un monde rouge sang et désirer le saccage des simiennes bidoches. IMPOSTURE : : Propriétaire d'un monstrueux pandémonium dit l’Anamorphose, nightclub de la banlieue niché sur les docks brumeux des flots transis. STATUT : : La Bête a le cœur soûl, ravagé par l’adoration faite à l’épouse Voliakov. ÉCHOS : : Vor à la jambe démembrée, maudit par les uns, honoré par les autres ; dont les exactions d’ogre harnachent ses épaules du parfum de l’effroi. ROUBLES : : 1051 TEINTE : : <vass> (tu peux pas test). MÉFAITS : : 1026 ID & GUEULE : : Alas (w/ Michael Fassbender) CLIQUE : : Kol Pavlov. ESSOR : : Disponible. CRÉDITS : : Self-made (avatar), tumblr (gifs), G. Seferis (cit.). ERRANCE : : 28/05/2016
Sam 29 Oct - 2:38
____________________________________________


sibérie année zéro

A gloomy sensation of agonizing, eternal solitude and remoteness took conscious form in his soul.

Son souffle. C’est tout ce qu’il lui reste. Ces portions d’air qui cavalent dans son poitrail et s’évadent dans le charnier de cette nuit perpétuelle. Isolation. Sorgue amoureuse, monstrueuse, et particulièrement goudronneuse ; ça s’infiltre à travers chairs, tissus, muscles et cœur. Le sien ne bat plus qu’à moitié. Assoupi par le mortier qui englue ses affects, un peu comme les parois capitonnées de crasse qui colmatent cette geôle. L’humidité en a fait sa tanière, et là-dedans, c’est lui l’invité. Assis sur le lit de camp en fer, la manche droite du futal nouée, les larges épaules efflanquées par la faim tressautent une fois sur deux. Le froid sibérien sifflote à travers interstices et s’enroule dans le molletonné rêche de sa seule couverture, cape d’un vert ordure empestant la mort. Son souffle. Avec un peu de concentration, on dirait le ressac d’une mer. Le métronome d’une trêve illusoire. Lorsqu’il n’est pas trop harassé par l’action seule d’être levé, il lui arrive de voler une heure à son ennui tortionnaire pour n’écouter qu’une seule chose. Le roulement de sa vie, la preuve invincible que ce qui hante cette cellule n’est pas encore son spectre. Ici, le temps est une fable. Les fenêtres sont un mythe. Les repas pourraient rythmer ses journées, mais les gardes-chiourme ont une politique tranchée ; qu’ils crèvent, ces cafards. L’idée, c’est qu’arrivé à ce point, dans cette région, dans ce pénitencier, dans cette aile, le condamné n’a plus grand chose à espérer. Alors, un peu comme une bonne action, les matons se réservent le droit de couper les vivres et sauver La Foi. Les plus faibles constitutions enquillent trois semaines grand maximum avant de clamser, et les autres… les autres, on les entretient un minimum. Pour s’éviter contrôles et procédures judiciaires. Pour que ce patient génocide n’apparaisse pas trop suspect aux yeux du gouvernement. Lui, c’est un peu plus particulier. Pas encore tout à fait famélique, une prunelle anonyme glisse de temps en temps dans l’œilleton pour mirer son état. On le veut minable, mais assez éveillé pour pouvoir répondre aux cascatelles d’interrogations. Bien que tout soit relatif. Son dernier entretien lui a valu le faciès laminé par des grolles hystériques, deux côtes fêlées, trois phalanges brisées et la privation humiliante de sa prothèse. Pour aller chier, pisser, ou vomir, il doit dorénavant ramper. Sauter, ça serait vider son chargeur, user ses muscles, crever la maigre énergie qui veut bien encore pourrir en lui. Son souffle. Un peu claqué. Un peu vidé. Chuintant et douloureux pour le flanc meurtri. Mais bien là, patent, constant, à la limite du matériel. Les paupières sont closes et se figurent des dieux, des êtres, des portraits.

Gueule d’un métal hurleur, la porte fait piauler sa serrure qu’une clef fourre puis s’ouvre brutalement. « Debout, 642. » Ça ricane du nase. Connard. Après une semaine, sa blague le fait toujours autant marrer. Le Bête blessée lance un regard torve. La virulence de ses orbes domine toute syllabe ; il n’était déjà pas bien bavard, le prince Koskov, mais ne règne maintenant plus qu’un épouvantail frappé de mobilité. Encore que oui, il arrive que ses lippes gercées s’expriment en insultes et rires gras. Après un an de captivité, c’est tout ce qu’il leur a balancé. Une morgue démentielle.

On le porte à bout de bras, comme de la froide barbaque tout juste abattue. Si vite, si mal, que son pied nu a abandonné la cadence et racle le béton sans discontinuer. S’il en avait la force, il cracherait à la binette de ses échasses humaines. Pour l’honneur. La postérité. Et toutes ces insanes conneries. Ce que l’Histoire ne dit pas, c’est que la majorité des grands révolutionnaires n’avaient rien à défendre, rien à protester. Mais la Colère est une idéologie qui passe mal, et comme pour chacune de ses absurdités, le mortel veut expliquer, rationnaliser l'insondable. Se trouver des héros. Et faire de ce putain de monde une procession binaire avec les bons d’un côté et les méchants de l’autre. Glavioter à la tronche de ces mecs ce serait surtout se défouler. S’ébranler encore un peu dans leur infernale machine, et incaguer leur rouage propret. Il est furieux. Et c’est un drame, vraiment, de ne pas avoir l’élan suffisant pour hurler sa hargne. Alors la barbe reste avachie, et les lazurites délavées comptent les fissures qui défilent sur le sol.

Menotté. Derechef assis. Cette fois sur une vraie chaise. La salle paraît grande, un coin d’enfer dans lequel il n’est jamais venu. Une nervosité soupçonneuse l’étrangle d’abord, et puis bien vite, un carré immaculé attire son attention. À plusieurs mètres de là, enfoncé contre mur, un point aveuglant aimante son attention comme un phalène s’esquintant contre lampe. Une lucarne. Lentement, ses pupilles s’habituent au ciel gris et éblouissant des hivers. Des oiseaux volètent, se querellent, s’évadent et puis reviennent. L’embastillé est finalement dérangé par la phonation délicate qui en face cause – une femme. C’est une première. Une dernière, peut-être même. Sans ciller ni vriller de la nuque, il poursuit son examen, son étude de rêves émiettés qui chantent la liberté. S’il s’agit de son audience définitive, il veut la conclure en lorgnant ce tableau. Si près. Et pourtant si lointain.
Revenir en haut Aller en bas
here lies ljubov stepachine
avatar
Ljubna Litvine
here lies ljubov stepachine
HIVERS : : trente-six années, dont la moitié à mentir sur son identité BRATVA : : yugovitch PARTISAN : : née fille stepachine, fidèles membres de la Yugovitch - agent double au sein du FSB pour saper la lutte contre la Bratva, de l'intérieur, sous un autre nom IMPOSTURE : : ancienne militaire en recherche d'emploi dans la sécurité (agent du FSB, division lutte anti-corruption) STATUT : : célibataire peu courtisée ÉCHOS : : LJUBNA LITVINE - une femme sans histoire, ancienne militaire, would-be mercenaire // LJUBOV STEPACHINE - une jeune fille morte trop tôt pour inscrire son nom dans l'histoire. ROUBLES : : 111 TEINTE : : #B45F04 MÉFAITS : : 173 ID & GUEULE : : Arté (ruth wilson) CLIQUE : : zinaïda terechkov, la chimiste retraitée ESSOR : : 0/4 (full house - revenez plus tard) CRÉDITS : : profil • A©Blake / G©fryingdragon ; sign • code©NEON DEMON / gif©winterfellsrose ERRANCE : : 11/10/2016
Mer 2 Nov - 9:49
____________________________________________


SIBÉRIE ANNÉE ZÉRO

un fugace souvenir de nos ombres décharnées
Un dernier regard au miroir face à elle, un hochement de tête, un sourire factice, et la voilà qui quitte son appartement miteux des quartiers populaires de St Pétersbourg. Ljubna Litvine ferme sa porte à double-tour, et comme c’est une femme consciente d’être parfois distraite, elle remonte les marches deux à deux pour vérifier que la porte est bien fermée. Ça lui permet aussi d’éventuellement repérer si on lui file le train ou pas. Recrutée par le FSB il y a deux ans déjà, la rouquine est devenue particulièrement méfiante et difficile à suivre. Les enseignements de l’Agence gouvernementale militaire ont porté leurs fruits. Elle a calculé, attendu, réfléchi, planifié, et a finalement quitté les rangs de l’armée au milieu de l’été 2006, en accord avec ses supérieurs. Ses preuves, elle les a faites en deux ans. Elle est sûre et certaine qu’elle sera encore soumise à différents tests tout au long de sa carrière qu’elle espère assez longue pour pouvoir tricher avec le système pour de bon. Hors de l’immeuble, elle rajuste le col de son manteau d’hiver et entame une marche rapide en direction du métro : il est tôt, elle devrait prendre un des premiers qui va passer.
Une demie-heure plus tard, lorsqu’elle émerge des profondeurs, une voiture noire l’attend en haut des escaliers, portière droite avant ouverte, un conducteur qu’elle commence à bien connaître, Makhar, avec sa moustache touffue à la prussienne et son nez trop rouge pour être innocent -mais maquillé. Le véhicule file à travers la banlieue nord et atteint finalement un aérodrome dissimulé entre d’épaisses barrières forestières et des grillages dissuasifs. Makhar repart, Ljubna est prise en charge par un autre de ces anonymes du Service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie, guidée jusqu’à l’arrière du hangar où un hélicoptère l’attend. Elle y grimpe et s’envole bientôt vers l’Est, surplombant les immensités boisées, les steppes et la toundra sibériennes. C’est dans une facilité pénitentiaire où on laisse mourir de froid et de faim les incarcérés que se trouve le but de son voyage du jour. Pendant le vol, elle consulte le dossier qu’on lui a remis à l’une des étapes de son périple : la photographie du prisonnier correspond à ses souvenirs d’enfant, quoiqu’il a pris de l’âge et du poil depuis cette escapade dans les étages du palais Koskov.

Vassili Koskov, le Prince charmant d’un rêve de gamine, la cible que l’agente doit parvenir à percer en usant de tous les moyens possibles.

Le pilote ne pose pas de questions à sa passagère, étant mis dans la confidence car chargé de transporter tous ceux qui ont pu quitter les villes de l’Ouest pour aller interroger ce crevard boiteux dans sa geôle de haute sécurité. « On arrive. », commente-t-il enfin alors qu’une trouée dans le couvert boisé s’amorce et que de hauts murs gris apparaissent à mesure que l’engin volant se rapproche du sol. Le dossier se referme et retourne dans la mallette qui l’abritait jusque là. L’ancienne militaire salue son collègue, saute à terre, genoux pliés, et s’éloigne pliée en deux de l’aire où les pales battent l’air. On l’accueille, on lui donne du Gaspazha Litvine et on l’entraîne à l’intérieur d’un bâtiment gris. La fouille au corps est effectuée par un maton masculin, sans que la capitaine retirée de l’Armée fédérale ne bronche. Pas d’armes, rien qu’elle ne pourrait passer à l’Enfermé. Blanche comme un agneau nouveau né, elle est autorisée à poursuivre son chemin plus allant vers le cœur de l’enfer. La salle où les retrouvailles muettes vont se faire est assez grande. Elle soupçonne déjà l’écho possible et c’est derrière une glace sans tain qu’elle assiste à l’arrivée de celui qui n’est plus que l’ombre d’un idole. Ses sourcils se froncent légèrement lorsqu’elle constate qu’il n’a plus sa prothèse, une jambe de pantalon flottant mollement, nouée à l’extrémité. Un coup d’œil au responsable de la surveillance de cet individu particulier, qui lui répond d’un évasif « Il nous y a forcés. » Les mèches tressaillent alors qu’elle opine du chef : c’est ça, il a voulu défaire sa propre jambe pour frapper un gardien, à d'autres. Elle n’est pas dupe et comprend parfaitement le stratagème d’humiliation. La Bête est encagée depuis peut-être plus d’un an et on n’a toujours pas trouvé comment fendre le mur de glace qu’est sa Gueule. Des coups, de l’humiliation, des railleries, des menaces. Les bons vieux interrogatoires KGB style, en d’autres termes.

C’est pour cette raison précise qu’elle est présente en ces lieux. Parce qu’en deux ans, elle a montré une très bonne compréhension des affects mafieux, qu’elle a réussi à glaner des informations utiles, qu’elle a mené quelques interrogatoires avec succès -sur des petits merdeux de Bratok des autres fratries. Si Ljubov est née au sein même de la Yugovitch, Ljubna n’en a jamais approché les plates-bandes, pas même en rêve : on la croit Profane jusqu’au bout des ongles, victime d’un défaut de paiement de ses parents, morts dans une explosion suspecte. Son dossier du personnel la dit ayant terminé son adolescence dans un orphelinat de St Pétersbourg, trop vieille pour être adoptée, trop jeune pour être déjà indépendante. Personne n’irait, chez ses employeurs, faire le lien entre Ljubna et la rejetone Stepachine, déclarée morte en 1998. S’ils ne l’ont pas fait, elle doute que son coup de cœur puisse le faire : de surcroît, il a quitté la Yugovitch peut-être trop tôt pour être mis au courant de l’Affaire. Elle contemple les vestiges de celui qui aurait pu être le Pakhan à qui elle aurait juré allégeance, bien que Partisane. Un soupir, résigné, de la soldate de formation qui va devoir pousser dans ses derniers retranchements celui qu’elle aurait voulu voir général, le tout sous les globes de l’administration pénitentiaire, curieuse de voir si une femme -jeune de surcroît- va réussir à fendiller la carapace du Silencieux.

Ce n’est qu’une fois qu’il est menotté qu’elle pénètre dans l’arène, refermant la porte derrière elle d’un coup de talon. Il ne la voit pas, elle qui avance tranquillement et pose sa veste sur le dossier de la chaise, dévoilant une chemise blanc cassé, rentrée dans un pantalon bleu marine. Pas d’uniforme, même si ça aurait pu être pas mal, elle ressemble à une femme d’affaire comme il y en a d’autres dans le monde slave, des cheveux roux coupés en un carré court. Il regarde ailleurs, fasciné tel un papillon de nuit par la lumière. « Bonjour Monsieur Koskov. », prononce-t-elle d’un ton neutre, alors qu’elle s’assied face à lui, et attire ainsi son regard. Elle lui rend son nom, celui de cette famille qu’elle a juré de servir jusqu’à sa mort, sous les plus traitres attributs possibles. Celui qu’il a préféré trahir pour rejoindre une autre Bratva. Il lui a brisé le cœur en faisant ce choix, elle a raturé toutes les pages de son vieux journal intime, trois ans après être tombée sous le charme de l’éphèbe. Elle le toise, le visage ne trahissant aucune émotion, aucun pincement au cœur de le voir si près sans pouvoir se faire connaître, sans dire mot depuis qu’elle l’a salué. Les gladiateurs se jaugent.

Puis, elle plonge la main sous la table, vers la mallette qu’elle déverrouille sur la table, contenu vers elle, un rabat qui masque l’intérieur à l’embastillé et en sort plusieurs photographies plastifiées obtenues par les services de filature depuis plusieurs années : toujours le même homme, de profil, de face, de trois-quarts dos, en compagnie de plusieurs autres figures que le service commence à bien connaître ; devant la façade de son antre, l’Anamorphose. Les clichés ont été soigneusement choisis, certains volontairement conservés dans les dossiers secrets du Service, pour garder des mystères sur leur niveau de connaissance. « Comme vous le constatez, vous êtes un de nos sujets d’étude préférés, Vassili -vous permettez que je vous appelle Vassili ? C’est plus cordial. » Elle feint la minauderie, s’amuse à jouer la grue, le laisse l’évaluer comme il l’entend. Peut-être est-il bon aux échecs : Pavel ne l’a jamais renseignée là-dessus, et pourtant il lui en a donné des informations sur l’ancien Héritier, la dernière fois qu’ils se sont vus. « Mes collègues ne vous ont pas raté, et si je suis ici, c’est qu’ils n’ont rien obtenu de vous en vous cognant. On va donc le faire à ma manière : nous allons parler. Ou plutôt, vous allez parler, et je vais vous enregistrer. » Le dictaphone en plastique noir est posé sur la table alors qu’elle prononce ces dernières palabres et elle poursuit : « Alors, Vassili, de quoi avez-vous envie de parler aujourd’hui ? De ce monsieur ? », dit-elle en pointant du doigt un des Séides de la Severovitch. « Ou bien de ce que vous faisiez le soir de votre arrestation ? » Elle s’appuie sur son dossier, tout en reposant la mallette scellée au pied de sa chaise. Elle a l’air affable et patiente, comme ça. Ljubov rechigne à devoir le malmener et reste prudente sur l’ensemble des questions qu’elle veut poser : elle ne doit pas l’amener à parler de cet avant qu’elle tente de protéger, mais bel et bien de son action chez les Autres. Et si possible, trouver des éléments de réponse pour elle-même et sa déception de le voir au pied du piédestal sur lequel elle l’avait hissé dans ses représentations enfantines. Ljubna doit creuser le plus possible, dans toutes les directions possibles. Un air innocent peint sur ses traits, elle attend désormais que le partenaire accepte de jouer.

les nouveaux sauvages

Revenir en haut Aller en bas
admin ☩ I'll fucking digest you
avatar
Vassili Voliakov
admin ☩ I'll fucking digest you
HIVERS : : Quarante-quatre. BRATVA : : Jadis prince de la Yugovitch. Dorénavant vassal du parvis des chairs, la Severovitch. BRANCHE : : Il les empoigne toutes deux, juteuses gorges dilacérées par son omnipotent stupre. Les carnes, molles d’être trop usées, lui miaulent des cantiques de pleurs auxquels l’enflure reste sourde. LABEUR : : Baron draconien qui veille sur l'Obscène Royaume. CAPACITÉ : : Berserk, Féral. NIV. : : Quatrième, depuis sa sortie de taule il y a un an. SYNDROME : : Cannibalisme. Une faim ravageuse qui étreint sa panse et moleste ses papilles, lui fait voir un monde rouge sang et désirer le saccage des simiennes bidoches. IMPOSTURE : : Propriétaire d'un monstrueux pandémonium dit l’Anamorphose, nightclub de la banlieue niché sur les docks brumeux des flots transis. STATUT : : La Bête a le cœur soûl, ravagé par l’adoration faite à l’épouse Voliakov. ÉCHOS : : Vor à la jambe démembrée, maudit par les uns, honoré par les autres ; dont les exactions d’ogre harnachent ses épaules du parfum de l’effroi. ROUBLES : : 1051 TEINTE : : <vass> (tu peux pas test). MÉFAITS : : 1026 ID & GUEULE : : Alas (w/ Michael Fassbender) CLIQUE : : Kol Pavlov. ESSOR : : Disponible. CRÉDITS : : Self-made (avatar), tumblr (gifs), G. Seferis (cit.). ERRANCE : : 28/05/2016
Ven 4 Nov - 16:27
____________________________________________


sibérie année zéro

A gloomy sensation of agonizing, eternal solitude and remoteness took conscious form in his soul.

Koskov. Poing dans sa gueule. 642 se remémore soudain le goût qu’ont ses entrailles, l’auguste sapidité d’une dynastie entière. Pétasse, glaviotent les calots lagunaires qui niellent dorénavant toute leur attention sur elle. Une gonzesse tirée à quatre épingles avec un bol sur les tifs, l’encéphale plausiblement mouliné par le lavage de ses pairs et donc ostensiblement sûre d’elle. Des pantins de la sorte, il en a vu défiler par grappes entières, tous les mêmes sous leurs hardes hétéroclites. Des putain de simiens dont il ne graillerait pas même la moelle tant la pourriture les a pris dès la naissance, des squales minables qui feraient ricaner un môme de son monde. Si les Profanes le débectent gentiment, cette caste de macaques œuvrant à l’ombre de leur Autorité et puant l'impiété l’ulcèrent carrément. Des enflures qui ont juré de protéger, de servir leur patrie mais qui ne glorifient vraiment que l’orgueil de leur être. Une armée d’individualistes, des légions entières de troupiers qui filent droit dans le gouffre à force de ne bigler que leur nombril. Depuis près d’un an, la seule attraction du prisonnier se résume à chier sur leur égo. Il en tire une légère satisfaction, un léger trémolo dans la perpétuité de sa chute. Le plus fendard dans tout ça c’est qu’il n’a jamais vraiment su combien on lui avait mis. Son procès s’est résumé à une farce administrative à laquelle on ne l’a pas une seule fois convié, tassant dans les interstices de la Justice son cas à part ; première fois qu’on serrait un gars de cette camarilla sans qu’un ou dix avocats véreux – mais terriblement ingénieux –  ne soient greffés au cul de l’accusé par le soin de la mafia. Il fallait qu’ils tombent sur un paria qu’on est bien aise de voir disparaître, une gêne occasionnée qui accepte tête baissée d’être sacrifiée. Ça se peut bien qu’il ait pris cent ans, et qu’on vienne aujourd’hui lui cryogéniser la carne pour que dans un siècle encore, une typesse du même genre vienne lui vomir ses sourires nucléaires et lui taper la discussion comme si de rien n’était. Bordel. Il est crevé. Ça vrille, là-dedans, et à part continuer de la lorgner droit dans l’âme, il souque à chacune de ses pensées. Où est-ce qu’il en était déjà… ? Ah ouais.

Pétasse.

Il ne l’aime déjà pas. Tout chez elle transpire le faux, le coincé ou le troublé, qu’importe, dans la partition si vertueusement jouée, une fausse note lui crispe les tympans et marbre ses ridules sèches. Les clichés amoncelés sous ses naseaux ne parviennent pas à détourner la prédation du regard qui la dévisage – la dévore. Qu’il ait été sur leurs radars est franchement surprenant. Depuis quand ces fouilles-merdes s’intéressent-elles à lui ? Il pensait n’avoir casqué que pour ce crime, onze paroissiens tués alors qu’ils emmenaient le troupeau de tchétchènes sous une chapelle. Des gamines à peine pubères qui ont braillé un peu trop fort, un Brigadier qui a perdu patience, dix ouailles alertées et leur pope en tête. Le fracas. Et puis dans la cohue, l’ordre de faire seul le ménage – on le bassine encore avec les photographies de la scientifique où les cadavres n’ont plus grand chose d’humanoïde et dans le fond du fond on se demande si l’incarcéré a réellement utilisé une machette pour déchiqueter de la sorte ses victimes. Du temps qu’il achève sa besogne, les condés ont eu le temps de rappliquer et la suite… la suite est un long oubli. Il se souvient d’une seule et unique chose. Ne pas avoir lutté. S’être agenouillé dans une flaque rubiconde et les avoir attendus mains croisées sur l’occiput. Sage. Docile. Las. La barbe s’éboule pour une seule et unique raison, vérifier que sur les tranches de vie volée, sa gamine n’apparaisse pas. Fort heureusement pour la poule endimanchée, Siana n’est sur aucune des images. Le buste nu bascule et flanque le râble contre le dossier de chaise, un vrombissement laid servant d’esclave à l’hilarité du mauvais bougre. « Je tronchais ta mère », les lippes se tordent et un sourcil saute, « Avec des perches pareilles, c’est à s’demander s’ils vous prennent pas à l’école du cirque. » Rancœur. Il sait qu’on ne l'a tiré de sa torpeur que pour servir de bouffon, certainement pas pour causer sérieusement, encore moins sur un même pied d’égalité. Sa senestre se lève et exhibe ses phalanges gonflées, brisées, qu’on a serrées avec du sparadrap de bricolage. « Ça enregistre toujours ? Tant mieux. Au trouffion qui nous sert d’infirmier, enfonce-toi tes livres de médecine bien profond et fais l’hélicoptère avec, y a certains trucs que tu pigeras peut-être enfin. » Les orbes quittent le micro et en reviennent à l’interrogatrice. « Voilà. Merci pour ces deux minutes de liberté d’expression. On peut m’ramener dans ma piaule de luxe maintenant ? »
Revenir en haut Aller en bas
here lies ljubov stepachine
avatar
Ljubna Litvine
here lies ljubov stepachine
HIVERS : : trente-six années, dont la moitié à mentir sur son identité BRATVA : : yugovitch PARTISAN : : née fille stepachine, fidèles membres de la Yugovitch - agent double au sein du FSB pour saper la lutte contre la Bratva, de l'intérieur, sous un autre nom IMPOSTURE : : ancienne militaire en recherche d'emploi dans la sécurité (agent du FSB, division lutte anti-corruption) STATUT : : célibataire peu courtisée ÉCHOS : : LJUBNA LITVINE - une femme sans histoire, ancienne militaire, would-be mercenaire // LJUBOV STEPACHINE - une jeune fille morte trop tôt pour inscrire son nom dans l'histoire. ROUBLES : : 111 TEINTE : : #B45F04 MÉFAITS : : 173 ID & GUEULE : : Arté (ruth wilson) CLIQUE : : zinaïda terechkov, la chimiste retraitée ESSOR : : 0/4 (full house - revenez plus tard) CRÉDITS : : profil • A©Blake / G©fryingdragon ; sign • code©NEON DEMON / gif©winterfellsrose ERRANCE : : 11/10/2016
Mar 8 Nov - 11:26
____________________________________________


SIBÉRIE ANNÉE ZÉRO

un fugace souvenir de nos ombres décharnées
Il ne lui dira rien. Elle en est déjà persuadée avant même d’avoir pu lui arracher un mot. Ce n’est pas du défaitisme qui se manifeste ici, mais plutôt cette foi en Lui, cette croyance inébranlable que, malgré sa plus profonde trahison, ce reniement du Nom familial, il reste celui qui l’a émerveillée alors qu’elle était haute comme trois pommes et qu’il était son hôte improvisé. Il ne dira rien que les services veulent entendre, veulent graver dans un enregistreur et utiliser par la suite dans leurs futures recherches. Il ne parlera pas, si ce n’est pour proférer des insultes, comme une bête blessée aboie et crache pour éviter qu’on l’approche. Si elle ne l’a jamais connu adulte, elle a analysé ce que lui en ont dit les siens et d’autres informateurs inconscients et elle sait que la mission qui lui est échue sera difficile à remplir.

La preuve très vite, avec les mandibules qui claquent et le juron qui filtre entre la gueule de l’Encagé. Aucun respect pour l’autre, mais elle n’en a pas vraiment montré non plus en feignant la minauderie. L’assenante attaque laisse la rouquine de marbre au niveau des gestes, mais les prunelles se durcissent à la mention de la figure maternelle. C’est que sa mère à elle, elle ne pourra probablement plus jamais la voir ou la serrer dans ses bras, à moins de lui filer le train un jour ou de rôder vers chez les Stepachine, options qui ne sont ni l’une ni l’autre envisageables dans un monde où l’on souhaiterait maintenir sa couverture intacte. Pavel est le seul lien que Ljubov, désormais Ljubna, a pu conserver de son autre vie, la rattachant à sa famille à travers un rapport ténu, distendu et profondément irrégulier dans leur fréquence de rencontre. Les Parents & les Aïeux ne sont plus que des personnages chimériques qu’elle ne retrouve que dans ses songes nocturnes, lorsqu’elle en fait. Mains croisées, elle toise celui qui se débat dans ses mots et dans ses maux. Pour sûr, elle lui a laissé la porte grande ouverte. Mais après tout, n’est-ce pas mieux qu’il la sous-estime ? C’est ce qu’avaient voulu ses supérieurs, supposant qu’une femme « inférieure » serait un parfait réceptacle pour des bribes que Vassili aurait pu laisser échapper.
Mais il ne parlera pas. Ou en tout cas pas de ce qu’on veut qu’il palabre. Ou peut-être pas tant qu’il y aura l’enregistreur sur la table en bois. Après avoir attaqué une mater hypothétique, il vilipende l’infirmier tout en faisant voir sa main abîmée à son interlocutrice. Si elle ne prête qu’une faible attention aux mots qu’il prononce et qu’elle se penche toutefois vers lui, appuyant ses bras croisés sur son côté de la table, c’est qu’elle a vu quelque chose qui l’intrigue.

Il ne sait pas. Il ne peut pas savoir d’où elle vient, qui elle est. Mais si ses billes ont bien distingué une marque familière, alors il faut qu’elle en ait le cœur net. Qu’importe s’il ne comprend pas. Qu’importe s’il ne peut pas retrouver dans les traits de la femme adulte de vingt-six ans, le visage poupon et plus rond de la gamine aux joues rougies par le froid à qui il avait appris à manier un flingue. Elle n’a aucun moyen de le lui faire comprendre sans qu’on soupçonne une supercherie, car dans son dos, derrière la vitre sans tain, se tiennent au moins deux personnes qui prêtent attention à tous les mots qu’ils échangent. Mais tant pis. Elle doit être sûre de ce qu’elle croit avoir observé. Les globes s’ancrent les uns dans les autres tandis qu’elle le fixe droit dans les yeux et arque un sourcil à la demande de sale gosse qu’il profère.

« Non. », répond-elle simplement, un sourire en coin. Elle coupe l’enregistreur, change de méthode, écarte les photographies sur le coin du pupitre et tend la main. « Faites voir. » Et sans vraiment se soucier de savoir s’il acquiesce à l’injonction, elle étire son bras et attrape le poignet de l’homme : elle le ramène de son côté de la console sans douceur, démontrant par là même une force qu’on n’aurait pas vraiment pu soupçonner sous ses atours de bureaucrate. Les apparences la font ausculter les bosses et les hématomes jaunis sur les phalanges de la main gauche : la réalité est toute autre. Bien qu’ayant une vague compassion pour le traître enfermé, elle se fiche éperdument de la douleur ou de la gêne qu’il pourrait encore ressentir avec ce pansement de fortune.
Elle relève par intermittence le regard vers l’ancien Héritier puis compose un visage imperturbable alors qu’elle est ébranlée au plus profond de son être.

Il a les ongles noirs.

Pas le noir de la crasse, non. C’est ce que sa raison a voulu lui assener alors que les certitudes des dernières quinze années de sa vie oscillaient sur leur socle. Le noir du stigmate. La noirceur de l’Accueil, de l’Hôte.
Il ne peut pas savoir qu’elle sait. Il ne doit pas se rendre compte qu’elle connaît cette histoire. Certes, il la prendrait peut-être pour une partisane, mais il ne faut pas lui laisser même cet infime soupçon.

Elle lui rend son poignet, sa main, sa vérité qui dérange et glisse l’enregistreur dans une poche de sa veste, tout en commentant « C’est parce que t’as mal que t’es pas foutu de te laver les mains ? » Le ton est devenu vaguement acerbe, un poil méprisant, familier aussi : il ne lui montre aucune once de respect en la tutoyant comme une gamine, une inférieure, alors elle adopte la familiarité de la cible. Simple question de mimétisme du langage de rue, de l’adversité dans une arène urbaine aux murs nus. « En même temps, à part moi et les matons, tu dois pas voir grand monde, ni vouloir impressionner quiconque. » Elle se lève, parce qu’elle le peut, parce que ça tourne, là, sous sa tignasse cuprifère, et qu’elle a besoin de pouvoir dérober sa face aux orbes probablement rodées au jeu des sept différences et autres déceptions. Elle dégourdit ses jambes alors qu’elle n’est même pas assise depuis cinq minutes, et s’approche du rectangle de lumière, là-bas. Son ombre se découpe, immense, sur le sol. Elle se repasse le dossier en mémoire, en vitesse. L’agente observe un de ses ongles, qui a de la saleté qui s’est infiltrée en dessous, passe un autre ongle pour l’enlever. Elle revient vers lui, lentement, les talons qui claquent dans un bruit clair. S’accoudant au dossier de sa chaise, elle se penche vers lui, jambes tendues. C’est les gars derrière la vitre sans tain qui doivent être contents du spectacle, à complimenter la croupe de la nouvelle pouliche du Service, bien heureux de ne pouvoir être entendus par l’interrogatrice.

Sous la chemise, contre la peau, un pendentif qu’on lui a donné il y a bien longtemps. L’Arbre-monde, l’Arbre-vie, dissimulé par un pan de sa chemise, mais dont la cordelette enserre la nuque et apparaît sous cet angle alors qu’elle était cachée par le col. Elle ne s’en soucie plus vraiment, habituée à le porter quotidiennement si bien qu’elle ne le sent plus. Si bien qu’elle l’a gardé même après qu’il a brisé son petit cœur : parce qu’il était joli pour la fillette de onze ans, qu’elle s’y était habituée, et puis qu’il lui avait donné sa bénédiction en le lui offrant. Savait-il qu’elle était vouée à la mort ? Était-ce pour cela qu’il lui en avait fait don ? Ljubov n’a jamais eu la réponse à ces questions et ne l’aura probablement jamais parce qu’elle ne peut pas l’interroger sur ce sujet ici et maintenant.

Après une ou deux minutes à le fixer sans mot dire, elle articule finalement : « T’as une idée, au moins, de ce que t’as pris, comme durée de taule ? » Vingt-cinq ans, dit le dossier. C’est long. Elle vend la mèche, en grossissant le trait : « À ce train, tu sortiras -s’ils décident de te laisser dégager- avec les cheveux blanchis, et probablement sans ticket pour rentrer à Saint Pétersbourg. Un vieux, dans les steppes de Sibérie, j’lui donne pas longtemps. Mais toi, vieux, sans ta jambe, sans rien… T’es mal barré. » Elle a presque l’air navrée de lui annoncer ça, tout en contournant sa chaise et en se rasseyant face à lui. « Coopère, Koskov. Ça peut s’arranger pour toi si tu causes. Tu sais des choses, fais pas chier, balance. C’est pas comme si on savait rien, on a surtout besoin d’une confirmation sur des noms. Et manque de pot pour toi, t’es tombé dans nos mains donc on va s’acharner sur toi jusqu’à ce que tu craques. Parce que tu craqueras, crois-moi. Alors oublie ton envie d’aller ruminer sur ta vie pourrie, et donne-moi les noms de tes petits camarades. » C’est pas parce que sa mission est difficile qu’elle ne peut pas insister. De toute façon, Ljubna ne peut pas baisser les bras au bout de trois minutes : tête de mule, elle se doit de poursuivre encore un peu sur la voie du calme.
les nouveaux sauvages

Revenir en haut Aller en bas
admin ☩ I'll fucking digest you
avatar
Vassili Voliakov
admin ☩ I'll fucking digest you
HIVERS : : Quarante-quatre. BRATVA : : Jadis prince de la Yugovitch. Dorénavant vassal du parvis des chairs, la Severovitch. BRANCHE : : Il les empoigne toutes deux, juteuses gorges dilacérées par son omnipotent stupre. Les carnes, molles d’être trop usées, lui miaulent des cantiques de pleurs auxquels l’enflure reste sourde. LABEUR : : Baron draconien qui veille sur l'Obscène Royaume. CAPACITÉ : : Berserk, Féral. NIV. : : Quatrième, depuis sa sortie de taule il y a un an. SYNDROME : : Cannibalisme. Une faim ravageuse qui étreint sa panse et moleste ses papilles, lui fait voir un monde rouge sang et désirer le saccage des simiennes bidoches. IMPOSTURE : : Propriétaire d'un monstrueux pandémonium dit l’Anamorphose, nightclub de la banlieue niché sur les docks brumeux des flots transis. STATUT : : La Bête a le cœur soûl, ravagé par l’adoration faite à l’épouse Voliakov. ÉCHOS : : Vor à la jambe démembrée, maudit par les uns, honoré par les autres ; dont les exactions d’ogre harnachent ses épaules du parfum de l’effroi. ROUBLES : : 1051 TEINTE : : <vass> (tu peux pas test). MÉFAITS : : 1026 ID & GUEULE : : Alas (w/ Michael Fassbender) CLIQUE : : Kol Pavlov. ESSOR : : Disponible. CRÉDITS : : Self-made (avatar), tumblr (gifs), G. Seferis (cit.). ERRANCE : : 28/05/2016
Lun 14 Nov - 16:04
____________________________________________


sibérie année zéro

A gloomy sensation of agonizing, eternal solitude and remoteness took conscious form in his soul.

La peau trésaille. En la menotte adverse, la paluche syncope lentement comme s’écrase le toucher. Elle ne frôle pas. Elle ne s’aventure pas. Elle saisit avec la force hardie qu’ont les opiniâtres. Mais ce n’est pas le geste en soi, impromptu, clandestin, qui brutalise l’atonique repos du captif. C’est davantage le contact chaud, malgré tout délicat, qui sur les vestiges digitaux s’alite ; mettant fin à des lunes de jeûne, des âges d’abstention. La saveur de mille caresses jadis parrainées aux femmes se rappelle crûment en ce laps de temps, réminiscence douloureuse – et lénifiante tout à la fois. Il ne sait ni ne cherche à comprendre ce qui anime l’apaisante contorsion, se contente d’apprécier la contiguïté des chairs sur lesquelles s’effondrent les orbes accablés. Au terme de la silencieuse abdication, le poignet recouvre ses pénates en cliquetant et des larmes rompues sont englouties à même orbites, invisibles, méconnues. Un sinistre sentiment s’installe, déblayant morgue et acariâtreté préalables pour ne le remplir plus que d’un immense froid, un hiver intérieur dans lequel se glace la vie. Aux bravades se décoince néanmoins un sourire, quasi instinctif, calibré par des heures entières d’interrogatoire obviés à force d’arrogance. Pas totalement nigaude, celle-là, lorsque de mignardises elle veut bien se dépouiller.  Il les a toujours préférées imbuvables, caractérielles, à vous couper le sifflet comme si castrer était inné – la mère de sa fille n’a pas fait exception à la règle. Et maintenant celle-ci, qui lui écorche le poitrail d’un rire assourdi. C’est déjà plus intéressant, il se voyait sinon gober durant des heures les afféteries pathétiques d’une caricature matérialisée sous un carré roux et parfait. Expliquer serait vain, du moins c’est ce qu’il se dit comme la bien nommée Pétasse – sobriquet enchéri peu à peu d’affection – se lève et s’éloigne. Elle n’est pas la première à loucher sur ses flétrissures et le Déchu sait n’avoir rien à dire. Le déni est un combustible pollueur qui lui a toutefois permis d’avancer, et ici rien ne change, tout est même enflé, grossi, dans cet aréopage de Profanes et lourds silences. L’icône sacrale des uns, transformée en crasse pathologique pour les autres. Et il y gagne. Ici, le mensonge est plus fort. L’oubli plus aisé. Même en rattrapant son reflet sur la vitre teintée, même en toisant ce visage écorché, fatigué, creusé, même en constatant la laideur du regard et ses poches grossières, même là, sa dignité ne l’emmerde plus. Elle a fané.

Il suffit pourtant d’une ondée commémorative, et soudain les racines lochent vertement. Ça commence par la scrutation sans-gêne de la poitrine dont le balcon s’exhibe, le plaisir morfal et inconsidéré de planter son attention sur autre chose que des murs et des chaînes gris. Pas de femelle depuis des éons, alors forcément, forcément ça reluque et en profondeur. Jusqu’à ce que les ternes lazurites ne trébuchent et ne remarquent les reliefs d’un vénérable végétal autrefois relique de sa nuque adolescente. La logorrhée féminine n’est dès lors plus qu’un lointain marasme au milieu duquel gît sa pensée, haletante car trop aliénée, sanguinolente car trop lapidifiée, molle carcasse au congru déclinant. Des flashs le percutent en plein vol, font ciller ses paupières lourdes et sonnées. Une gamine et sa candeur bouleversante. Un nom vassal. Des projets, des chuchotis occultes, des promesses dites, faites, au grand jamais brisées. Des avenirs fractionnés, décisivement égarés l’un de l’autre. La petite Ljubov devenue grande, tuée comme convenu, terrassée par le mal des cabales et puis plus aucune nouvelle, abyssal creux pelleté entre lui et son royaume natif. L’évidence des traits lui saute maintenant à la gorge, ces moues, ces inflexions, ces mèches rubigineuses, tout l’assaille, le trouble, l’oblige à dévisager la môme métamorphosée. En un autre lieu, en un autre temps, la tendresse du Sire aurait convié en son palais d’estimables palabres que des risettes fraternelles auraient ceintes, écrasant les convenances protocolaires pour qu’au plus près de la Vaillante l’amitié se glisse. En un autre lieu, en un autre temps, peut-être bien. Mais l’occurrence effective est trop puante pour qu’un filet de cette existence perdue ailleurs ne s’immisce. Rage et dégoût viennent colmater les plaies rouvertes ; l’amalgame entre elle et Sergueï le cogne. Tout n’est plus que paranoïa fiévreuse, fébrilité extrême, un poing percute violemment la surface de la table, catalyseur du térébrant courroux affolant le myocarde masculin. Le faciès patibulaire louvoie jusqu’à la baie fumée, vers laquelle les prunelles fielleuses se braquent. C’est une rocaille grave qui s’excave de là. Calme. Trop calme pour être saine. « Stepachine. Vous devriez étudier ceux-là. » La bête lésée, au fur et à mesure, entend dans les encoignures de la pièce le frère félon murmurer sa conduite à l’ouaille dévouée. Présente pour quoi faire ? Rapporter des faits ? Le décimer discrètement – une bonne fois pour toutes ? Nombre d’interrogations et d’ires le démangent. « Famille importante, dans le milieu. C’est dommage, pas de clichés, mais je peux vous décrire de mémoire les deux derniers de la portée. Pavel, grand, élancé. Et la sœur… c’est amusant, vraiment. » L’enflure en revient à son Némésis réifié. La mâchoire hirsute s’incline lentement. « C’est dingue ce que vous pouvez lui ressembler, à la frangine. » Il ne joue pas. Tarabuste encore moins. Le Fauve plante ses crocs, mauvaisement, cruellement, et il espère, oh oui, que ça va faire mal.
Revenir en haut Aller en bas
here lies ljubov stepachine
avatar
Ljubna Litvine
here lies ljubov stepachine
HIVERS : : trente-six années, dont la moitié à mentir sur son identité BRATVA : : yugovitch PARTISAN : : née fille stepachine, fidèles membres de la Yugovitch - agent double au sein du FSB pour saper la lutte contre la Bratva, de l'intérieur, sous un autre nom IMPOSTURE : : ancienne militaire en recherche d'emploi dans la sécurité (agent du FSB, division lutte anti-corruption) STATUT : : célibataire peu courtisée ÉCHOS : : LJUBNA LITVINE - une femme sans histoire, ancienne militaire, would-be mercenaire // LJUBOV STEPACHINE - une jeune fille morte trop tôt pour inscrire son nom dans l'histoire. ROUBLES : : 111 TEINTE : : #B45F04 MÉFAITS : : 173 ID & GUEULE : : Arté (ruth wilson) CLIQUE : : zinaïda terechkov, la chimiste retraitée ESSOR : : 0/4 (full house - revenez plus tard) CRÉDITS : : profil • A©Blake / G©fryingdragon ; sign • code©NEON DEMON / gif©winterfellsrose ERRANCE : : 11/10/2016
Mar 15 Nov - 8:47
____________________________________________


SIBÉRIE ANNÉE ZÉRO

un fugace souvenir de nos ombres décharnées
Il la reluque, et puis il cesse, brutalement, relevant ses billes vers le visage de l’interrogatrice. Et elle sait, elle sent, qu’elle va avoir un sacré problème incessamment sous peu. Oh, bien sûr, elle espère : l’enfant naïve qu’elle était n’a pas complètement disparu depuis tout ce temps. La revoilà qui se pointe alors que leurs pupilles se croisent tandis qu’elle attend qu’il parle, qu’il donne un nom : à croire être heureusement reconnue par celui qu’elle aurait voulu appeler Pakhan, celui qu’elle aurait vraisemblablement dû appeler ainsi si le stigmate dit vrai. Elle a baratiné mais reste bouleversée de ce qu’elle commence à comprendre.

Mais il est trop tard.
Trop tard parce que quand Vassili parle, quand il ouvre la bouche, c’est pour la saisir à la jugulaire et mordre jusqu’au sang.

Le nom qu’il prononce, elle voudrait le lui faire ravaler immédiatement, d’un coup de poing dans la glotte, d’une pluie de heurts plus violents les uns que les autres. Il n’a pas le droit d’exposer ainsi les siens à un couperet qu’elle a pour mission de leur éviter à jamais. Il ne respecte pas les règles tacites qu’elle a exposé : elle ne veut pas ses sous-fifres d’avant, elle veut ses collègues de maintenant, ceux qu’elle peut traquer sans risquer de s’en prendre à sa propre ombre. La langue claque, comme le poing serré du menotté qui s’est abattu sur la table. Quelque part, elle croit encore à la blague, la gamine veut s’en persuader tandis que la femme a déjà analysé ce qu’il fait. Ce n’est plus la bête blessée qui feule pour qu’on ne l’approche pas, c’est celle qui jette ses dernières forces dans un combat ultime, pour tuer. Intérieurement, elle jure. Il n’y a que Lui qui peut voir ses traits plissés et froncés, puisqu’elle tourne le dos à la glace sans tain à qui il s’est adressé. Que Lui qui peut potentiellement se rendre compte du mal qu’il lui cause, à saboter sciemment la mission pour laquelle elle a été séparée de son foyer. Et pourtant, elle prête attention à la moindre syllabe qu’il prononce, parce qu’il va falloir qu’elle le renvoie dans les cordes aussi vite que possible, qu’elle écarte les moindres doutes, qu’elle y aille peut-être au bluff et au culot. Elle le fusille de son regard bleu si clair qu’il en est glacial. Les lèvres tremblent fébrilement lorsqu’il s’avance sur un terrain ô combien dangereux, à mentionner Pavel, et les mâchoires se serrent tandis que l’Encagé revient vers elle, par les orbes et par la voix.

Les minauderies et les sourires hypocrites ont pris fin à l’instant où il a fait le choix de jouer au plus con avec elle. Dorénavant, ce n’est plus qu’une haine primaire -teintée d’une déception immense d’avoir été trahie une seconde fois par son idole- qu’elle lui adresse à travers ses pupilles rétrécies. Idi na khouyï, moudak*., articule-t-elle lentement en silence, rien que pour ce cher Vassili. Avant d’enchaîner, de façon audible pour les tocards de dehors, ironique et pas du tout impressionnée dans le ton de voix : « Mais oui, bien sûr. Tu tronches ma mère et je ressemble à cette nana. » Elle a sorti un stylo de la poche gauche de sa veste, et a retourné une photo plastifiée pour inscrire son ancien nom de famille au dos. Chaque lettre la brûle comme un fer apposé sur sa peau. Une part d’elle sait qu’elle a recouvert toutes les traces que les Stepachine auraient pu laisser derrière leurs magouilles : Pavel est sain et sauf, ou du moins le sera une fois qu’elle se sera chargée d’enterrer cette information. Une autre a pourtant bien envie de planter la pointe du stylo dans la main ou dans la gorge de ce traître de Koskov. Elle poursuit, d’une voix imperturbable et intéressée : « Et t’as un nom, pour la sœur ? Qu’on vérifie si ce que tu nous dis c’est pas des craques. » Le stylo en suspens, elle le scrute, sans être vraiment tranquille. Se souvient-il seulement du nom, du vrai nom, de la femme qui se tient face à lui, de l’autre côté de la table ? Osera-t-il simplement la vendre à quiconque ? Et surtout, comment a-t-il compris qui elle était ? La remarque sur la crasse apparente de ses mains ? Elle ne saurait le dire, oublieuse de l’objet familier qui pend à son cou, sous sa chemise.

Elle a peut-être commis une erreur en tendant la gorge pour le laisser la saigner à blanc.

La petite haute-comme-trois-pommes contemple son ancien Prince charmant à travers les yeux de l’adulte qu’elle est devenue. Sur un point, il n’a pas tort : elle a juré allégeance à Sergueï. Mais les Stepachine cultivent le doute sur ce qu’il s’est passé en 1991, fidèles à leur Pakhan mais se demandant quand même ce qu’il a pu advenir entre les murs, entre la mort du précédent Pakhan et l’exil du jeune Vassili. Et pourtant, malgré la sensation d’anguille sous roche, ils n’ont jamais pu obtenir des réponses à leurs questions, se voyant mal aller réclamer au Sire des précisions sur l’affaire. N’étant même pas sûrs qu’il y ait véritablement une affaire.
Les ongles noirs indiquent qu’il y a plus que ce que la version officielle affirme, et Lju détient peut-être la clé de l’énigme. La haine pulse dans ses veines, ainsi que le rugissement de la lionne qui veut protéger ses petits (ici, sa famille en général), mais elle ne peut gronder ouvertement, ni même répondre à l’attaque en le projetant au sol et en le rouant de coups. Elle n’oublie pas le public indirect qui déjà a noté aussi le nom que la gueule rubescente a lâché dans l’air et enverra tôt ou tard quelqu’un vérifier les dires. Elle sait qu’il s’agit de la jouer fine et de ne pas le provoquer plus que cela. « Si c’est pas eux sur les photos, c’est qui, lui, hein ? » Le support plastifié qui lui servait de calepin improvisé se retourne, elle le ramène à la photo dévoilée et posée entre eux et indique de l’index le personnage central. Un type, la quarantaine, une grosse barbe fournie, taillée, le poil brun, des lunettes de soleil qui cache ses yeux. Un gars de la Severovitch, selon toute probabilité. Les iris remontent au visage de l’interrogé, le fixent, le plombent du calibre chargé. En entrant, elle voulait l’aider, ou au moins prendre état de sa situation et voir s’il restait encore un peu de l’éphèbe qu’elle avait connu dans l’homme fait. Mais depuis que le combat verbal a été lancé, elle hésite sur la marche à suivre et son esprit est encore secoué par un concept qui s’infiltre progressivement et tisse des idées de sédition.

Spoiler:
 
les nouveaux sauvages

Revenir en haut Aller en bas
admin ☩ I'll fucking digest you
avatar
Vassili Voliakov
admin ☩ I'll fucking digest you
HIVERS : : Quarante-quatre. BRATVA : : Jadis prince de la Yugovitch. Dorénavant vassal du parvis des chairs, la Severovitch. BRANCHE : : Il les empoigne toutes deux, juteuses gorges dilacérées par son omnipotent stupre. Les carnes, molles d’être trop usées, lui miaulent des cantiques de pleurs auxquels l’enflure reste sourde. LABEUR : : Baron draconien qui veille sur l'Obscène Royaume. CAPACITÉ : : Berserk, Féral. NIV. : : Quatrième, depuis sa sortie de taule il y a un an. SYNDROME : : Cannibalisme. Une faim ravageuse qui étreint sa panse et moleste ses papilles, lui fait voir un monde rouge sang et désirer le saccage des simiennes bidoches. IMPOSTURE : : Propriétaire d'un monstrueux pandémonium dit l’Anamorphose, nightclub de la banlieue niché sur les docks brumeux des flots transis. STATUT : : La Bête a le cœur soûl, ravagé par l’adoration faite à l’épouse Voliakov. ÉCHOS : : Vor à la jambe démembrée, maudit par les uns, honoré par les autres ; dont les exactions d’ogre harnachent ses épaules du parfum de l’effroi. ROUBLES : : 1051 TEINTE : : <vass> (tu peux pas test). MÉFAITS : : 1026 ID & GUEULE : : Alas (w/ Michael Fassbender) CLIQUE : : Kol Pavlov. ESSOR : : Disponible. CRÉDITS : : Self-made (avatar), tumblr (gifs), G. Seferis (cit.). ERRANCE : : 28/05/2016
Mer 16 Nov - 21:43
____________________________________________


sibérie année zéro

A gloomy sensation of agonizing, eternal solitude and remoteness took conscious form in his soul.

L’affrontement se fait sans heurts. Il continue d’y avoir chez l’agente une résistance forcenée qui coagule les ridules au ciment de la haine. Le Fauve lampe cette acerbité, s’en repaît les calots sans cesse cabrés vers le minois hutin. D’une certaine façon, la résilience mentale de la Stepachine ne l’étonne qu’à moitié, lui conviendrait presque, le satisferait quasiment, puisqu’aux tréfonds du misérable bat encore le supplice qu’est l’honneur. Admirablement conçu, le soldat gouvernemental, terriblement efficace, le Séide maculé. Un ourlet de lippe soulève le rictus carnassier rétorquant aux menaces tues, risette de squale appréciant le trouble toutefois évident de l’interrogatrice –  seule ovation de la castagne portée. Déjà, elle s’en remet, et s’hasarde au péril. La tentation du vice lui ébouillante les gencives, donner les siens, se noyer dans les limbes de la délation et n’en plus sortir. Vomir tout. Rien de plus aisé, et ils n’attendent après tout que ça, venir siffler dans ses dégueulis les secrets celés. Pour autant la mandibule se cloue, arcane insondable résolue à l’inertie jusqu’à ce qu’elle ne s’approche plus avant, que la menotte s’étende et qu’une ouverture se présente à la Bête. Sans un regard pour la sempiternelle effigie intercalée, il prend appui sur l’unique jambe et de ses paluches captives saisit la pâle figure. La violence du geste ne ricoche néanmoins pas jusque sous les paumes, qui d’une impulsion obligent quand même le corps féminin à ployer et s’écraser sur la table. Les phalanges crasseuses sont nouées aux joues comme s’incline la gueule et cavalent les syllabes à même le lobe. « Puissent Alatyr’ et le Divin Père te garder de mon frère. » Le murmure éclate, s’affuble d’échos jaillissant du passé, prévient et avoue aussi qu’en deçà du trône gît la dépouille d’une couronne usurpée. Aux regards de se croiser ; de colère et de chagrin est nourri le sien. Si jamais elle comprend, si jamais elle accepte, si jamais il s’est trompé sur elle, alors peut-être, réside un âpre espoir. Des battoirs le rudoient finalement. Le crin pâtit, les membres, le corps tout entier. On lui vagit des postillons de rage. La meute de derrière-vitre s’est enfin bougée, tombant sur le condamné comme une pluie de balles. On le dérouille à terre, on se défoule – on en rêvait. Puis la molle carcasse est soulevée, traînée derechef dans les couloirs aseptisés, inconsciente. Inutile de poursuivre.

* * *

La requête a fait imploser des rires gras. Pourtant transmise à qui de droit, elle s’en est allée voguer sur les ondes téléphoniques. Un entretient, seul à seul avec l’agente, et une révélation croustillante – de quoi leur faire mâchonner l’os pendant un temps. À l’aube, un maton est venu lui dire c’est bon derrière la substantielle matière morte de l’huis. Un soupir a été offert aux nuances de la pénombre et depuis, il guette. Il guette chaque bruit, même dérisoire, du battement d’aile d’une mouche au pas cadencé du geôlier exécutant les cent pas. Le force ne l’a pas encore totalement quitté, quelque chose encore grogne en lui, suffisamment fort pour qu’en tremble le sinistre défaitisme dont s’est drapée son essence. Revoir de manière informelle et intime Ljubov – ou qu’importe son nom – s’est se raccrocher au raidillon de la vie. Il ne sait pas à quoi s’attendre, les pensées trébuchent sur la paranoïa collante et choient sur les plaies ouvertes. Peut-être est-ce une erreur, peut-être n’aurait-il jamais dû embrayer la machine. Mais après tout. Qu’a t-il à perdre.

Lorsque s’évase la porte blindée, une fracture s’opère dans ses muscles, plus douloureuse que toutes les balafres suturées et les hématomes aggravés. L’entrebâillement et la cruauté du soleil qui dans sa piaule est normalement banni lui donnent envie de rugir et d’aller capturer la liberté par les hanches. Cependant rien ne se meut. Pas l’ombre d’un cillement. Les effluves vagabondes de l’intruse seront sa seule permission d’évasion, et lorsque derrière la naïade rousse se ferme la bouche d’acier, le silence prend sa place d’hôte et accueille la conviée. Avec elle, un tabouret et un taser. La vision de l’arme de défense ne l’émeut pas. « Je t’en prie. Approche, que je puisse te voir. » L’homme et sa poix, assis en bord de paillasse, esquisse un geste familier bien loin de l’animosité ébauchée des jours auparavant, dans cette salle d’interrogatoire. Le ton n’ordonne pas. Requiert à peine. Prière réelle. Déférente. En s’exécutant après une ère entière de réticence, elle amène son visage sous le seul faisceau de lumière. Attentifs, les orbes du prisonnier parcourent les traits grandis de la petite fille, s’inquiètent d’une légère écorchure sur lippe. La dextre esquisse un bref mouvement, suivie d’une inflexion de barbe. « Navré pour ça. »
Revenir en haut Aller en bas
here lies ljubov stepachine
avatar
Ljubna Litvine
here lies ljubov stepachine
HIVERS : : trente-six années, dont la moitié à mentir sur son identité BRATVA : : yugovitch PARTISAN : : née fille stepachine, fidèles membres de la Yugovitch - agent double au sein du FSB pour saper la lutte contre la Bratva, de l'intérieur, sous un autre nom IMPOSTURE : : ancienne militaire en recherche d'emploi dans la sécurité (agent du FSB, division lutte anti-corruption) STATUT : : célibataire peu courtisée ÉCHOS : : LJUBNA LITVINE - une femme sans histoire, ancienne militaire, would-be mercenaire // LJUBOV STEPACHINE - une jeune fille morte trop tôt pour inscrire son nom dans l'histoire. ROUBLES : : 111 TEINTE : : #B45F04 MÉFAITS : : 173 ID & GUEULE : : Arté (ruth wilson) CLIQUE : : zinaïda terechkov, la chimiste retraitée ESSOR : : 0/4 (full house - revenez plus tard) CRÉDITS : : profil • A©Blake / G©fryingdragon ; sign • code©NEON DEMON / gif©winterfellsrose ERRANCE : : 11/10/2016
Jeu 17 Nov - 14:04
____________________________________________


SIBÉRIE ANNÉE ZÉRO

un fugace souvenir de nos ombres décharnées
Un battement de cœur, un instant d’inattention, un repos trop important sur des réflexes qui devraient être faits et refaits, et la voilà plaquée sur la table qui les séparaient, les mains menottées de Vassili enserrant son minois, la barbe rougie à ça de son oreille et une bénédiction murmurée qui s’en extirpe. La scène se passe trop vite et malgré les quelques instants à se scruter dans le blanc des yeux, avant d’être de nouveau séparés, cette fois par la force brute de surveillants et matons lâchés comme des chiens de chasse sur la Bête.

Elle va bien.
Du moins c’est ce qu’elle affirme quand on se tourne vers elle, une fois le Sauvage renvoyé dans sa geôle.
Elle va bien.
Un peu sous le choc de la fulgurante action. Un peu secouée de ne l’avoir pas vu venir. Un peu ébranlée face à des repères qui se brouillent. Mais foncièrement, il ne lui a rien fait de particulièrement douloureux.

Autour d’elle, on se partage entre compassion et affirmation de la  preuve que les femmes n’ont rien à faire dans cette prison, d’autant plus lorsqu’elles sont jeunes et inexpérimentées. Le maton se fait fusiller du regard et son visage est gravé mentalement dans un coin de la mémoire de la rouquine. À un moment, peut-être qu’elle prendra le temps d’aller lui coller son pied dans les bijoux de famille, il le mériterait, pour sûr. Pour l’heure, elle repart vers Petrograd.

* * *

Elle a d’abord cru à une blague : un coup de téléphone farceur, une bêtise proférée de l’autre côté du combiné pour se moquer. Et puis elle a compris que c’était du sérieux, pas du chiqué. Il a fallu réfléchir, à si elle voulait y aller, ou si ça sentait le soufre. Finalement, elle s’est rendue à l’évidence : la curiosité la rongeait, et avec elle, le besoin de savoir pourquoi, comment, où, quand, et l’envie d’obtenir les réponses qu’elle n’aurait jamais si elle envoyait quelqu’un d’autre à sa place.
On lui donne un taser -toujours pas le droit à une arme à feu, mais c’est pas plus mal, elle n’est pas sûre de pouvoir se faire confiance avec un pistolet dans la main- elle oscille du chef quand on la briefe sur le fonctionnement de l’engin électrique. Elle doute de vouloir l’utiliser, espère ne pas devoir y avoir recours. Ça, et un tabouret. Le tabouret lui semble même une arme plus efficace que le taser, mais c’est parce qu’elle a eu le récit de bagarres de bars où certains utilisaient ce qui leur tombait sous la main, sous le cul.

Alors qu’elle est en train de marcher encadrée de deux surveillants dans un couloir, jusqu’à la cellule de Koskov, elle se surprend à supposer que la révélation croustillante que ce petit malin a fait miroiter pour qu’on autorise cette rencontre à huis clos n’est sans doute pas destinée aux grands pontes du FSB, mais simplement à elle. Ou bien ça sera un os à ronger et il faudra qu’elle invente n’importe quoi avant de sortir de la cage plongée dans une semi-pénombre. Elle verra bien. Pour l’heure, elle sait qu’elle va pouvoir se débarrasser du masque qu’elle affiche pour la galerie et virer cette mue factice qu’elle porte depuis trop longtemps. Il n’y a ni caméras, ni micros dans la salle où on l’a conviée, à peine s’il y a une vague et ténue source de lumière. C’est ce que lui a dit le superviseur de la taule, en lui remettant le taser. Il n’avait pas l’air particulièrement assuré, avait-elle observé en vitesse : c’est que si elle crève de coups et blessures, c’est sur lui que les responsabilités légales vont pleuvoir, et il préférerait éviter ce genre de taches sur sa carrière.

La porte s’ouvre et elle entre, sans montrer d’hésitation à ceux qui l’accompagnaient. L’huis se referme derrière elle en grinçant, et il lui faut un temps d’adaptation pour y voir un peu mieux dans cet espace mal éclairé. Il lui faut aussi un temps pour calmer l’appréhension qui s’est malgré elle élevée dès lors qu’elle a été coupée du dehors, un relent de claustrophobie infime qui s’éveille dans ce recoin du monde. Elle ne dit mot, la sylphide, laissant à son ancien idole la maîtrise du temps : une maigre concession qu’elle lui laisse. Elle se contrôle pour sûr : une petite voix lui susurre d’aller immédiatement lui coller un poing dans la face pour avoir exposé les Stepachine à des enquêtes supplémentaires. Les deux semaines qui se sont écoulées entre leur première entrevue et cette nouvelle occasion ont été pleinement occupées à faire mine de traquer les Stepachine tout en couvrant le dos des siens d’une couverture supplémentaire. Rien de bien méchant, mais ça reste tout de même le métier qu’elle aime le moins faire, sachant parfaitement que si on l’y surprend, elle finira avec une balle dans la nuque, son cadavre jeté aux chiens ou abandonné dans un caniveau. Elle l’aurait fait d’ici quelques mois, certes, ne serait-ce que pour vérifier que ses travaux antérieurs tenaient toujours ; pour autant, ça l’agace quand même d’y avoir été forcée par la connerie d’un seul être assez timbré pour vendre les Stepachine pour une bouchée de pain, une bouffée de liberté.
Après de longues -très longues- minutes, elle se décide enfin à poser le tabouret dans le rai de lumière et à s’asseoir dessus, jambes écartées, coudes posés sur les cuisses, faisant passer le taser d’une main à l’autre de façon nonchalante, sans vraiment s’en rendre compte. Elle porte la même tenue que la dernière fois : c’est pour la galerie, ça. Peut-être aussi un peu pour l’impressionner, Lui, mais elle ne le reconnaîtra jamais, ça. Il la voit bien, là ? Pas de sourire sur le faciès de la rouquine, pour de très bonnes raisons : elle ne sait toujours pas si elle peut pleinement lui faire confiance, et elle veut comprendre ce que le Pakhan de la Yugo vient foutre dans l’équation. Elle n’est plus la gamine naïve, c’est ce dont elle essaie de se convaincre aussi. Il a des hématomes qui ont viré de couleurs si elle distingue bien. Elle cherche pas vraiment à se pencher pour l'ausculter : pour l’heure, c’est lui qui veut voir, et elle s’en fiche un peu de constater son état physique vu qu’il l’a cherché.

Elle hausse les épaules alors qu’il désigne ses lèvres et s’excuse. « C’est pas toi, c’est mon chat. » Techniquement, Oleg/Pépère est une chatte, mais Lju continue de se référer à l’animal écaille de tortue comme un mâle : elle a pris l’habitude, elle se fiche de savoir ce que les scientifiques disent sur la question. Elle a voulu se battre avec le félin, et ce crétin a sorti les griffes au niveau du visage : bon, elle était en tort à l’origine, mais c’est jamais très agréable. Elle croise ses jambes l'une sur l'autre, entrelace ses doigts sur son giron, le taser au creux des paumes. « Tu m’expliques ce que je fous là ? » Elle cherche de ses prunelles les orbes du prisonnier, et poursuit histoire de préciser ses interrogations : « Non, attends, avant, juste : c’est ça, elle ajoute au mot le geste de sortir l’Arbre-Monde en étain de sous sa chemise et le fait miroiter dans la faible lumière, qui m’a trahie ? » Elle s’était rendue compte qu’elle le portait le soir même de l’interrogatoire, en rentrant chez elle. Elle veut simplement une confirmation. Puis elle enchaîne : « Ça s’fait pas d’balancer les familles des autres, tu sais. T’as de la chance que j’aie bien fait mon travail au départ et que les miens soient pas trop cons de base. Maintenant, tu m’expliques ce que c’était, ça ? » Ça, le nom de Pavel lancé dans l’air de la vaste salle d’interrogatoire. Ça, la seconde trahison. À moins qu’il n’y en ait pas eu de première, de trahison ? « Si c’était pour t’excuser que tu m’as fait venir, je me barre. Si c’est pour m’expliquer, j’écoute. » Ça lui fait un drôle d’effet de tenir ce genre de discours. Drapée de la responsabilité de protéger les Stepachine (et les intérêts de la Yugovitch), elle se fait inquisitrice impartiale : l’espoir aussi peut-être pour l’ancienne fillette de voir son Prince blanchi de toutes ces rumeurs de rouerie.

les nouveaux sauvages

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

____________________________________________


Revenir en haut Aller en bas
 
Sibérie année zéro. (ljubna)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LES NOUVEAUX SAUVAGES.  :: RUSSIE-
Sauter vers: