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 Easy target. (Drekavac)

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BUILDING CATHEDRALS OF SIN
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Rafaïl Charov
BUILDING CATHEDRALS OF SIN
HIVERS : : Quarante-trois. BRATVA : : Vostokovitch, la seule et l'unique. LABEUR : : Baron des voleurs et des faussaires. CAPACITÉ : : Ambroisie. NIV. : : Quatre. SYNDROME : : Un certain penchant pour le sang des chérubins. IMPOSTURE : : Érudit, bête de savoir, docteur en Histoire qui professe parfois son art pour les Profanes. STATUT : : Grand amoureux des flirts et de son célibat. ÉCHOS : : Enjôleur volage à l'intellect de génie. ROUBLES : : 298 TEINTE : : #669999 MÉFAITS : : 424 ID & GUEULE : : Odistole, Adrien Brody. CRÉDITS : : Odistole, Alas. ERRANCE : : 29/08/2016
Mar 25 Oct - 16:48
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Easy target

 
no fear of the setting sun
La nuit battait son plein, en avait englouti dans ses ténèbres Petrograd toute entière, telle un ogre à l'appétit gargantuesque. Les rues étaient grises, et froides, et quelques nappes de brouillard dansaient le long des trottoirs et des murs crasseux de la banlieue. Pourtant, ni l'obscurité et pas même les amas de vapeurs blanchâtres n'arrêteraient le Baron, ce soir-là. Les longs pans de son manteau fendirent la brume tandis qu'il s'enfonçait dans d'étroites ruelles. Le col relevé, il se mouvait avec une agilité certaine, fantôme dans la pénombre. Spectre de chair et de sang dépêché auprès de ses chers chérubins. Car les petits oiseaux avaient piaillé, les orphelins étaient venus murmurer à son oreille les méfaits d'un autre spectre. L'allusion des petits corps de leurs camarades retrouvés sans vie avait suffi à ce que Charov s'occupe personnellement du problème. S'il était un salopard à bien des égards, il n'était pas un tueur d'enfants. Une rage froide s'était emparée du colosse qui n'osait imaginer que quelqu'un ait pu s'en prendre à l'un de ses protégés. Les lèvres enfantines avaient susurré des indications, de précieux détails pour aider le samaritain des miséreux à retrouver la piste de ce spectre. Ses pas l'avaient mené, et bien loin de chez lui. La main droite flanquée dans la poche du manteau jouait avec le petit sifflet aztèque qu'il avait découvert sur son bureau lors d'une fin de cours. Offrande anonyme, dont il ne se séparait plus depuis qu'il avait saisi la curieuse fonction. La gauche tenait elle fermement un smartphone que ses petits oiseaux lui avaient remis, appartenant vraisemblablement à ce spectre. Un nom qu'il devrait conjuguer au féminin à en croire les photos retrouvées sur l'appareil. Un minois qui, dans d'autres circonstances, l'aurait sans doute séduit. Là n'était pas la question. Charov s'était drapé du manteau de la vengeance et comptait bien corriger cette assassine qui, de toute évidence, ne faisait pas partie de ses bratoks. Les quartiers populaires étaient en pleine ébullition et Rafaïl favorisa les allées sombres. Il ne s'agissait pas de se faire remarquer alors qu'il se trouvait hors de sa, hum, juridiction. Mais le Baron aimait tant les prises de risques qu'il n'hésitait pas une seule seconde à risquer sa couenne en de pareils lieux, en une nuit pareille. En outre, il avait conscience de partir avec un désavantage certain sur son adversaire ; il ne savait absolument rien d'elle. Rien que des photos sur un téléphone subtilisé par des mains habiles. Rien qu'un visage à peine sorti de l'adolescence, une crinière blonde, des yeux sournois. Autant de choses qui n'inspiraient pas la moindre sympathie au Baron. Araignée humaine, il se glissait en silence le long des murs, évitant les ivrognes d'un soir et les catins de toujours. Suivant aveuglément les indications des orphelins de Petrograd, il se retrouva dans une ruelle passablement éclairée, d'où suintait un relent de friture et de vieux mégots. Il finit par repérer une crinière blonde, et ses sens d'Oupyr s'ébranlèrent. Il accéléra le pas, et en arrivant dans le dos de la donzelle, lui empoigna le bras sans douceur aucune pour la plaquer contre le mur d'une venelle adjacente. Un geste qui, en temps ordinaires, aurait éveillé en lui un sentiment bien différent de la colère qu'il éprouvait alors. Maintenant la jeune fille contre le mur, il brandit le smartphone qui affichait une photo de sa propriétaire. C'était bien elle. La mâchoire du Baron se crispa tandis qu'il remballait l'atout. Ses prunelles dévisageaient la meurtrière avec un mélange de dégoût et de pitié. Ce n'était qu'une pauvre gosse. Il desserra légèrement sa prise sur la gorge d'albâtre avant de déclarer, acerbe : « Trouve-toi d'autres proies. » Certain qu'elle comprendrait, la petite. En revanche, bien ignare de ce dont elle était capable.
les nouveaux sauvages



Dernière édition par Rafaïl Charov le Jeu 27 Oct - 12:48, édité 1 fois
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BETWEEN GODS AND BEASTS
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Drekavac Lov
BETWEEN GODS AND BEASTS
HIVERS : : vingt plumes sombres au sein de ses ailes pures. BRATVA : : Severovitch BRANCHE : : les agonies salutaires. LABEUR : : simplette bratok aux idées saugrenues, elle trappe les âmes perdues et vend leur dépouille. CAPACITÉ : : théurgie. NIV. : : premier niveau. SYNDROME : : fascination romanesque et nécessité obscène pour la mort, pour l'éternel sommeil. IMPOSTURE : : c'est la fortune du père qui abreuve ses dépenses, mais sa folie se gave des instants passés au combiné, écoutant les plaintes des suicidaires, au centre anti-suicide. STATUT : : indomptable et ravageuse. ÉCHOS : : angélique créature aux ailes souillées. ROUBLES : : 58 TEINTE : : <lov> MÉFAITS : : 116 ID & GUEULE : : FERN CLIQUE : : koko. ESSOR : : 4\3 (nikita, raf, drago et darya) CRÉDITS : : Ratatouille. ERRANCE : : 02/10/2016
Jeu 27 Oct - 1:32
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no fear of the setting sun
Sous les cuisses fraîches de la maligne, le faux cuir rougeâtre ronronne, tandis que les jambes se pressent. La maigre poitrine prend appui contre la table insalubre, et de ses fins doigts, Drekavac capture une frite graisseuse, noyée d'un tendre nectar carmin, qu'elle glisse à ses lèvres brillantes. La pupille de la sirène capte le regard vitreux du cuisinier, gras et dégarni. Rictus espiègle sur les lippes, la petite capture la larme de ketchup au bord de sa babine charnue, avant de nettoyer son index, tout graisseux. Les iris se cachent sous les paupières et elle fait durer l'instant, presque amusée, pour recroiser le regard lubrique de l'homme. Triste Lov dans le coeur de l'homme, la nymphette vieillissante ricane tout bas, sans rien dire, tout en se redressant de son trône fastfoodesque. Une seconde de chair, un éphémère de cuisses offertes ; la vue des miches de la princesse éblouit le gros pendant quelques secondes, suffisamment pour qu'elle quitte sans payer son lugubre festin de la nuit. C'est la clochette de la porte qui l’accueille dans les rues froides de la ville, comme la brise qui caresse ses jambes dénudées. Si la longueur de son manteau est acceptable et camoufle une part de sa chair rosée, elle reste toute de même frigorifiée. La tendre créature presse ses petites bras contre son corps et avance ; le tissu du pardessus caresse l'arrière de ses cuisses, reste détaché, offrant à tous la vue de son petit corps fragile, là, dans une robe délicieusement outrageante. Ils sont moindres mais présents, les regards qu'elle capte, la Lov, de ses maigres pas qu'elle fait dans les rues, avant de s'aventurer dans une ruelle sombre. La tête bourdonne et le corps, si fort pourtant, commence à ressentir les douleurs des heures passées ; les victimes sont tombées et il suffit maintenant, de jouer. Il est l'heure de se reposer.
La pupille reste captive des pas qu'elle fait, contre le bitume froid des ruelles. C'est qu'elle aimerait y voir quelques flocons s'y poser, dans les prochains jours. Il lui semble que le froid n'est pas assez froid et que le gris l'emporte un peu trop, sur le blanc. La pureté, si belle, si contraste avec le vermeil, lui manque depuis un moment. Et elle rêvasse, la petite princesse, à s'imaginer des portraits majestueux mêlant les deux superbes. Et elle se perd dans ses délicieux songes, la petite, si bien qu'elle n'entend pas les pas du voyeur, derrière elle, et qu'elle ne devine que son ombre, sur le sol, de par la lueur des lampadaires, juste avant qu'il ne pose sa menotte lourde et puissante contre son bras. Le coeur s'emballe et les pupilles deviennent grandes, si grandes, lorsque le dos épouse le mur, froid. Elle la sent, Drekavac, la morsure du froid au travers de ses fins vêtements ; la caresse lui arrache un frisson allant de l'échine jusqu'aux orteils. Ou peut-être est-ce autre chose.
Mais l'oeil, lui, s'accroche. Il se pose contre le faciès de l'homme et n'en décroche pas  ; elle voit tout, Drekavac, et admire. Admire les traits de l'homme, durs et irréguliers, mais tentateurs, tout de même. La pupille s'attarde sur le bec puissant de l'homme et elle ne peut que penser à ce dicton qui compare museau et aine. C'est que l'iris se laisse attirer vers le bas, une seconde, avant qu'il ne braque quelque chose, devant lui. La barbie papillonne des cils, avant de s'indigner. « C'est le mien ! » Sa voix porte un éclat de naïveté non frein, lui appartenant. Celui qu'elle croit un simple homme est tout autre ; elle fronce des sourcils, la petite blondasse, à voir son cellulaire replongée dans la poche sombre. Et elle sent ; contre son frêle cou, des doigts puissants. Une pression s'élevant. Le regard reste grand ouvert et le coeur ajoute à son beat des battements euphoriques ; elle en tremble, maintenant, mais la peur n'est pas responsable de la pareille chose. « Trouve-toi d'autres proies. » Drekavac hausse d'un sourcil ; c'est qu'elle ne comprend pas, la chasseuse, de qui il peut bien parler. Nombreux sont ceux qui ont péris de ses maigres menottes, et les visages ne sont que des ombres dans ses souvenirs pétillants. Le regard de biche se fait presque larmoyant et elle lâche un petit bruit obscène, presque gémissant, en sentant les doigts forts, contre sa peau. « Vous la serrez si fort... » La plainte est triste, mais éphémère, et la boue tremblotante laisse place à des dents blanches et à un gémissement. C'est qu'elle en penche la tête vers l'arrière, l'appuie contre le mur et ferme les yeux, une seconde. « Plus fort. » La voix claque, dans le silence macabre de la ruelle. Langue espiègle caressant les lèvres, Drekavac ouvre à demi ses prunelles océans, pour dévisager l'homme. Elle flirte avec la Mort et non avec l'homme, ou du moins avec ses doigts et non lui-même. Mais il reste qu'ils forment un tout, et c'est avec le mental de l'homme qu'elle doit danser, pour ressentir cette excitation, encore plus.
La patte féline et perfide se soulève, brusque, et cesse sa montée avant d'atteindre le membre de l'homme. La bouche entrouverte, la petite sourit follement, doucereusement, tandis que la patte monte et dévore les derniers centimètres. Il suffit d'un instant avant qu'elle ne caresse la tentation maudite et se moque de lui, par son geste obscène. Et les menottes, dans un même geste, empoignent les avant-bas de l'homme. Elle le tient fermement en place, pour qu'il ne brise pas son emprise. Qu'il reste, et qu'il continue. Drekavac ignore pourquoi il est ainsi, pourquoi il fait cela ; l'identité des dites proies lui est inconnue et elle n'en a rien à faire ; la délicate démone ne veut que s'amuser et ressentir un peu de cette excitation morbide qui réchauffe ses veines si glaciales, par la température nocturne.  
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BUILDING CATHEDRALS OF SIN
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Rafaïl Charov
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HIVERS : : Quarante-trois. BRATVA : : Vostokovitch, la seule et l'unique. LABEUR : : Baron des voleurs et des faussaires. CAPACITÉ : : Ambroisie. NIV. : : Quatre. SYNDROME : : Un certain penchant pour le sang des chérubins. IMPOSTURE : : Érudit, bête de savoir, docteur en Histoire qui professe parfois son art pour les Profanes. STATUT : : Grand amoureux des flirts et de son célibat. ÉCHOS : : Enjôleur volage à l'intellect de génie. ROUBLES : : 298 TEINTE : : #669999 MÉFAITS : : 424 ID & GUEULE : : Odistole, Adrien Brody. CRÉDITS : : Odistole, Alas. ERRANCE : : 29/08/2016
Lun 14 Nov - 17:39
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no fear of the setting sun
La violence vulgaire, la violence sale, celle qui rendaient les mains rouges et noircissaient les âmes. Une violence que Rafaïl Charov avait toujours abhorrée. Le carmin, au-delà de sa couleur aux notes jouissives, tachaient chaussures et chemises. Le carmin, pour Rafaïl, n'était bon qu'à être dégusté à petites gorgées, tel le plus précieux des nectars. Toute effusion de sang était aux yeux du Baron un gaspillage sans nom, mais, parfois, il fallait bien se salir les mains. En outre, Charov savait pertinemment qu'il était celui qui encourait le plus de risques, de par son rang au sein de la Bratva. Savoir se défendre était primordial ; tuer, une éventualité à ne pas prendre à la légère. Mais Rafaïl n'était pas homme à prendre des décisions à la légère, ni à éliminer les possibilités les plus saugrenues. Qu'est-ce qui n'était pas saugrenu, de leurs jours ? La mort d'un gamin des rues ne ferait couler aucunes larmes, sinon celles de ses petits camarades. Rafaïl aurait bien volontiers éprouvé du chagrin si la colère n'avait pas pris le dessus sur sa personne, rendant ses proches desseins purement vindicatifs. Ça n'allait pas. Ça n'allait pas du tout. Il ne parvenait pas à croire que l'on ait pu s'en prendre à un enfant, qui plus est, l'un de ses petits moineaux, l'une des vignes de son champ. C'était comme si l'on s'en prenait directement à lui, aux yeux de l'Oupyr. Le colosse avait daigné quitter ses luxueux appartements pour partir en chasse d'un fantôme aux allures de gamine dévergondée. Une adolescente en crise s'étant jetée toute entière dans les bras de la Severovitch, certainement. Charov ne connaissait que trop bien la chanson, pour recruter lui-même ses faussaires et ses voleurs au berceau. L'esprit devait être malléable pour pouvoir le modeler à sa guise. Il fallait implanter là idées, doctrine, attitude. Il fallait en faire de parfaits petits soldats servant leur cause. Sa cause. Et il ne laisserait pas une écervelée de la Severovitch violer ses terres et son autorité.
La petite n'avait pas été difficile à retrouver. Rafaïl connaissait la débauche mieux que quiconque, et flairait ses partisans comme un barzoï en pleine chasse. Les ruelles des lieux nord des quartiers populaires étaient à elles seules une ode à la décadence. Le smartphone de la criminelle en herbe en poche, Charov ne pouvait nullement nier que ce petit détail l'avait grandement aidé à la retrouver. Et bien que ses premières intentions furent un assassinat rapide et sans compassion, Rafaïl se retrouva incapable de faire quoi que ce soit face à cette bouille angélique. La coincer contre ce mur avait été un véritable jeu d'enfant, et bien naïvement, il ne parvenait pas à croire que cette poupée de chiffon ait pu faire le moindre mal à qui que ce soit. Elle lui confirma son identité en clamant tout de suite être la propriétaire du smartphone lorsqu'elle l'eut sous les yeux. Rafaïl l'ignora royalement et rempocha le bien. Cette gorge frêle aurait tout aussi bien pu se tordre sous ses phalanges s'il y avait mis la force adéquate. Le Baron se trouvait une vocation de miséricordieux quand les prunelles glissait sur une moue qui ne lui inspirait ni haine ni dégoût. Une gosse, ce n'était qu'une gosse. Il la regarda se tortiller sous son emprise, gémir d'une manière que le colosse ne connaissait que trop bien. Il ne répondit rien quand elle lui fit remarquer qu'il lui serrait la gorge si fort. Il se contenta de froncer sourcils et de relâcher petit à petit son emprise, mais la voilà qui basculait la tête en arrière et exigeait plus de force. Au moment où il retirait ses mains, elle lui empoigna les avant-bras avec une force qu'il n'aurait jamais devinée, et l'expression de démence pure qui ornait les traits de la blonde fit reculer Rafaïl. Il s'arracha à ses petites mains fébriles et la dévisagea d'un air presque paternel. « Qu'est-ce que tu... » Obscène, la gamine. Et le Charov, lui, hésitait. Ôter une vie pour en venger une autre, ou se montrer clément face à une pauvre âme qui semblait damnée depuis longtemps. Il poussa un long soupir. « Rentre chez toi. » Avant que je ne change d'avis, martela l'esprit vindicatif qui le possédait. Rafaïl plaça sa main à l'arrière de son pantalon, à sa ceinture, là où se trouvait le couteau effilé dont il ne se séparait jamais. Car aussi démente et aussi jeune pouvait-elle être, ses petits oiseaux avaient été formels : elle avait tué leur camarade.
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BETWEEN GODS AND BEASTS
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Drekavac Lov
BETWEEN GODS AND BEASTS
HIVERS : : vingt plumes sombres au sein de ses ailes pures. BRATVA : : Severovitch BRANCHE : : les agonies salutaires. LABEUR : : simplette bratok aux idées saugrenues, elle trappe les âmes perdues et vend leur dépouille. CAPACITÉ : : théurgie. NIV. : : premier niveau. SYNDROME : : fascination romanesque et nécessité obscène pour la mort, pour l'éternel sommeil. IMPOSTURE : : c'est la fortune du père qui abreuve ses dépenses, mais sa folie se gave des instants passés au combiné, écoutant les plaintes des suicidaires, au centre anti-suicide. STATUT : : indomptable et ravageuse. ÉCHOS : : angélique créature aux ailes souillées. ROUBLES : : 58 TEINTE : : <lov> MÉFAITS : : 116 ID & GUEULE : : FERN CLIQUE : : koko. ESSOR : : 4\3 (nikita, raf, drago et darya) CRÉDITS : : Ratatouille. ERRANCE : : 02/10/2016
Dim 27 Nov - 21:32
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no fear of the setting sun

Elle veut ; veut plus, toujours plus, et demande, à geindre et à s'agripper. La diablesse se tend en entière, le dos courbé pour toucher ; et elle touche, oui, de ses menottes frêles, le danger qui la dévisage, sans comprendre. Elle le cherche de son souffle brisé et de ses geints plaintifs, de ses caresses lourdes. Le regard luit d'un éclat brisé ; celui qui est éternel, dans l'oeil de la princesse. Car elle est brisée, et ne cherche que des cassures de plus, contre sa porcelaine de chair. Elle demande, la martyr amoureuse, pour sentir cette caresse encore, contre sa chair. Pour plonger dans ce monde de souffrance, un pied dans le vide, le reste du corps dans la vie ; elle cherche ce moment éphémère, celui entre la vie et la mort, celui qu'elle a pu ressentir, une fois seule, et qui la nargue, toujours. Mais elles s'évadent ; elles s'évadent, les paluches qui serrent sa tendre gorge, et l'homme se recule. Il fuit d'un pas, presque surpris, dégoûté peut-être, face au démon qui apparaît, devant ses pupilles. C'est le voile qui disparaît brusquement et les cornes qui sont enfin visibles, sur le crâne de la barbie. Dans l'oeil pourtant, une tristesse certaine, une déception précise. Les lèvres abritent une moue qu'elle exagère et les menottes perfides tombent le long de son long blouson. La tête prend appui contre le mur, tandis que le dos reste courbé de désir, les hanches portées vers l'homme.
L'homme, ce triste personnage, ce triste mensonge, avec sa poigne et ses belles paroles. Elle le dévisage presque avec mépris, pendant qu'il semble réaliser tout ce qu'elle est. Et ce regard ; ce regard, trop présent, trop semblable à celui du père. C'est qu'elle cracherait à ses pieds, si on lui avait appris comment faire. Mais la gamine se contente d'hausser d'un sourcil, si nonchalante, toute en cherchant un chewing-gum, dans la profondeur de ses poches. « Qu'est-ce que tu... » L'oeil revient vers lui ; elle ose un rictus malin, attentive à la suite de sa réaction. Peut-être sera-t-il de nouveau intéressant ? Il serait bien dommage que l'inconnu ne soit qu'une courte attraction. Les divertissements sont si rares, depuis quelque temps. « Rentre chez toi. » Elle fronce des sourcils, colère devant de telles paroles. La mâchoire se serre brièvement avant que l'ange ne refasse surface, sur les traits opales de la sirène. Ô douce mascarade, elle se plait tendrement, dans ses propres jeux. Drekavac est seule connaisseuse des nombreux règlements de ses amusements.
La moiteur a disparu, entre les jambes de la princesse; pourtant, sous la jupe légère, elle peut encore sentir la morsure du froid, contre le nectar passé de l'excitation ressentie. Drekavac le dévisage, puérile presque, tandis qu'elle aventure ses doigts entre ses cuisses rosées ; une moue larmoyante traverse ses traits, une perle brille presque, au coin de ses yeux. « Il fait si froid, ce soir. » Les cuisses se pressent les unes contre les autres, et elle tente de réchauffer l'aine froide. De son autre main, elle serre son blouson contre elle, tentation lamentable, recherche de chaleur inutile. « N'avez-vous donc pas bon coeur ? Vous osez me réchauffer, pour ensuite me laisser dans le froid et exiger que je retourne à ma demeure. » La voix est plaintive, le minois douloureusement triste. Depuis la rue, quelques passants lancent un regard en leur direction, continuant pourtant leur avancée. Drekavac en joue, de ses spectateurs. Elle les aime tous, ces amateurs de mystères, ces êtres friands de curiosités.
La main quitte l'entre-jambe, mais le froid reste agrippé à sa chair. Alors, elle s'éloigne le mur. Drekavac s'avance d'un pas, léger, presque craintive. Le regard pur cherche celui plus sombre de l'homme, tandis qu'elle s'approche de sa personne. Elle baisse l'oeil, une seconde, presque timide, avant de le ramener vers lui. Les joues, tendres chairs mensongères, se teintent d'un rose délicat. « S'il vous plait, monsieur. Juste un instant. » Douces phalanges s'emparant des pans du manteau de l'homme ; elle l'ouvre d'un mouvement brusque, pour s'engouffrer contre son torse. L'oreille collé contre la poitrine de l'inconnu, elle écoute ; les battements de son coeur. Attentive, rictus au bord des lèvres, Drekavac se presse contre son torse, obscène, insolente. « Juste un instant » Qu'elle murmure encore, en si mauvaise - et pourtant si douce, alléchante - posture.   
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