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 L'antre du maudit (Kosta)

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BETWEEN GODS AND BEASTS
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Darya Kryssanov
BETWEEN GODS AND BEASTS
HIVERS : : Vingt-deux ans. BRATVA : : Vostokovitch BRANCHE : : Les courtoises convoitises. LABEUR : : Soldat de plomb à l'agilité féline. Voleuse délicate. CAPACITÉ : : Présage NIV. : : Premier SYNDROME : : La souffrance des mortels comme drogue. IMPOSTURE : : Couturière suppléante dans la boutique familiale quand les études le permettent. STATUT : : Les lèvres vierges d'un véritable sentiment. Le corps souillé par la débauche. ÉCHOS : : L'ancienne ballerine abandonnant ses rêves. La langue honnête ne cache rien. L'atroce vérité sur les lèvres. ROUBLES : : 410 TEINTE : : #669999 MÉFAITS : : 402 ID & GUEULE : : Peony; Camilla Christensen CRÉDITS : : Odistole ERRANCE : : 29/08/2016
Jeu 20 Oct - 23:46
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L'antre du maudit

 
It’s heartbreaking that you became a sad poem .
La clef se glissa dans la poche arrière. Unique morceau de métal qu'un anneau accompagnait. La précieuse pièce laissa sa trace creusée au centre d'une paume inquiète. Elle avait serré si fort l'objet qu'elle sentait encore sa présence contre sa peau rougie. Fantôme gardant les battements de cœur trop rapides entre les frêles côtes. Le curseur descendit le long des dents et le pied se libéra de l'emprise d'une botte bruyante. Deux chaussettes roses se promenèrent entre les trésors et vieilleries. Un tour dans la tanière du loup pour nourrir la curiosité vibrante. Un tour pour se contrôler et calmer le manque faisant vibrer son corps tout entier. La moitié manquante ne donnait plus aucun signe de son existence depuis deux lunes déjà. La messagerie regorgeait de messages plus ou moins sympathiques de la gamine blonde. Quel con. grogna-t-elle après avoir visité toutes les pièces du rez-de-chaussée. La demeure baignait dans une atmosphère faussement calme. Le silence fictif étouffait les murmures de l'angoisse habituelle. L’éternel sentiment gonflait les murs et le parquet rendant au passé une étincelle de vie. La bâtisse respirait au rythme de l'absence et le souffle chaud de Darya ne faisait que se joindre à la secrète mélodie.
Le rose s'éleva de marche en marche. La pointe des pieds se posaient sur les planches muettes. La pâle survolait sans un bruit les grinçantes. Les gémissements du bois semblables à des rires moqueurs ne devaient pas trahir sa présence. Créature délicate aux orteils de danseuse.  Invisible entre les murs. Une fois arrivée à l'étage, le faible chuchotement d'une cascade caressa ses oreilles. Voleuse intrépide, Darya se rua sans quitter sa bulle de silence sur la porte de ses espoirs.
Vide. Le néant. L'absence de vie dans cette chambre trop sombre. Trop triste. Elle tua le dernier rayon de lumière en fermant la porte. L'univers de l'autre, sous ses pieds, craquait à mille endroits. L'inanimé se plaignait de la séparation. Le royaume sans son souverain, ne devenait qu'un trou noir où les souvenirs s'engouffraient pour ne laisser qu'un sentiment d'étouffement et de solitude. La voleuse resta immobile un petit moment, laissant ses iris s'habituer à l'obscurité maîtresse des lieux. Elle connaissait cette pièce par cœur, mieux que son propre appartement. Baignée par le soleil ou noyée par les ténèbres. Le nombre de pas qu'il faillait faire pour atteindre chaque meuble ancré dans un coin de sa cervelle. Elle avança dans le néant. Quelques maigres silhouettes se dessinaient et des formes plus ou moins imposantes naissaient dans cette vision terne. Le corps tomba sur le matelas. Les draps déjà défaits étaient froids. Glacés pour celle qui recherchait la moitié évanouie dans l'indomptable nature. Elle se demanda depuis quand le corps chaud ne s'y était pas allongé. Les doigts agrippèrent le linge et l'ancienne ballerine se recroquevilla. Emmaillotée dans l'odeur appréciée d'un être aimé, la jeune femme soupira longuement. Il reviendra seul, comme d'habitude. Un à un les membres se déplièrent, la carcasse épuisée en ce milieu d'après-midi se retourna sur le dos. Les os craquèrent. Elle scruta de ses prunelles vides le plafond invisible.  
La lumière aveugla un court instant Darya. Encore enfermée  dans l'univers figé, le monde vivant mit du temps à reprendre ses tours. Elle n'avait passé que quelques minutes dans la chambre, l'eau coulait toujours au loin. Le bruit étouffé par les murs et les portes accélérait le palpitant. Elle savait parfaitement que l'habitant sous la douche n'était pas celui qui vivait dans son cœur, mais celui qui hurlait dans sa caboche. Obsession d'un nouveau genre. Le vieux n'était pas de ceux faisant briller les pupilles d'un désir ardent. Il était à part. Il rendait toutes les cellules affamées. Sa souffrance éblouissait, transperçait sa carcasse imposante. Ça le rendait beau. Les balafres que la grande garce avait apposées sur sa triste mine. Le regard de l'adulte voyait en lui ce que la gamine n'avait jamais aperçu. Un nouvel homme apparaissait et elle jubilait. Darya aurait dû prendre la direction de l'escalier. S'en aller, disparaître comme le fantôme qu'elle était dans cette bâtisse où personne ne l'avait invitée. Elle aurait dû, oui, mais c'est bien le contraire qu'elle fit. Sa paume quitta la poignée de porte tandis que ses pieds s'avançaient déjà vers l'interdit. La porte, reine de sa vision. Le panneau de bois respirait, laissant la douce fragrance des secrets s'échapper par les interstices. Elle s'y faufila telle une brise. Discrète et sans un bruit. Prenant le soin de refermer derrière elle. Son temps était compté. L'eau allait bientôt s'arrêter de couler et avec elle sa solitude. Ne sachant pas encore ce qu'elle voulait, être vue ou rester inaperçue, elle se hâte un minimum vers le premier meuble. Les tiroirs tentateurs cédèrent sous ses doigts. Darya n'hésita pas à fourrer ses mains entre les sous-vêtements afin d'y trouver ce qu'un homme tel que lui pourrait y cacher. Uniquement du tissu contre sa peau. Une déception, mais elle n'avait pas dit son dernier mot. Emportée par son envie de découvertes, elle oublia d'écouter. Sur le lit d'apparence confortable se reposait une boule rousse. La gamine attendrie par la bête se précipita sur les draps. Le ventre contre le matelas, elle caressait la tête du chat. Aucun secret ne pouvait rivaliser avec la créature peu aimable. Pas franchement mignonne, mais très douce. Nuggets, le sosie du propriétaire, mais qu'elle arrivait à amadouer plus facilement que l'homme. Elle se demanda bien des deux lequel avait les griffes les plus dangereuses. La porte s'ouvrit dans son dos. Les yeux se levèrent et le sourire s'agrandit. Trop Tard. Darya se retourna. Allongée sur le lit, le haut du corps était relevé pour mieux admirer. « Belle journée, n'est-ce pas? »
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Kosta Ukhar
BETWEEN GODS AND BEASTS
HIVERS : : cinquante et un an. BRATVA : : Vostokovitch. BRANCHE : : Les exquises traîtrises. LABEUR : : mangeur d'objets, vendeur de souvenirs ; Antiquaire. Simple homme, autrefois plus, maintenant mentor. CAPACITÉ : : Présage. NIV. : : Le quatrième. SYNDROME : : les souvenirs se confondent, bataillent et se débattent. Ceux des autres et les siens, éternel conflit, bataille infinie. IMPOSTURE : : Antiquaire de ses propres trésors. Il prend et vend les choses aux souvenirs multiples. STATUT : : Coeur souvenir, amateur de ressemblance, chimère des jours d'hier. ÉCHOS : : l'homme aux milles rumeurs, l'homme a l'unique silence. ROUBLES : : 181 TEINTE : : 993333 MÉFAITS : : 179 ID & GUEULE : : FERN. CLIQUE : : Drekavac ESSOR : : 4/3 (dada, lev, kat, dem ) CRÉDITS : : FERN. ALAS (sign) ERRANCE : : 03/09/2016
Sam 22 Oct - 19:57
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IT'S LIKE PIECES OF GLASS IN MY HEAD ALL THE TIME.
Un fracas ; la porte s'ouvre d'un geste brusque et l'homme observe, dévisage le néant de la pièce qui le nargue. Les néons faibles du cadran se moquent, affichant l'heure avancée : 14H58. Les jointures ne sont que perfidies ornées des crevasses bleutées ; la poignée reste fermement prisonnière de ses doigts, tandis que Kosta laisse son regard vagabonder pour la énième fois au travers de la chambre de son fils. Mais le vide. Il n'y a que le vide, trop lourd et vaste, sous ses yeux. Quelques vêtements sont naufragés sur le sol ; il ne peste pas, n'y touche même pas. Tout reste en suspens, comme son souffle, depuis quelques jours. Car le jeune adulte n'est qu'un fantôme à son esprit qui devient fou, lentement. Qui se tord et se contorsionne, incapable de saisir le vrai du faux. La chose est sous ses yeux, pourtant ; quelqu'un vit dans cette chambre. Mais l'homme ne peut comprendre, ne peut contrôler surtout, cette folie macabre et anxieuse qui se glisse dans ses pensées, souvenirs. Il ne sait plus ; il ne veut pas y penser. La porte se ferme brusquement et les pas claquent, contre le parquet. Les planches grincent de leur lourde mort, incapable de contenir leur pleurs. Car elles ne font que cela, depuis quelques années, mais Kosta s'est pris d'affection pour telle mélodie, si bien qu'il ne parvient pas à appeler quelqu'un, pour venir réparer la vieille demeure familiale. Alors elle pourrit, sous leurs pieds, comme ils sont tous en train de mourir, de l'intérieur. Un grincement à la fois, sous le poids des choses. Lourde est la paluche qu'il passe contre son front, tandis qu'il stoppe sa course démente au milieu du couloir. L'initié tente un regard vers la chambre de Daniil, encore ; il espère y entendre la voix du jeune, demandant avec sa miellerie habituelle un verre d'eau ou un bout de fromage, trop bien installé dans ses draps pour se lever, profitant des bonnes faveurs de son père. Mais rien ; qu'un silence, qu'un néant. Une absence trop grande et trop incertaine dans l'esprit du padre ; car il commence à se perdre, et la peur gagne de la place, dans ses veines. Elle vibre et apporte un tremblement certain, à ses phalanges usées.
La tête se secoue, de gauche à droite ; le Bratok n'a pas le temps, pour de pareilles conneries. Il sait, avec les années, qu'il ne doit pas se laisser entraîner par les entorses étranges de son esprit. Les souvenirs ne sont que des chimères rusées qui ne cessent de jouer avec sa pauvre carcasse. Peut-être ne gagnera-t-il pas le combat, au final, mais cette malédiction ne grugera pas tout, de lui. Un dernier regard à la chambre ; un dernier espoir. L'oeil s'y attarde un peu trop, et il foule quelques pas, pour être englouti dans une autre pièce. Les tissus salauds s’effondrent contre le sol les uns après les autres, au travers de gestes impulsifs, d'autres usés, plus lents. L'homme grimace, à sortir ses épaules de sa chemise ; car le corps fait ressentir ses vieilles blessures, avec l'âge, et l'esprit n'accepte pas, encore. C'est un oeil noir qui dévisage le reflet, remarque les cicatrices, les défaites qui siègent si bien, contre sa chair malmenée. Le peintre s'attarde sur son propre visage, si différent, triste et dur, comparé à ses souvenirs, avant qu'il ne s'engouffre dans la douche, ouvrant l'eau bouillante, martyrisant sa chair déjà rougie. Et elle ne fait que prendre d'autres couleurs, le long de ses poignets, profond, et contre la descente de son dos. On y devine les bagarres qu'il a connu, celles qui ont été plus douloureuses, d'autres moins loyales. L'homme reste là, presque en léthargie, bien droit et sans mouvements, la tête basse ; la chute brûlante glisse le long de sa chair, épouse chaque partie de son corps pour disparaître. Il ne sait ; Kosta ne sait pas, non, combien de temps il reste ainsi, avant de réellement prendre le temps de se laver, de nettoyer son corps qui pourtant, ne perdra pas de ses vrais saletés, de ses pures tourmentes. C'est l'esprit qui aurait le plus besoin d'un coup de savon, car la crasse y est si lourde qu'il ne peut plus s'y aventurer, sans lueur. Et elles sont difficiles à trouver, les lueurs, entre les paluches de l'homme égaré, épuisé.
Les crevasses prennent place, dans les paumes de l'homme. Il les dévisage un instant, avant de simplement éteindre l'eau. La carcasse reste naufragée ; il n'aborde aucun mouvement avant quelques secondes puis finit par agripper la serviette. C'est la tête qui disparaît un moment sous le textile, avant qu'il ne l'enroule autour de sa taille. Les vêtements restent abandonnés ; Kosta s'en fiche, n'a pas l'esprit à ça. La noirceur qui couloir qui l'accueille, encore. Par la fenêtre, une branche cogne pour se faire inviter, soumise aux vents de la saison, sous les pleurs des dieux. Douce mélodie, douce mélancolie ; le temps s'accorde aux sentiments, ou est-ce bien le contraire ? L'homme ne pourrait dire, sauf si ce n'est que tout est harmonie. Sauf une lueur. Une lueur, discrète mais hurlante, criarde par sa présence. Le faciès de l'homme se transforme pendant un instant, tandis qu'il lorgne cette fine ligne lumineuse, sous la porte de sa chambre. Aucun souvenir ne lui dit qu'il l'a laissé ainsi, lorsqu'il l'a quitté. Le coeur s'emballe ; il pense au fils, au disparu, celui qui avait cette habitude, toujours, de venir s'enfouir dans sa chambre, lorsque la météo devenait trop colérique. Alors il avance ; il avance d'un pas trop vite, Kosta, pour être calme. Les doigts s'emparent de la poignée et c'est le souffle qui se stoppe, une seconde, avant qu'il ne voit. Qu'il ne voit la petite souris, fière et souriante, en compagnie du chat ingrat. La créature observe la souris d'un oeil terne, sans même faire un geste, pour la dévorer. L'âge a eu raison de l'instinct de chasseur. « Belle journée, n'est-ce pas? » La mâchoire de l'homme se crispe et l'oeil miroite un reflet cristallin qu'il ne désire partagé. Serviette encerclant toujours sa taille, Kosta abandonne le cadre de porte pour aller vers ses tiroirs. La grimace qu'il aborde s'intensifie lorsqu'il aperçoit le tiroir à sous-vêtements, un poil ouvert. « Il pleut, Darya. » Ouvre le tiroir, prend un caleçon au hasard, toujours noir, avant de l'enfiler sous sa serviette. Il est las et si peu soucieux, l'homme, qu'il se contente de refermer le tiroir, avant de se tourner face à la jeune femme. L'oeil toise la petite, là, sur ses draps. C'est d'une plaisanterie, pareille vision. Si amusante et triste qu'il aborde l'ombre d'un sourire, avant de pencher sa tête vers l'avant, une seconde, tandis que ses épaules tressautes. Épuisé, qu'il est. Kosta ne sait plus, non, où donner de la tête. Il sait si peu de choses, et ne demande qu'à en connaître une seule, unique. Et la question s'évade de ses lèvres dans un souffle presque anxieux; « Daniil. Est-il toujours vivant ? » L'oeil laisse miroiter le poids de son inquiétude avant qu'il ne détourne les yeux, le corps, regrettant déjà sa question. Car il n'aime pas ; n'aime pas montrer le résultat de ses souvenirs brouillés, de ceux qu'il récolte, avec le temps.
Mais sa propre question lui extirpe un rire cru, brisé. L'homme passe une main sur son visage, pour essayer de le faire, mais n'y parvient pas réellement. Le rire malsain se transforme presque en un sanglot, subtil, avant qu'il ne soupire brusquement, pour chasser la tension. Une nouvelle fois, il se tourne vers la commode ; cherche autres vêtements pour habiller sa carcasse, pour chasser de son esprit les tourments horribles qui lui torturent les trippes, depuis trois jours, maintenant. C'est qu'il est seul, le Bratok, dans sa lourde demeure, et l'écho du silence ne cesse de titiller les noirceurs de son esprit, pour éveiller les pires pensées, les pires craintes. Car sa cage, la plus sombre et la plus douloureuse, reste le silence. Celle qui prend tout, et qui hurle si fort, qu'il n'entend plus rien. Rien, sauf ses propres pensées, ses propres gestes, son propre souffle. Les doigts bousculent les tissus dans le tiroir, à la recherche d'une chose qu'ils ne trouvent pas ; et l'homme se tend, au fil des secondes. La tension s'accumule dans son corps ; les phalanges se retrouvent, rassemblent, et le poing se forme, avant qu'il ne le fracasse contre le tiroir, le fermant. Le meuble tangue une seconde sous le coup, et la main murmure sa douleur. Kosta reste immobile, dos à la jeune femme. Lourde est la carcasse de l'homme sans mouvements, comme la tension, avant qu'il n'amorce un pas. Le poids du monde semble lui peser sur les épaules, comme le silence de ses gestes, tandis qu'il se laisse choir contre le rebord du lit. Entre les mains se réfugie le visage du martyr ; il cache sa faiblesse, sa peine. Car dans les pupilles de l'homme, le reflet de son désespoir est immense, comme l'inquiétude de ses peurs. Il tremble, le corps pourtant solide, immense, par une peur infinie qui prend la moindre parcelle de ses pensées ; son fils. Il pourrait croire à des larmes, dans ses traits tirés, lorsque Kosta tourne son visage vers la jeune femme. Il l'observe avec cette fragilité si puissante, si vive qu'elle enlève le souffle ; . « Où est-il, Darya ? » Et la question est d'une tristesse, d'une détresse si lourde. C'est que nugget en vient à venir quémander des caresses, presque conscient de la tourmente de son maître. Pour seul bruit, le ronronnement usé du chat, le museau se frotte contre le bras de l'homme, réconfortant. Rictus grimaçant se frayant un chemin sur les lippes de l'homme, avant qu'une main ne s’effondre dans le pelage dense de l'animal.
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Darya Kryssanov
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HIVERS : : Vingt-deux ans. BRATVA : : Vostokovitch BRANCHE : : Les courtoises convoitises. LABEUR : : Soldat de plomb à l'agilité féline. Voleuse délicate. CAPACITÉ : : Présage NIV. : : Premier SYNDROME : : La souffrance des mortels comme drogue. IMPOSTURE : : Couturière suppléante dans la boutique familiale quand les études le permettent. STATUT : : Les lèvres vierges d'un véritable sentiment. Le corps souillé par la débauche. ÉCHOS : : L'ancienne ballerine abandonnant ses rêves. La langue honnête ne cache rien. L'atroce vérité sur les lèvres. ROUBLES : : 410 TEINTE : : #669999 MÉFAITS : : 402 ID & GUEULE : : Peony; Camilla Christensen CRÉDITS : : Odistole ERRANCE : : 29/08/2016
Ven 4 Nov - 23:41
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L'antre du maudit

 
It’s heartbreaking that you became a sad poem .
La vieille carcasse luisait de propreté. Encore bien foutu pour son âge, elle ne loupait pas une ligne corporelle de son regard curieux. Mieux qu'elle n'aurait pu l'imaginer ou même fantasmer. Peu importe le regard rapide qu'il lui accorda, Darya se plaisait à observer son anatomie dorsale qu'il lui présentait. Bien bâti l'homme, mais ça elle n'en avait jamais douté. Les jeunes iris dégringolèrent le long de l'échine et apprécièrent la courbure musclée d'un fessier qu'elle ne pouvait qu'imaginer. Elle pouvait admirer, mais savait pertinemment qu'elle ne goûterait jamais à la douce essence blanchâtre du peintre. C'était pas plus mal. Ils étaient plus intéressants quand ils ne s'étaient pas essoufflés entre ses pâles cuissots. Le chat avait perdu toute l'attention qui s'était posée sur le lion sans crinière. Elle appréciait la plus belle œuvre du peintre, lui-même. Darya l'imagina batifoler avec passion sur le lit qu'elle occupait. S'éprendre pour des inconnus l'espace d'une nuit chaude. D'aussi loin que la gamine se souvienne, Kosta avait toujours éveillé en elle une certaine curiosité et surtout une imagination très...débordante. Ukhar représentait l'homme mature, l'expérimenté que les gamines pouvait désirer secrètement. En tout cas aux premiers abords car en grattant le surface respectable, c'était la pourriture qui s'insinuait sous les ongles. Fou, violent et complètement inattendu. Lors de sa dernière visite, la voleuse avait appris que le croque-mitaine était chauve et qu'il pouvait se montrer paternel. En réalité, elle était complètement perdue avec lui. Ne sachant plus quoi en penser. A la fois obsession malsaine intouchable et une figure qu'elle aimait plus que son propre géniteur. Elle portait plus de respect à celui qui avait fait rougir son menton qu'à son propre père. Tout était plus fort qu'elle, ce besoin de jouer, de séduire pour le mettre mal à l'aise. Lui prouver qu'elle était là. Qu'elle existait et qu'elle mourrait d'envie d'avoir son attention et un peu d'affection. Un père qui ne serait pas son patron.  «Et ? Ce n'est pas la météo qui rend une journée belle, mais ce qu'on en fait. » Il lui fit face et elle sourit. Le sourire qu'il lui donnait un petit air innocent. Les joues encore pleines d'une enfance pas encore totalement terminée. Le haut du corps relevé sur les coudes, la situation était étrange. Elle l'avait déjà vécu avec petit Ukhar, mais le vieux Ukhar c'était quelque chose...de complètement différent. Les lèvres s'ouvrirent pour laisser filer un compliment calculé sur le caleçon, mais la voix grave s'interposa. Tuant dans l’œuf son envie de plaisanter.
Son prénom ricocha de synapse en synapse jusqu'à ce que l'ordre de contracter le cœur de peur fut émis. Le sourire se transforma en pincement. Puis en morsure. Elle se mordit si fort la lèvre qu'elle sentit perler un peu de carmin qui roula sur le bout de sa langue. Elle avait si mal, mais ce n'était rien comparé à ce que semblait vivre Kosta. Elle aurait dû cracher sa connerie plus rapidement et moins laisser balader ses yeux vicieux sur la silhouette qui ne voulait pas d'elle. Silencieuse plus que jamais. Aucun mot ne se jetait contre les parois sanguinolentes de ses lèvres encore pincées. Darya ne voulait pas en parler. Pas avec lui. Surtout pas qu'il se montrait si affecté par cette absence. Pourtant il aurait dû y être habitué. C'est ce qu'elle aurait pensé  alors qu'elle ne l'était pas elle-même. Visiblement durant toutes ces années, la belle avait sous-estimé cette relation entre le père et le fils. Et alors qu'il se montrait angoissé, égoïstement elle ressentit de la jalousie envers Daniil. Elle aurait tant aimé être à sa place. Savoir que son père se torturait l'esprit pour la savoir saine et sauve. L'unique chose qui inquiétait le vieux Kryssanov était la réputation de sa boutique. Sa fille n'était qu'un détail durement acquis mais dont il ne savait même pas apprécier sa valeur. Kosta faiblissait d'un désespoir parental tandis que Darya brûlait d'une jalousie incandescente. Petit con. Vivement son retour qu'elle lui fasse payer sa connerie. Le petit Daniil ne savait pas ce qui l'attendait en rentrant à la maison, si son père serait soulagé, Darya, elle n'hésiterait pas à lui abattre cruauté et claques verbales sur le bout de son nez. Le dos de sa main passa sur sa lèvre blessée et fit disparaître toute trace de son angoisse. La bouche reprit doucement sa couleur rosé. Le corps sursauta en entendant la violence du poing contre le meuble. Tellement mal l'ogre, qu'elle eu peur de voir naître un accès de folie, mais le calme prit place. Lourd. Affreusement lourd.
L'invitée recula soudainement alors que le propriétaire se laissa tomber sur le coin du lit. Jamais elle n'a vu un homme dans cet état. Même pas son père après tous les cadavres que l'utérus maternel balançait généreusement. Une bouffée de chaleur remonta brusquement et entreprit de l'étouffer. L'inquiétude la gagna tellement rapidement que sa vision se brouilla dans un surplus de liquide lacrymal. Pourtant rien ne glissa sur ses joues vermillon. Elle pensait déjà vivre le pire, mais il lui présenta son regard fragile. Darya hoqueta un sanglot muet. L'ogre n'était que faiblesse alors la souris devait être forte. Pour elle. Pour lui. Pour eux. Imitant rapidement le chat, Kryssanov se releva avec agilité. S'approchant à quatre pattes de la détresse. Ses mains furent les premières à prendre le contact sur cette peau encore nue. Contrairement au début, ça n'a plus rien d'excitant ou même d'appréciable. Elle laissa courir sur les épaules ses phalanges maladroites qui ne savaient pas réellement quoi faire. Elle déposa un baiser chaste, fait pour le réconforter sur la nuque qui se présentait naturellement à elle. « Je sais pas. » L'atroce vérité se murmure toujours afin d'atténuer la peine. La gamine retenait sa propre douleur dans cette cage thoracique qui ne demandait qu'à laisser exploser les sanglots. « Mais il va revenir. Je le sais, je le sens là. » Les ongles manucurés se posèrent à l'emplacement du cœur de l'homme. Sous cette dure cuirasse devait bien y avoir un organe meurtri. « Il va revenir et je vais le pourrir comme à chaque fois. »   Son rire amer s'éteignit presque aussitôt. Ses bras se refermèrent sur le haut du corps de Kosta. La tête blonde se déposa sur l'épaule. « En même temps ça te surprend ? »  Sa tête se redressa aussitôt à peine quelques secondes après s'être posée. Le buste se redressa pour prendre quelques centimètres. « Tel père tel fils. Il est aussi con que toi. »  La voix encore pleine d'une tendresse étrange. Un nouveau baiser sur une jolie tempe. « Je dois bien être la seule à vous supporter. »  Darya tentait d'apporter un peu de légèreté à la situation. Chasser la lourde angoisse qui rendait la pièce irrespirable. Si ça continuait ainsi, elle allait craquer et pour Kosta, elle ne pouvait se le permettre.
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Kosta Ukhar
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HIVERS : : cinquante et un an. BRATVA : : Vostokovitch. BRANCHE : : Les exquises traîtrises. LABEUR : : mangeur d'objets, vendeur de souvenirs ; Antiquaire. Simple homme, autrefois plus, maintenant mentor. CAPACITÉ : : Présage. NIV. : : Le quatrième. SYNDROME : : les souvenirs se confondent, bataillent et se débattent. Ceux des autres et les siens, éternel conflit, bataille infinie. IMPOSTURE : : Antiquaire de ses propres trésors. Il prend et vend les choses aux souvenirs multiples. STATUT : : Coeur souvenir, amateur de ressemblance, chimère des jours d'hier. ÉCHOS : : l'homme aux milles rumeurs, l'homme a l'unique silence. ROUBLES : : 181 TEINTE : : 993333 MÉFAITS : : 179 ID & GUEULE : : FERN. CLIQUE : : Drekavac ESSOR : : 4/3 (dada, lev, kat, dem ) CRÉDITS : : FERN. ALAS (sign) ERRANCE : : 03/09/2016
Dim 6 Nov - 20:59
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IT'S LIKE PIECES OF GLASS IN MY HEAD ALL THE TIME.
Elles s'accrochent aux courts cils de l'homme, les larmes fugaces. Kosta ferme les yeux avec puissance, pour les faire taire, les effacer, mais elles restent, comme des naufrageuses qui ne veulent pas, non, sauter dans le vide, affronter la cruauté du monde entier. Et il pince ses lèvres ; il pince ses lèvres et contient toute cette démence, cette inquiétude qui déferle dans ses veines trop abîmées, déjà. C'est un malheur classique, presque hebdomadaire. Une habitude, maintenant, de ne pouvoir trouver le gamin dans ses draps ou n'importe où, dans la grande demeure. Un fantôme habitant les lieux, hantant son esprit si fragile. Il croit. Il croit, parfois, souvent, que le gamin s'est effacé. Un souvenir collé comme tant d'autres, qu'un éclat venant d'un objet quelconque, et qu'il est seul. Seul, dans pareille demeure ; seul, dans sa vie et dans son enfer. Et il serre les dents, les doigts, pour ne plus y penser. Car il aimerait ; aimerait faire taire toute cette chose qui le malmène jour après jour, sans oublier les nuits, qui deviennent trop agitées, qui lui sucent ces maigres heures de sommeil auxquels il peut bien avoir droit. Il perd. Il perd pieds dans ce monde si confus, ferme les yeux et ne sait plus, toujours, trop souvent, qui est là, qui ne l'est plus. Après tout, peut-être peut-il imaginer un esprit, dans les parages ? Daniil pourrait bien être mort, le fantôme se baladant entre les murs sombres de la maison, incapable de fuir les lieux. C'est qu'il le verrait, toujours, de par son don, éternel. Une torture sans fin, si contraire à l'absence de Sergueï, dans sa vie de toutes les jours. Mais il oublie ; il oublie la torture qu'est cette pensée, malgré le fait qu'elle ne cesse, toujours, de caresser sa peau avec une ardeur presque indécente. Comme si le monde, si cruel, tentait de lui faire perdre pieds, de le balancer sur le bord du gouffre, pour qu'il tombe et ne fasse plus rien, sauf peut-être mourir un peu plus vite, enfin. Il essaie ; essaie de voir clair, de se souvenir des derniers moments partagés, de se faire une liste mentale, courte et fragile, des quelques certitudes qu'il peut bien avoir, mais tout s'effrite, toujours plus vite, et il ne peut, non, garder pieds sur cette pente trop abrupt, la pluie déferlant sans cesse.
Et elles restent là ; frêles témoins de son calvaire, elles restent contre ses cils, et l'homme ne les chasse pas. Car il ne veut pas, non, avoir cet aspect de l'être faible, contre sa propre chair. Il les laisse sécher ou du moins tente, tout en respirant lentement. C'est l'esprit qu'il essaie de faire taire, par tous les moyens possibles, et c'est encore l'esprit qui gagne, trop puissant, la bataille perdue d'avance. Et les doigts, les phalanges usées perdues dans le pelage du chat qui se crispent trop brusquement, faisant grogner l'animal qui, dans un geste vif, s'éloigne.
Triste, lourd.
Triste et lourd ricanement, oui, au bord des lèvres de l'homme.
La main de Kosta ne bouge pas, reste intacte et il observe la gamine, sa gamine presque, avec ce désespoir si lamentable, dans l'oeil et les traits. Il est comme une imitation grotesque de sa personne, comme si un artiste amateur avait tenté, de par ses doigts si malhabiles, de dessiner sa personne. Et pourtant, le voici pourtant véritable, si brisé qu'il ne veut mieux pas déposer les pieds sur le sol, sous peine de se couper.
Et il penche ; penche sa pauvre tête vers l'avant tout en inspirant, lentement, lourdement, incapable de savoir réellement quoi faire, pour calmer pareille torture. Car il sait ; sait que le bourreau n'est autre que lui-même, et que la douleur n'est que l'écho d'elle-même, car il ne cesse, sans cesse, toujours et éternel, d'y penser. Il est cette main trop habile qui tourne la lame au creux de la tendre plaie, pour savoir si elle est véritable. Et armé de la mémoire d'un poisson rouge par les années, il ne cesse de répéter le geste, encore et encore, pour en avoir la certitude.
Délicat, presque doux sursaut, sur la peau. Contre la carcasse encore brûlante, les doigts frais de la petite ; les iris se ferment avec soulagement, le geste apporte un réconfort. Un réconfort presque maternel, trop doux, presque inconnu à l'homme, pour ne pas y avoir goûter depuis des années, déjà. Car elles ne sont plus, les femmes, dans sa vie. Elles se sont effacées et aucune n'a pris place, sauf peut-être la gamine, car il n'a pas su résister. C'est que la prunelle, un jour, s'est posé sur le minois grassouillet de la petite, et le coeur s'est emballé d'une tendresse alarmante. Et il sait ; sait que le sentiment est vrai, car si ses traits sont semblables à ceux de sa légumineuse de cousine, Agata, l'émotion ressenti est cruellement contraire. Peut-être reste-il, de par sa nature désenchantée, un être de violence et de barbarie sans retenues, Kosta conserve malgré ses tourments cet éclat pur et délicat, envers la souris, d'une lueur presque aussi vive, sinon égale, à celle de Daniil. Deux lampions aussi usés que lui, au travers de la noirceur abysse de sa vie.
Elles tombent, quelques unes du moins, de par le chaste bec déposé contre la peau usée. Et dans tout son corps, lorsqu'elle dit qu'elle ne sait, un sursaut puissant, difficilement retenu, sanglots internes. L'homme expire brusquement, le corps parcouru d'un lourd tremblement, essaie de se contenir. Et si au creux de ses entrailles la rage s'éveille, elle reste écrasée par les marées de tristesse, s'y noie presque. « Mais il va revenir. Je le sais, je le sens là. » Perfides phalanges, contre le torse abîmé de l'homme ; si elle sent les cicatrices lourdes de sa misérable vie, coups de canons et lames aiguisées, la petite se tait à ce sujet. Peut-être sait-elle que dans leur monde, il n'y a pas d'autres normalités, et qu'ils se perdent dans les douleurs éphémères, pour se plaire dans les extases moindres. « Il va revenir et je vais le pourrir comme à chaque fois. » Si elle rit, il pleure. De tourments silencieux et aiguisés, contre ses joues mal rasées. Les poils poussent, lents, et il n'a pas eu de temps, non même l'envie, pour les raser. La pression des bras, contre son torse et son corps entier, lui permet presque de respirer normalement. « En même temps ça te surprend ? Tel père tel fils. Il est aussi con que toi. Je dois bien être la seule à vous supporter. » Et elle calme. Par ses paroles ou par le baiser contre le crâne chauve de l'homme, elle calme la tempête, du moins une parcelle. Il rit ; pas un fragment, ni même une cassure certaine. Non ; un éclat presque pur, à peine étouffé. La paluche de Kosta s'écrase contre son visage et il essuie grossièrement ses larmes traîtresses, le rire lui prenant les tripes, bas et calme, délicat.
De l'autre main, il cherche à l'aveugle ; les doigts finissent par se poser contre la joue de la jeune femme, son visage toujours là, proche de sa tempe. Et il caresse, d'une douceur si contraste avec la marque qu'il lui a fait, de nombreux jours plus tôt. D'une douceur qu'il s'était oublié possédé, presque étrangère à son allure de brute. Une maladresse certaine du bout de ses lourds doigts, il effleure la chair avec gaucherie, les remerciement prisonniers sa gorge serrée. Le reniflement lourd qu'il se permet ne rend que la scène plus véritable. « En effet, tu dois bien être la seule... » Les paroles s'évadent de ses lèvres à mi-ouvertes. Les larmes restantes se voient effacées comme les autres, et dans ses entrailles, les tourments murmurent leur mélodie si entraînante, possédés. A-t-il beau inspirer et expirer comme il se doit, le corps reste encore braqué, pourtant. Car Kosta est las, las et vieux, trop vieux pour de pareilles choses. Si le corps est usé, l'esprit n'est qu'un ensemble de fragments éparpillés un peu partout, et la carte aux fragments n'a jamais été inventée. L'un des éclats est coincé contre deux sanglots incomplets ; les interrogations trop nombreuses à propos du garçon. Les tourments tortionnaires qui le prennent et l'emmènent plus loin encore dans les abysses de sa personne. Il se noie, la bouche grande ouverte, les yeux figés sur cette bouée, sur Darya, là, proche du large. La lueur est loin, si loin, mais si tendrement réconfortante. « C'est de la faute, n'est-ce pas ?» Le souffle est lourd, les paroles encore plus. Car il se la pose, la question, encore et toujours, sans jamais parvenir à trouver de véritables réponses. Kosta sait ; sait qu'il n'a pas été un bon père, au cours des dernières années, et la mort de son amant n'a pas aggravée les choses, voilà bien le pire. C'est l'avant qui était l'abysse des enfants, et le maintenant qui passable. Il sait ; sait avoir fait son possible, malgré ses violences et ses agitations trop brusques, ses conneries alcoolisées et injectées, mais les doutes se lorgnent et se moquent, en silence. Il ne sait pas, le Bratok, s'il a été le père idéal, pour le garçon. Mais n'y a-t-il pas de pères idéaux, justement ? « J'ai oublié la dernière fois. » Il sourit tristement. Si tristement, tandis que ses doigts cherchent une prise, l'une des mains de la petite, à tenir. « La dernière fois où je lui ai dit que j'étais fier de lui. » Pas de son parcours, ni même de son emploi dans la boutique. Juste de sa propre personne, de son caractère si doux, si extérieur à pareil monde ; de son innocence et de sa beauté. Il sait, le père ; sait que ce monde est trop brusque pour un pareil enfant, et il se hait, souvent, pour lui avoir permis d'avoir une place, dans pareille noirceur. Se perd-il, dans la noirceur ? Daniil est-il en train de s'égarer ?
Les questions déferlent, vivement. Et l'homme se dégage, presque aussi rapidement. De ses doigts, il tient encore la main de Darya, et lui fait face, toujours pivotant. « Il va bien ? Daniil n'a pas de problèmes ? » Il ne remarque pas, Kosta, que ses doigts sont comme des crocs, comme ceux fragiles de la petite danseuse. « Tu me le dirais, n'est-ce pas ? » L'oeil est fou ; fou de tourments, d'inquiétudes.
les nouveaux sauvages

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L'antre du maudit (Kosta)
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