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 SWEET LITTLE TALKS. (nikita)

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BETWEEN GODS AND BEASTS
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Drekavac Lov
BETWEEN GODS AND BEASTS
HIVERS : : vingt plumes sombres au sein de ses ailes pures. BRATVA : : Severovitch BRANCHE : : les agonies salutaires. LABEUR : : simplette bratok aux idées saugrenues, elle trappe les âmes perdues et vend leur dépouille. CAPACITÉ : : théurgie. NIV. : : premier niveau. SYNDROME : : fascination romanesque et nécessité obscène pour la mort, pour l'éternel sommeil. IMPOSTURE : : c'est la fortune du père qui abreuve ses dépenses, mais sa folie se gave des instants passés au combiné, écoutant les plaintes des suicidaires, au centre anti-suicide. STATUT : : indomptable et ravageuse. ÉCHOS : : angélique créature aux ailes souillées. ROUBLES : : 58 TEINTE : : <lov> MÉFAITS : : 116 ID & GUEULE : : FERN CLIQUE : : koko. ESSOR : : 4\3 (nikita, raf, drago et darya) CRÉDITS : : Ratatouille. ERRANCE : : 02/10/2016
Ven 14 Oct - 21:57
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Il y a cette lueur furtive, dans l'oeil de la jeune femme, de l'ange maudite. Elle observe, silencieuse, tandis que le sang déferle contre le bitume humide de l'antre enfoui. Elle dévisage, la prunelle trop attentive, fascinée par les mouvements de l'homme, face à elle. Ils portent en eux, sans savoir, sans qu'il sache, les souffles nombreux et entrecoupés de la jeune femme. Car elle le retient, lorsqu'il enfouit ses mains avec délicatesse dans le carmin profond pendant quelques secondes, avant d'en sortir un trésor précieux. Et elle dévore ; elle en dévore chaque seconde, assise dans un coin, dans un ombre, pour camoufler, si mal, la mouille de son chaton. Drekavac presse ses cuisses avec conviction ; le fessier sur le bord de la chaise, elle y frotte son petit corps, frôlant le plaisir coupable. Tente de se retenir, porte son attention ailleurs, essaie du moins, en se limant les ongles. Mais les lèvres sont pincées pour retenir des geints et l'oeil reste luisant par la vue de tant de sangs. Elle ne demande qu'à s'avancer, pour y enfoncer ses menottes. Qu'à toucher le liquide qu'elle imagine bouillant, tendre. Mais elle reste ; sage créature, fine sirène admirant son poisson se faire vider, sans pouvoir goûter. Ses crocs s'enfoncent dans sa lèvre, pour y faire perler une larme de sang ; la princesse y glisse lentement sa langue, pour la capturer. Sur sa chair fraîche, le regard de l'homme, du boucher. Elle baisse les yeux, la petite angelotte, rougissante presque, limant ses ongles avec plus d'ardeur, si cela est possible. C'est qu'il disparaît presque, fait couler sa sueur rougeâtre sous les coups aiguisés, l'ongle, avant qu'elle ne se calme un instant, pour observer de nouveau. Il ne regarde plus. Peut-être ne la regardait-il pas, au final. Drekavac pince ses lèvres, l'esprit dans les vagues émotives. Elle glisse jusqu'au fond de la chaise, laisse certainement, de par sa jupe ne cachant aucune culotte, la luisance de son plaisir contre le métal froid.

Elle voit, enfin. La poupée dévisage l'ongle sanglant, intriguée par son triste sort, enchantée par la même occasion. Elle l'apporte à ses lèvres et ferme les yeux, tendrement, par le fer qu'elle goûte, sur le bout de sa langue. Les pupilles s'ouvrent après un moment, et elle se lève. Nikita lui tourne le dos, maintenant, loin du mort, loin de l’intérêt de la jeune femme. Le pas est léger ; la poupée s'avance en dansant presque, sur ses escarpins si haut perchés. Le pied glisse sur la flasque de sang ; elle en frissonne, les tétons s'hérissent. « Oh. »  Les mains se portent contre sa poitrine et l'oeil dévisage, fasciné. Une seconde passe, avant qu'elle n'ose ; les pieds quittent les chers escarpins et s'enfoncent dans le liquide alléchant. Ballerine torturée, elle fait une demie lune, de la pointe de ses orteils, avant de sourire légèrement. Les derniers pas, elle les fait en traînant ses pieds sur le sol vermeil, captivée par les vagues de mort qui dansent sous elle. La jeune femme ne s'en cache pas, de ce plaisir morbide pour la mort. Nikita sait déjà, depuis longtemps. Il y a plus d'un an maintenant qu'elle est apparue, comme une fleur, dans sa vie. Qu'elle s'est glissée dans sa tanière meurtrière et qu'elle a demandé d'apprendre, de faire parti de son petit travail, mais d'une autre manière. D'assister, toujours, après qu'elle lui ait ramené un homme, au travail de moine qu'il faisait. Être pur d'apparence, elle lui a dévoilé la noirceur première de son âme. Mais silencieuse, elle est restée. Toujours attentive, toujours sereine, pour apprendre, comprendre. Il faut un temps, à l'ange maudit, pour comprendre ce qu'elle apprécie, ce qui ne lui plait pas.

Et les jours se passant, le nectar précieux entre ses cuisses se fait de plus en plus rare. Car elle sait, quelque part ; elle sait, Drekavac, qu'elle a besoin de plus. Et elle le connait, ce nirvana. Elle y a déjà goûté, à cet extase précieux ; celui qui a fait bouillir son ventre tout entier, jusqu'à l’exposition. La sensation est si lointaine qu'elle pourrait en pleurer, par le manque. « Si lâches... » Elle sourit simplement, en effleurant du bout des doigts le corps, éventré, grand ouvert, sous ses yeux. Sur la pointe des pieds, elle s'approche du visage, dépose un baiser léger contre les lèvres, mais long, et se redresse. L'oeil innocent observe Nikita ; le visage de la pureté, des lèvres sanglantes. « C'était ennuyant. » Moue, sur les lèvres charnues.  Drekavac retire ses menottes du corps, avant de les essuyer sur sa jupe perfide. L'éclat la captive, l'émerveille. « Découper un corps ici ou chez le boucher. Quelle est la différence, dis- moi ? »  Un pas, elle s'avance. Rouges sont les mains qui se posent sur le bureau où se trouvent les outils de découpe. Entre ses fins phalanges, l'un se fait capturer. « Une dépouille dépourvue de mouvements, de peur. Une simple chair à découper comme un steak, pour le repas. » Soupir lourd ; la lame aiguisée effleure la peau de sa paume, fait perler quelques sanglots. Elle observe, Drekavac, sans douleurs, tourne ses pupilles clairs vers Nikita, si innocente, d'expression. « Qu'un rouge s'écoulant, sans sa mélodie. »  Moue, encore. Elle ne cesse, fillette boudeuse, essuyant encore sa main sur la jupe maintenant bourgogne par endroits. Un soupir, encore, et elle croise ses bras contre sa poitrine, enfant capricieuse.

Mais le travail attend, toujours. Les organes sont précieux et le quota n'est pas encore atteint, pour la soirée. Alors, elle tente d'oublier son morbide caprice et s'éloigne. De ses doigts, elle capture ses escarpins au passage et va prendre une linguette humide et propre, avant de retourner sur la chaise. Assise sagement, elle nettoie le carmin sur ses orteils, ses pieds et ses doigts, tranquillement. Minutieuse, poupée délicate, elle chasse la moindre larme sanglante de sa chair avec expérience.
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BETWEEN GODS AND BEASTS
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Nikita Noskov
BETWEEN GODS AND BEASTS
HIVERS : : trente-huit. BRATVA : : la viande et les putains; la Severovitch. BRANCHE : : agonies salutaires. CAPACITÉ : : Théurgie – niv. 3. SYNDROME : : érythème noirâtre, démangeaisons féroces. IMPOSTURE : : les mains dans la bidoche d'un abattoir, en attendant le soir. ROUBLES : : 174 MÉFAITS : : 184 ID & GUEULE : : para bellum CRÉDITS : : CARNAVAGE. ERRANCE : : 02/09/2016
Ven 28 Oct - 13:36
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Obscène odeur ferrugineuse. Goût d'acier éclaté sur le palais. Rouge saturé vendu, exhibé. On respire la chair, la viande, la barbaque, ad nauseam. Lui n'y prête plus attention depuis longtemps ; les remugles doucereux sont là sans l'être, dernières traces de carcasses anonymes attendant l'oubli. Combien de nuits passées au creux des Agonies? Trop, sûrement. Assez pour que chaque geste soit purgé de toute pensée, vide, instinctif. Il fait, et ne songe pas. La scie dévore un thorax, tranche derme et tendons ; les côtes cèdent, s'écartent, s'ouvrent toutes grandes et, sans attendre, des pognes gourmandes s'enfoncent dans le trou érubescent, à la recherche de leur provende d'abats. Avalé jusqu'aux avant-bras, il lève alors les yeux vers la môme. La môme. Étrange présent que les dieux lui ont fourgué entre les pattes. Le cul sur une chaise, elle se tortille et lime ses griffes. Elle le regarde, il la regarde. Elle est belle, la môme. Séraphine fragile et impie, elle est la contradiction terrible. Les cuisses délicates qui se mouillent pour d'étranges appétits, le minois qui fuit sous l'assaut d'une pudeur malvenue ; l'intervalle singulier entre la parfaite chrysalide et ce qui pousse, souillé et tordu, en son sein. Une seconde qu'ils se jaugent, une seconde qu'ils se toisent, la raison bâillonnée, l'âme affamée. Une seconde, puis elle retourne à son limage. Lui à sa besogne.

Un myocarde est extirpé de la carcasse, lavé, pesé. On s'éloigne du macchabée pour mieux s'occuper de toute la paperasse annexe ; chaque organe se doit d'être inspecté et recensé, avant d'être  livré sur le marché. L'exercice est foutrement contraignant, surtout quand il s'agit de déchiffrer les graphèmes inscrits sur les papelards – à dire vrai, le bratok remplit souvent les cases de mémoire, déployant une orthographe plus ou moins approximative lorsque des précisions s'avèrent nécessaires. Cet interlude lettré lui semble bien plus ardu que de suriner n'importe quelle artère, et ô combien emmerdant. Tout ça bouffe un certain temps.

Quand il revient à son ouvrage premier, Lov n'est plus sur son siège ; pattes et babines tâchées de rouge, c'est bécotant le mort qu'il la retrouve. Il reste un moment à la reluquer en silence – elle, créature cruelle offerte à ses orbes marécageuses. Puis elle se redresse, moue boudeuse accrochée aux lippes. Et elle se plaint la môme. Elle se plaint de tout ce qu'ils veulent, et de tout ce qu'ils n'ont pas – du gémissement, d'la larme, d'la vie, du vrai. Elle n'a pas tort. Dans une énième déception, la verve finit par se tarir, et elle s'en retourne à sa chaise.

Elle n'a pas tort.

Depuis quelques mois, un songe a fait chemin dans le crâne du cabot, comme un vers trouvant son nid. P't'être bien qu'ils devraient aller chercher ce qu'ils veulent. Là, dehors, une dépouille en devenir doit les attendre, ignorante de la rançon que Morena a placé sur sa tête. Mâle ou femelle qu'importe, la fin sera la même.

Un regard à la gosse. Il se décide.

Quelques enjambées pour dévorer la distance qui les sépare. Une dextre sale est tendue. « Viens », qu'il lui dit. L'entraînant de nouveau jusqu'à la charogne, il s'aposte derrière elle, la gueule presque à chavirer dans sa crinière dorée. Sous les lumières exsangues des néons, la voilà captive, corseté entre bratok et banc mortuaire. D'un geste empreint d'une délicatesse toute relative, il saisit son gracile poignet, et le soulève jusqu'à la saillie rougeâtre – froide, désormais. La menotte de la sylphide est forcée à l'intérieur, là où, il y a quelques minutes encore, un palpitant siégeait. Carne translucide enfoncée dans les fondements rubiconds. La môme ne fait qu'effleurer ; lui la fait toucher. « Ferme les yeux. » qu'il lui dit. « Imagine », qu'il lui souffle. Et, un long moment, ils restent ainsi, les pognes dans la viande, à écorcher leurs rêves rouges sous leurs griffes. « On pourrait... », il hésite. Encore, toujours. Les phonèmes restent en suspend, lourds dans l'éther creux. Il ne devrait pas. « Trouver quelqu'un. », il achève pourtant.

Il la lâche. Sa grande carcasse bascule, s'écarte, vient s'adosser au métal froid, paumes étalées sur les bords acérés. Un besoin soudain d'observer le minois, à la recherche d'un quelconque signe d'approbation. Remous dans les orbes couleur mer. Il guette une ride qui viendrait abîmer les lippes, signe indubitable de son monstrueux ennui.
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BETWEEN GODS AND BEASTS
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Drekavac Lov
BETWEEN GODS AND BEASTS
HIVERS : : vingt plumes sombres au sein de ses ailes pures. BRATVA : : Severovitch BRANCHE : : les agonies salutaires. LABEUR : : simplette bratok aux idées saugrenues, elle trappe les âmes perdues et vend leur dépouille. CAPACITÉ : : théurgie. NIV. : : premier niveau. SYNDROME : : fascination romanesque et nécessité obscène pour la mort, pour l'éternel sommeil. IMPOSTURE : : c'est la fortune du père qui abreuve ses dépenses, mais sa folie se gave des instants passés au combiné, écoutant les plaintes des suicidaires, au centre anti-suicide. STATUT : : indomptable et ravageuse. ÉCHOS : : angélique créature aux ailes souillées. ROUBLES : : 58 TEINTE : : <lov> MÉFAITS : : 116 ID & GUEULE : : FERN CLIQUE : : koko. ESSOR : : 4\3 (nikita, raf, drago et darya) CRÉDITS : : Ratatouille. ERRANCE : : 02/10/2016
Sam 29 Oct - 17:41
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De ses phalanges délicates, elle efface les larmes de plaisir qui baignent contre sa maigre carcasse. L'oeil reste lunatique, fixant vermeil et s'attristant de son départ avorté. C'est qu'elle aimerait en prendre un bain entier, Drekavac, pour ne sentir que cette odeur forte et tentatrice de fer, contre sa chair fragile. Elle y baignerait à l'infini, si la chose était possible. Mais le peuple est sale et malhabile, et plonger dans pareil nectar serait prendre un risque ; qui sait combien ils sont, maintenant, à porter maladies et saloperies dans leurs veines ; c'est qu'elle en a presque le coeur brisé, car nombreux rêves prennent poussières, pour cette simple raison. Mais l'ange reste tout de même au bord de la satisfaction, à voir le carmin contre sa peau perfide ; elle dévisage la teinte et s'éveille quelques rêves à l'esprit, pour calmer les tempêtes sanguinaires qui dégoulinent à même son esprit. La peau finit rosée, sous son toucher habile ; le linge lui, complètement sombre. La petite le laisse s'échouer contre le sol avant d'en prendre un autre, pour retirer les dernières traces de sang, contre sa chair. L'oeil ennuyé observe la peau, un instant, avant qu'elle ne cherche son sac des yeux ; la jupe est trop rouge, pour ne pas capter l'attention. Il faudrait en mettre une autre, pour cacher le démon qu'elle est, sous sa pure apparence. Drekavac le voit, là, au coin de la pièce ; ses menottes agrippent le rebord de sa jupe et elle s'apprête à la descendre toute entière, dévoilant sa mi-nudité à Nikita sans gênes, aucune, lorsqu'il apparaît face à elle.

L'oeil pétillant d'une lueur innocente qu'elle porte si bien, tandis qu'elle dévisage la main tendue, surprise. Un frison caresse son échine et le coeur s'empare d'un battement fou ; elle imagine, la démone, une descente aux enfers, mais garde ses lèvres scellées. La moue reste sur ses babines et elle mime un désintérêt certain, pose sa menotte fragile dans la paluche puissante, et se laisse entraîner dans les folies de Nikita. Ou peut-être est-ce les siennes, de folies ? Elle ne pourrait le dire ; à jouer avec les autres à chaque instant, Drekavac ne sait plus faire la différence entre le libre-arbitre et le résultat de sa propre manipulation.

Elle se laisse entraîner par le courant sauvage qu'est Nikita, la sirène indomptable. Le tissu de ses vêtements ne couvre que peu sa chair, et Drekavac sent la morsure du métal froid contre elle, lorsqu'elle atteint la table. Les paupières se ferment et elle mord sa lèvre, un instant, marionnette entre les paluches de l'homme habile ; le souffle de l'homme, bouillant, dévore sa jugulaire et elle sent, sous ses doigts, le contraste lugubre et excitant avec le macchabée. Entre les cuisses offertes de la petite, la marée monte ; elle sent les vagues de chaleur exquise se frayer un chemin hors de son organe déconstruit. « Ferme les yeux. Imagine » Mais elles sont déjà scellées, les pupilles. Lov ferme plus fort, pourtant, et s'accroche. S'accroche à l'extase infime qu'elle ressent, récolte les miettes minimes de son désir si souvent inavoué. La chair légère de la gamine s'appuie sur le corps puissant de l'autre ; elle se nourrit de la chaleur presque gelée de son être, les doigts pétrissant avec ardeur l'absent coeur et son nid sanglant. Dans son intime profondeur, elle entend le coeur battre ; celui du mort ou le sien, qu'importe ; elle en retient un geint appréciateur, entre ses lippes scellées. C'est que la main seconde main est sur le point de partir à la recherche du désir humide qu'est le sien, lorsqu'il parle, à nouveau. « On pourrait... » L'oeil s'ouvre et elle frémit, de nouveau ; le souffle reste une autre distraction alléchante, contre son échine. Les cuisses se pressent délicatement, retenant l'envie oppressante, et elle attend. Lov attend, si impatiente, si lourdement, exquisement tourmentée. « Trouver quelqu'un. » Le respire s'évade de ses lippes et elle ressent ce trop plein de vide, de tout, en elle, une seconde.

Car il s'éloigne, aussitôt, comme s'il savait. Comme si Nikita savait, à l'instant, qu'il venait d'ouvrir la cage ou du moins, d'en ouvrir la serrure, libérant ainsi les abysses profonds de l'ange déchu. Il faut un moment ; un moment avant qu'elle ne se tourne vers lui, pour faire face. Car Drekavac essaie de reprendre ses esprits, tandis qu'elle sent, contre l'une de ses cuisses, une larme solitaire glissant sur sa chair. Souffle tremblant s'évadant des lippes ; le regard s'accroche à l'autre, aussitôt. Lov le dévisage, avec le chaos au coeur des iris. On y lit la folie, tendre et douce, presque réconfortante. « Quelqu'un ? » La voix est petite, puissante. Elle tonne du désir luxuriant qu'elle éprouve, qui vibre dans sa maigre carcasse. La langue s'égare contre la lippe de Lov, et elle passe ses phalanges encore perfides dans sa chevelure de blé. Le souffle tremble encore un peu, et le temps s'écoule, lent, avant qu'elle ne dévoile ses crocs, une par une. L'ange s'évade, baigne ses ailes immaculés dans les abysses de ses pensées ; la menotte sanglante va s'égarer dans le tissu de la jupette, qu'elle presse entre ses cuisses, essuyant à la fois ses doigts carmins et sa chatte humide. Lov l'observe, encore ; il ne sait pas, non, que c'est bien plus qu'un caprice qu'il alimente de ses paroles. « Maintenant ? » C'est un tendre supplice qui se lit à la question ; Drekavac veut, maintenant, voir la mort danser dans les iris d'un doux martyr. Les menottes quittent leur prison humide et elle s'approche. C'est à son tour d'être contre lui, de le tenir prisonnier. C'est qu'elle fait minuscule, la sirène aux mélodies sanglantes, tandis qu'elle agrippe ses menottes obscènes au tissu de ses vêtements. Menton relevé, air de biche, elle l'observe de trop près. Elle l'implore presque. « Maintenant, Nikita. » Lov murmure tout bas, s'éloigne brusquement. Va vers son sac. « Laisse moi me changer, et on le fait. » Le pas est presque vif ; comme si elle avait peur qu'il change d'avis, brusquement. Et au travers de ses enjambées, elle laisse sa jupe glisser le long de ses cuisses, dévoilant un fessier juvénile, dénudé, impeccable. L'ange déchue exhibe sa chair sans la moindre gêne, sans retenue, et se penche doucereusement pour récupérer jupette sombre et chaussettes longues.

L'oeil se tourne vers l'homme. « Ça te dérange pas, n'est-ce pas ? » C'est qu'elle est presque espiègle à demander la chose, alors qu'elle est déjà dénudée. La petite teigne sourit, sournoise, lui tournant toujours le dos. C'est d'une lenteur subtile, presque, qu'elle enfile le tissu et cache son aine humide, avant de retourner sur son trône discret. Lente et habile, Drekavac enroule lentement le tissu d'une chaussette entre ses doigts, y glissant ensuite son pied avec habileté, délicatesse. C'est qu'elle essaie de calmer les battements affolés de son coeur, par ses gestes lents, et de ralentir les flots de son désir, entre ses fraîches cuisses.
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Nikita Noskov
BETWEEN GODS AND BEASTS
HIVERS : : trente-huit. BRATVA : : la viande et les putains; la Severovitch. BRANCHE : : agonies salutaires. CAPACITÉ : : Théurgie – niv. 3. SYNDROME : : érythème noirâtre, démangeaisons féroces. IMPOSTURE : : les mains dans la bidoche d'un abattoir, en attendant le soir. ROUBLES : : 174 MÉFAITS : : 184 ID & GUEULE : : para bellum CRÉDITS : : CARNAVAGE. ERRANCE : : 02/09/2016
Lun 14 Nov - 0:20
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Et quand il la regarde, il sait que le peut-être va devenir un tout de suite. Lov a cette famine dans les yeux, cette chose qui la rend très belle et très laide à la fois. Il suggère à peine, qu'elle considère la chose faite. Un instant, sa fragile carcasse s'arrime à lui, supplie, mendie pour sa pitance. Il pensait la voir hésiter, tanguer. Ah, il se trompait. Qu'est-ce qu'il a fait ? Il lui dit « Maintenant. ». Elle est déjà partie.

Un fessier dénudé, une clope que l'on accroche à des lippes fatiguées. Il reluque, sans mot dire. Comprend, un peu, ce que les types qu'elle amène doivent ressentir. Rien qu'un appétit dégueulasse pour la chair fraîche ; une pulsion cannibale pour une grâce que l'on veut salir. Voilà. Lov est l'idole à profaner. Glaviots, sang, foutre ; qu'importe les moyens, l'albe du derme appelle à la souillure. S'il y avait un peu de décence en lui, il serait triste pour elle. Mais il n'y en a pas, et chez elle non plus. À croire que les démiurges ont bien ficelé leur affaire. La dernière chaussure est enfilée, le dernier lacet est bouclé – l’exhibition est terminée. Il attrape son manteau, clôt le frigo. Il est temps d'y aller. De ses poches sans fonds, il sort un horaire de bus qu'il tend à la môme. Elle pige, cherche le prochain créneau, tandis qu'il informe, d'un coup de fil, son brigadier de leur départ précoce.

Quand ils sortent, l'air est frais – le soir tombe à peine. À l'horizon, le soleil dégobille ses derniers rayons rouges sur les immeubles efflanqués. Du cinabre coule sur les longues silhouettes, en grosses tâches sales. Des greffiers au poil crasseux sont encore étendus sur un muret, comme autant de conjurés préparant leur prochaine cabale ; un essaim pouilleux qui détale quand les deux bratoks passent.  

Cette nuit, ils iront loin. Loin, loin de leurs quartiers. Le bus, puis la bagnole d'un autre qu'ils faucheront gracieusement. Ils ne seront qu'un tandem d'ectoplasmes, les gueules vides et les cœurs rogues. Deux cabots sans visage. Ils ne seront qu'un rien, létal, crevant la nuit immortelle. Un rien fait faim. Un rien fait chasse. Un rien fait mort.

Ils marchent.

Et marchent.

Et marchent.

Quand ils arrivent à l'arrêt, le jour a rendu son dernier souffle. Un lampadaire grésille, il fait froid. Il fait toujours froid dans c'putain de pays. L'autocar finit par débarquer, tas de rouille bringuebalant d'un autre âge, et ils montent. Lui paye, tandis qu'elle va s'installer au fond, sur la droite. Elle lui laisse une place près de la vitre.

Leurs deux tickets poinçonnés, il la rejoint, étalant son séant sur les sièges de skaï usé. Ils s'arrêtent au terminus ; une heure à tuer et rien d'autre à foutre que de regarder les terrains vagues défiler, leurs couennes ordurières exposées à des œillades anémiées.

Une demi-heure silencieuse passe, et il s'emmerde comme un rat mort. Sa comparse semble tout autant perdue dans ses songes. Alors, pris d'une pulsion soudaine, il se met à souffler tout ce qu'ils vont faire, à voix basse, comme ça, pour passer le temps ; les paluches dans l'blouson, et ses yeux couleur marigot paumés dans le lointain. Au bout d'un temps, la nymphette, ça la fait remuer foutrement ses causeries. Il la renifle, qui s'agite. Alors, quand elle n'y tient plus et qu'une de ses menottes va pour s'aventurer entre ses cuisses, il la devance. Lui enserrant l'abdomen, l'animal l'attire en travers de ses genoux sans lui laisser grand choix. Elle se laisse faire ; poupée molle dont l'échine s'étale sans bruit contre la vitre. Il a sa pogne, épaisse et vorace, qui glisse sous sa jupe – la carne vendue comme un morceau de soie sous ses doigts. Ballet sauvage. Ça grimpe sur l'extérieur d'une guibolle, ça caresse, ça écrase, ça cajole jusqu'à un cul candide ; barbaque bradée, molestée sans douceur. Ça prend son temps, son foutu temps. Tandis que la dextre s'agite, les lippes du mâle, elles, ne cessent de proférer leur litanie monocorde aux lobes de sa comparse. Vision paumée dans le vague du dehors, il la regarde à peine, sent simplement sa carcasse chaude, rompue contre lui. La patte attardée sur le fessier opalin finit par redescendre, forçant ouvertes la paire de cuisses étalée sur ses genoux – oh, juste assez pour s'incruster entre elles. Quand il remonte, c'est chaud. Liquide. Du lait épais, translucide entre ses doigts. Et s'il goûtait, il sait qu'elle sentirait le sucre. Lov a la gueule d'une fille gorgée de sucre – le genre qui vous emplit jusqu'à la nausée. Et est-ce que tu gémiras, les babines pleines de sang et un cœur entre les dents? Index et majeur s'abîme en elle. Un second palpitant, sous ses doigts. Ça pulse, fort, fort. Elle serre et il s'enfonce plus loin encore.
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BETWEEN GODS AND BEASTS
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Drekavac Lov
BETWEEN GODS AND BEASTS
HIVERS : : vingt plumes sombres au sein de ses ailes pures. BRATVA : : Severovitch BRANCHE : : les agonies salutaires. LABEUR : : simplette bratok aux idées saugrenues, elle trappe les âmes perdues et vend leur dépouille. CAPACITÉ : : théurgie. NIV. : : premier niveau. SYNDROME : : fascination romanesque et nécessité obscène pour la mort, pour l'éternel sommeil. IMPOSTURE : : c'est la fortune du père qui abreuve ses dépenses, mais sa folie se gave des instants passés au combiné, écoutant les plaintes des suicidaires, au centre anti-suicide. STATUT : : indomptable et ravageuse. ÉCHOS : : angélique créature aux ailes souillées. ROUBLES : : 58 TEINTE : : <lov> MÉFAITS : : 116 ID & GUEULE : : FERN CLIQUE : : koko. ESSOR : : 4\3 (nikita, raf, drago et darya) CRÉDITS : : Ratatouille. ERRANCE : : 02/10/2016
Dim 27 Nov - 22:37
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Drekavac suit ; elle le fait sans un mot, des pensées dans la tête, un tourment dans les tripes. Une peur, dans l'âme ; celle de ne pas trouver, celle de ne pas être satisfaite. Car elle ne cesse. Elle ne cesse, depuis son éveil maintenant, de chercher ce quelque chose, de le toucher pleinement, toujours plus longuement que la dernière fois. Et elle suffoque. Elle suffoque, la tendre poupée, de ne pas pouvoir goûter pleinement à cette chose qui fait son réel bonheur, qui lui coupe les jambes, brusquement, à un point tel où elle ne peut plus, non, supporter son propre poids, pourtant si plume. Drekavac guette, sans cesse. L'oeil reste attentif aux environs, aux rues qui défilent autour d'eux, tandis qu'ils marchent et tandis qu'ils se font chahuter, une fois assis dans le bus. Elle dévisage, Drekavac, le monde qui défile sous ses yeux, et traque, de son oeil pur. Elle cherche, dans la foule absente de la nuit lourde, une personnage, un sauveur, un martyr. Elle cherche le sentiment, le vrai, celui qu'elle ne cesse de chasser, depuis trop de mois. Ce plaisir si cupide, ce bonheur presque malsain, trop sanguin, qui la rend frêle et languie, de l'intérieur. Dans l'ombre de l'éclat des lampadaires, le reflet de Morena, qui l'attend. Sa tendre romance longue distance ;  cet amour maudit dont elle ne peut profiter pleinement, car toujours, la Mort s'extirpe de ses doigts pour s'occuper d'un autre. Car le travail, déjà, est accompli, sur ceux qu'elle abat. Car toujours, le travail est inutile, sur l'éternel petit démon qu'elle peut bien être. Le sang déferle mais la vie est retenue ; la mort est légère, éphémère. Et il ne vaut mieux pas, non, tenter le diable et ne plus être, pour toujours. Il reste trop de malice à faire, et trop de corps à prendre, au travers des sots et des pervers qui, l'oeil lubrique, cessent leur pas pour dévisager les courbes juvéniles de la nymphette mature.

L'oeil clignote, lorsqu'elle entend. Les paroles sont semblables à un chant sacré, murmurées d'une douce voix, pourtant rauque. Drekavac dévisage Nikita, le souffle court. Les mots sont l'éclat de ses désirs et la tendre lamentation de son coeur. Les lèvres se pincent, pour retenir le souffle brisé, et l'oeil luit. Les joues, si pâles, se teintent déjà d'un rose délicat. Elle est attentive, la sirène, car un chant tout autre que le sien est envoûtant, en cette nuit terne; elle se laisse porter, les cuisses légèrement ouvertes, par la voix de l'homme. Et les pupilles se ferment, les paupières deviennent comme le théâtre des récits excitants. Entre les cuisses, le nectar appelle les doigts délicats ; Drekavac tente de les y glisser. L'oeil s'ouvre, surpris, lorsqu'elle sent. La crinière virevolte un instant avant que le métal froid ne se fasse ressentir, contre sa peau, au travers des tissus légers. Les lèvres se pincent ; Drekavac dévisage Nikita, maître de son corps, et attend. Une part d'elle n'apprécie pas ce pouvoir qu'il détient sur elle, par l'emprise qu'il exerce, mais les cuisses s'ouvrent à l'approche des paluches et la résistance disparaît, sous le contact. Les lèvres se descellent et le regard s'ouvre, fixe.

Elle dévisage, Drekavac, tandis que le plaisir s'évade de ses lèvres, le reflet du conducteur, dans le miroir intérieur. Et elle voit ; elle voit, les regards insistants, les sueurs éloquentes. Elle sent ; le véhicule incertain, les arrêts plus longs, les accidents évités de justesse. Et les lèvres, tandis qu'il s'enfonce en elle, s'approchent de l'oreille de Nikita. Elle mord, la sauvage, elle mord et lèche, vile et folle, avant de susurrer de sa voix enrouée par le désir. « Lui. » La voix est impériale, le désir est dicté comme un ordre. De ses menottes, elle appuie contre l'entre-jambe de l’aîné, cherche la braguette à ouvrir, pour aller chercher la tentation. Le souffle chaud de la démone reste, contre l'échine de l'homme. « C'est lui que je veux, ce soir. » Mort, découpé, déchiré. Les lippes s’entrouvrent en un sourire gourmand. Un geint quitte ses lèvres et les doigts caressent ce qu'ils ont trouvé, généreux. « Il ne cesse de nous dévisager... regarde le, Nikita. Il -  » Elle s'arrête un instant, ferme les yeux, profite de l'extase ressenti, du tressaut plus vif, avant de continuer. « Il ne demande que ça. » Elle glisse, la petite. Entre ses cuisses, les doigts s'éloignent, quitte la chaleur de son antre, abandonne l'utérus stérile. Drekavac glisse de ses genoux, le corps allant se poser là, contre le sol. Le long de ses jambes, quelque chose coule ; elle n'y porte pas attention, confortable par la chaleur du nectar. L'oeil brille d'une lueur fébrile. Posée entre les cuisses du bourreau, elle susurre. « C'est lui que je veux. » Un ordre, encore. Elle ne demande pas ; elle exige. Et pour s'assurer qu'il accepte ses caprices, elle caresse, la sirène, de ses lippes boudeuses, la faiblesse de tout homme.
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SWEET LITTLE TALKS. (nikita)
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