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 entre chiens et loups. (drago)

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BETWEEN GODS AND BEASTS
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Nikita Noskov
BETWEEN GODS AND BEASTS
HIVERS : : trente-huit. BRATVA : : la viande et les putains; la Severovitch. BRANCHE : : agonies salutaires. CAPACITÉ : : Théurgie – niv. 3. SYNDROME : : érythème noirâtre, démangeaisons féroces. IMPOSTURE : : les mains dans la bidoche d'un abattoir, en attendant le soir. ROUBLES : : 174 MÉFAITS : : 184 ID & GUEULE : : para bellum CRÉDITS : : CARNAVAGE. ERRANCE : : 02/09/2016
Ven 14 Oct - 1:20
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entre chiens et loups.
Sonnerie creuse qui résonne dans l'appartement froid. Vibrations sèches des ondes dont l'écho rebondit d'un mur délabré à l'autre, encore, et encore, et encore. Sous une pile de couvertures laineuses, si élimées que l'on ne saurait en distinguer la teinte d'origine, une grande carcasse s'agite et maronne, protestant contre l’impromptu verbiage. Un bordel de merde s'échappe d'une bouche pâteuse à la quatrième stridulation, et un index paresseux vient gratter quelques croûtes au coin d'un œil plein de sommeil. Deux jours qu'il ne s'est pas pieuté, enchaînant la découpe de barbaque et autre joyeusetés. Deux jours qu'il ne rêve que de son matelas défoncé et de ses duvets salopés. Mais voilà qu'on vient l'emmerder au beau milieu de la nuit, le ravissant aux bras d'un Morphée si ardemment courtisé. Coincée entre ses grandes pattes, sa clébarde, elle, ronfle comme une bienheureuse. La chienne.
Cinquième braiment et une pogne hasardeuse se décide, s'égarant sur la crédence qui ceint la paillasse pour mettre le grappin sur l'appareil de malheur – un de ces nokia antiques, comme on en fait plus. Il décroche. Au bout du fil, ça gueule. Il ne saisit pas tout. Acquiesce par réflexe. L'autre type baragouine vite, et mal. Il est question de Kuryakin. D'un bistrot, d'une rixe. D'emmerdes dont on veut pas. Qui est le connard qui a décrété qu'il fallait le sonner dès que le môme a une tuile ? T'es pas loin, que lui dit le tôlier. Main lasse qui muse entre les crevasses d'une gueule éreintée. L'hésitation ne dure qu'un instant. J'arrive, qu'il finit par dégobiller. J'arrive.

Un jean enfilé, un tricot troué, des godasses, une cibiche coincée entre les crocs. Un bécot au cabot et il décampe.

⚔⚔⚔

Un quart d'heure plus tard et la Lada est garée de traviole sur un trottoir qui n'a rien de demandé ; qu'importe, à c't'heure-ci, personne ne viendra l'emmerder pour occupation abusive du pavé. Mains dans les poches, il se traîne de mauvaise grâce vers le rade engoncé quelques rues plus bas. Un crachin morne pleure sa tristesse sur les artères de la cité déserte ; pas un pécore ne lanterne dans les environs. Quelques réverbères grésillent, une paire de limiers aboient, au loin. Le môme va lui en devoir une belle, pour sûr. Quelle putain d'illumination que de le forcer à venir se geler les couilles dans le secteur, à cette heure pareille. Il ne se questionne même pas sur les possibles raisons de l'altercation ; les prétextes ne manquent pas quand il prend l'envie à un russe d'aller rosser son prochain.

Arrivé devant la bâtisse branlante, le Noskov est pris d'une inspiration soudaine, et en fait le tour. Si emmerde il y a, c'est à l'arrière que ça se règle. Grand bien lui en prend. La courte allée, plongée dans une obscurité goudronneuse, laisse échapper quelque indice quant à l'esclandre qui a vraisemblablement dérangé ses entrailles. Un mince filet rougeâtre s'écoule d'une rigole biscornue. Une dyade de jurons file de nouveau entre ses dents. Bordel de merde. Quelqu'un en a pris pour son matricule.

« Kuryakin ? »

Un murmure. Il remonte lentement vers la source du babil, laissant sa vision s'acclimater aux ténèbres ambiantes. Paumes contre le mur, il tente de ne pas se foutre en l'air sur les pavés glissants ; ce qui manque pourtant d'arriver, lorsque son talon vient à buter contre une chose molle. Il ne lui faut pas longtemps identifier la nature de la chose en question. Personne n'avait mentionné de macchabée. Faut croire que la situation a dû dégénérer d'un rien, depuis le coup de fil.

Relevant la caboche, il distingue le môme, quelques mètres plus loin, prostré dans un coin. Il vient se planter à ses pieds, lui lance un coup dans les guibolles. Le môme ne parle pas. Ses paluches sont sales. « T'as une explication ? » Silence. « Ivan m'a appelé pour te récupérer. Il craignait que tu déconnes. » Gitane sortie d'un paquet écrasé, coincée entre des lippes fatiguées. Un zippo qui claque, le clou mortifère enflammé. « J'vois que tu t'es bien débrouillé. »

Ne reste plus qu'à nettoyer, désormais.
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BETWEEN GODS AND BEASTS
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Dragomir Kuryakin
BETWEEN GODS AND BEASTS
HIVERS : : 24 ans. BRATVA : : Fils de la Severovitch, il y est entièrement dédié. BRANCHE : : Les Noces Ephémères. LABEUR : : Bratok servant de chien de garde aux lupanars ainsi que chauffeur de voiture de luxe aux ombres du jour. CAPACITÉ : : Théurgie. NIV. : : Niveau 1 SYNDROME : : Hallucinations auditive. IMPOSTURE : : Chauffeur de voitures de luxe. STATUT : : La solitude prisonnière de la chair. ÉCHOS : : Gamin devenu Vor, sa hargne fait autant frémir que respecter. ROUBLES : : 96 TEINTE : : firebrick MÉFAITS : : 109 ID & GUEULE : : DIRGE. & Maxence Danet-Fauvel ESSOR : : 0/3 CRÉDITS : : balaclava(ava); wild heart(sign); hermicnes.tumblr(gifs) ERRANCE : : 17/09/2016
Sam 22 Oct - 12:49
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this sadness was written in my bones.

 
I was born for misery. this blood made to be spilled. my temporality is a blessing. twenty four years?
(this is the longest funeral I have known)
Morphé était un amant élusif se dérobant perpétuellement à l’étreinte du Kuryakin. Il n’était rien de plus qu’une constellation éteinte refusant d’éclairer le garçon qui ne pouvait se défaire des poches en dessous de ses yeux. Les marques violacées contrastaient douloureusement avec la chair blafarde de ce visage émacié, elles se conjuguaient pourtant parfaitement avec le vide dans ses prunelles usées. Dragomir avait fini par s’oublier. Oublier ce qu’il était venu faire là. Oublier pourquoi il avait écumé les pavés de Petrograd jusqu’en trouer la semelle de ses chaussures, laissant le froid reprendre ses droits sur sa chair, s’infiltrer dans ses os. Quelque chose semblait manquer en son buste, une chaleur que ses parents auraient dû placer là, un souffle de vie que les Dieux auraient dû lui céder. Ce vide était omniprésent, une brulure qu’il ne pouvait adoucir, une douleur sur laquelle il ne pouvait mettre le doigt. La bête hurlait après la lune, gémissant dans les girons de sa créatrice  afin d’implorer une clémence divine. Les heures s’étaient écoulées, ses pensées avaient finies par se faire troubles alors que ses rétines peinaient à soutenir les lumières vives d’une ville ne dormant jamais. Pas véritablement en tout cas. Il lui arrivait de trouver la paix de cette manière, longeant les murs, s’échouant dans les bars. Il n’était rien de plus qu’un autre inconnu hurlant son nom au comptoir, espérant que quelqu’un réponde.
Le silence était parfois plus supportable que l’écho. Que le cri indicible de cette voix prisonnière de l’hémisphère droit de son cerveau. Il était des soirs où le silence était sa peine, il était des jours où son absence était sereine. Ce soir-là, le bruit était tel qu’il arrivait à recouvrir cette voix professant des mélopées antiques au creux de ses oreilles. Elle ne chantait que pour lui, cette belle dansant sous ses paupières, cette voix lui promettant l’accomplissement de ses prières. Elle chantait et chantait au point qu’il s’était oublié au détour du comptoir. Au point qu’il n’avait pas véritablement réagit lorsque l’homme qu’il avait bousculé montra les crocs. Somnambule avançant sur une corde raide, funambule contemplant le précipice sans ressentir le moindre frisson, les mots s’échappant de ses lèvres n’étaient pas les siens. La voix dans sa tête parlait et il ne pouvait que courber l’échine face à cette Morena sanctifiée ayant élu domicile au plus profond de ses entrailles. Il avait mal à l’âme, mal à cet autre dont la stature imposante n’arrivait à faire naître la moindre étincelle en ses prunelles délavées. Peut-être qu’il y avait eu un naufrage au plus profond des prunelles de Dragomir. A n’en pas douter, des marins avaient dû se noyer dans cette mer-là.
Sans comprendre ce qui se produisait, prisonnier de cette étreinte cotonneuse l’empêchant d’appréhender l’ampleur des dégâts, ils avaient été pressés vers la sortie, relégué à la ruelle se trouvant derrière le bar afin de régler leurs problèmes. Le Kuryakin n’avait pas les mots, pas même le désir de défendre cette honneur offert à son nom. Il était un Vor, tant d’autres l’auraient poussés à défendre ce titre, chérir ce poids. Pourtant, alors que ses poings s’abattaient sur l’homme lui ayant craché au visage, déversant ses injures comme s’il s’agissait d’un cantique, il ne pouvait moins en avoir à faire de ce détail. La bête grondait, la bête donnait des crocs et des griffes. La bête ne demandait rien de plus qu’hurler à la lune, se pâmant d’amour pour l’astre auquel il offrirait la première gerbe de sang. Bestialité portée fièrement par l’homme, il s’usait les phalanges contre le faciès décharné de sa proie, tatouant sa violence au feu de ses coups pour que jamais il n’oublie le goût de cette altercation. Il tapait, sans relâche, tapait encore et encore sans se soucier du sang s’échappant de son arcade. Sans se soucier de la douleur irradiant de sa pommette droite, ni même de ce sang coulant le long de ses doigts au point qu’il ne savait plus qui de lui ou de cet autre saignait. Dans le fond, Dragomir savait que dans cette histoire il était toujours celui en train de se vider à même le sol. Peu importait la ruelle, peu importait l’instant. S’il ne saignait pas à même le sol, il saignait au plus profond de ses pensées.
Le mélange d’adrénaline, de douleur et d’excitation perdirent un peu plus le brun au plus profond de ses instincts. La chose entre ses doigts ne ressemblait plus à rien et depuis longtemps Ivan, tavernier blasé par les rixes se déroulant en sa demeure, s’était retranché derrière son comptoir en espérant oublier cet énième crevard venu dégueuler sa rage devant sa porte.  Incapable de s’arrêter, bourreau transcendé par la tâche, il ne se souciait pas de la mollesse de son sac de frappe, ne s’inquiétait pas du sang s’échappant du crane de ce dernier, pas même du bruit sec ayant ponctué cette sonate de gémissements et d’expirations saccadée. Drago n’était rien de plus que le loyal serviteur d’une mort venu récupérer son dû, la main armée d’une destinée dont il ne savait rien. Quand la réalité s’invita sur ses rétines, l’horizon vermeil s’étendant sous ses prunelles lui coupant le souffle, il ne put résister à ce besoin de fuir.
Quand Nikita apparu, ange gardien dont le gamin ne voulait pas, pas vraiment en tout cas, le petit semblait fou. Les mots s’échappaient de ses lèvres en prières coincées au plus profond de sa gorge. Il se parlait à lui-même, parlait à ce mort étendu quelques mètres plus loin. Il parlait à cette voix dans sa tête roucoulant face à la beauté du spectacle. Il parlait pour que le silence ne finisse par véritablement l’atteindre. Il parla jusqu’à ce que Nika ne l’interrompe et que l’illusion ne puisse persister au sein de la carcasse gelée et tremblante pressé contre le mur en espérant pouvoir s’y fondre. Ses yeux étaient posés sur l’homme, pourtant il ne le voyait pas, pas véritablement en tout cas. Il l’écoutait et pourtant les mots ne percutaient pas. Il avait froid Dragomir. Froid et mal, démon au sang séché barbouillant son visage comme les peintures de guerre d’une victoire révolue. Il n’y avait pas de vainqueur ici. Juste des gens forcés de nettoyer les merdes leur étant tombés dessus. « J’me suis défendu. » Les mots s’étirèrent sur sa langue, la lenteur de son discours témoignant sans mal de l’alcool encore présent dans ses veines, du trouble que l’orage de ses yeux ne pouvait pleinement camoufler. Toujours pressé contre le mur, petite chose recroquevillée sur elle-même, il observait le Noskov du coin de l’œil, incapable d’affronter la réalité de l’instant. « Qu’est-ce que… pourquoi t’es là ? »
les nouveaux sauvages

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BETWEEN GODS AND BEASTS
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Nikita Noskov
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HIVERS : : trente-huit. BRATVA : : la viande et les putains; la Severovitch. BRANCHE : : agonies salutaires. CAPACITÉ : : Théurgie – niv. 3. SYNDROME : : érythème noirâtre, démangeaisons féroces. IMPOSTURE : : les mains dans la bidoche d'un abattoir, en attendant le soir. ROUBLES : : 174 MÉFAITS : : 184 ID & GUEULE : : para bellum CRÉDITS : : CARNAVAGE. ERRANCE : : 02/09/2016
Lun 14 Nov - 0:34
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J'me suis défendu, que lui clame le cabot. J'me suis défendu. Et combien de mâles ont dégobillé cette excuse, une charogne sous les talons et les pognes pleines de rouge ? Trop, sûrement. Oh, Nikita connaît la connaît foutrement bien, cette indulgence que l'on s'accorde une fois Morena honorée. Lui-même se la chante souvent.

Au-dessus d'eux, un néon grésille soudain ; une lumière sale, rose et criarde, inonde la scène, accouche d'un mauvais songe aux couleurs obscènes. Pommettes brisées et nez en sang sont peinturlurés d'une phosphorescence ordurière – le minois du Dragon n'est plus qu'un morceau de barbaque à vif, traits enflés, écorchés par un rubicond affamé. Un débardeur détrempé a sucé toute la pourpre dont on l'a éclaboussé. Naufragées contre le pavement, ses pognes aux phalanges luisantes, elles, tremblent encore. À quelques mètres, le crâne béant de l'inconnu épandu sur la chaussée, comme un fruit pourri éclaté. Oh, le corniaud a fait un peu plus que se défendre ; c'est son ire qui a éclaboussé le pavé. Alors quand il s'enquiert de la présence de son aîné dans le secteur, ce dernier se met à rire. Un aboiement sec dans la nuit. « Merde. », que Nika glose. « Pourquoi j'suis là ? Justement pour éviter – ça. » Mimique en direction de la carcasse. Un soupir enflé de lassitude ; des serpents de smog s'évadent de ses naseaux. Le bratok se penche, et une patte vient saisir la mâchoire du môme. Il fait s'incliner la trogne abîmée, pour mieux reluquer les dégâts à la lumière sale. Rien d'irréparable. Quelques points de suture régleront l'affaire, et ça fera parler les putains dont le gamin s'occupe. Il le lâche, se redresse. « On verra ça plus tard. Faut d'abord qu'on se débarrasse du corps. Tu sais qui c'est ? » La caboche du survivant esquisse une négation hésitante. « Bon. Y'a plus qu'à prier pour qu'c'soit qu'un inconnu. »

Manquerait plus que Kuryakin ait lynché un type important. Avec c'qui lui a mis, impossible de reconnaître le moindre faciès sous l'exsudat sauvage. Alors, gitane pendante au bec, il zone jusqu'au macchabée, et vient larronner ses fouilles sans état d'âme. La pêche s'avère fructueuse, et il en tire un larfeuille détrempé. Essuyant vaguement le cuir surrané contre un falzar dégueulasse, il ébrase sa trouvaille sans attendre. Une poignée de roubles ponctionnés vite fait, quelques cartes de visites tâchées, le cliché plié d'une gonzesse, et, dissimulée derrière des reçus décolorés, la sacro-sainte carte d'identité. Mais il a beau lorgner sur le portrait qu'elle offre, la gueule de papier glacé n'appelle aucun souvenir dans sa caboche. Il n'a pas le courage de décrypter le patronyme ; l'indice est balancé à l'acolyte sans plus de cérémonie. «  J'ai pas assez de lumière pour lire ici. T'es sous l'néon, tu dois pouvoir nous trouver un nom. » Le reste des poches est tyrannisé, mais rien de plus n'est découvert. Il se radine alors vers Kuryakin, espérant entendre une bonne nouvelle – un blase inconnu.

Mais en lieu d'une lumière sur la situation, c'est le noir qui r'vient brutalement. Accroché à son roc de briques salingues, le néon crépite, et calanche sur leurs pauvres âmes. Il va pour gueuler contre le sort, quand des claquements de talons se font entendre sur le macadam humide. Une voix, de nouveau, éventre la sorgue. « Anton ? » Silence. « Anton, bordel t'es où ? » Une nana. P't'être bien celle en photo dans l'morniflard du clamsé. Les deux mâles se crispent, redoutant d'entendre les foulées féminines se rapprocher. Et pourtant. C'est foutrement c'qui est en train d'se passer. « T'es dans l'impasse ? Putain ça fait trois heures que j'essaye de t'appeler. Ivan répond pas... J'te jure qu'c'est bien la dernière fois que j'viens jusqu'ici pour ton pauv' cul ! »

Ils sont debout tous les deux maintenant. Immobiles. En attente. Parce qu'elle va forcément finir par buter sur le corps, comme Nika l'a fait. Et alors, ils seront obligé de la tuer.
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