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 Basic Instinct (Rafaïl)

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BETWEEN GODS AND BEASTS
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Darya Kryssanov
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HIVERS : : Vingt-deux ans. BRATVA : : Vostokovitch BRANCHE : : Les courtoises convoitises. LABEUR : : Soldat de plomb à l'agilité féline. Voleuse délicate. CAPACITÉ : : Présage NIV. : : Premier SYNDROME : : La souffrance des mortels comme drogue. IMPOSTURE : : Couturière suppléante dans la boutique familiale quand les études le permettent. STATUT : : Les lèvres vierges d'un véritable sentiment. Le corps souillé par la débauche. ÉCHOS : : L'ancienne ballerine abandonnant ses rêves. La langue honnête ne cache rien. L'atroce vérité sur les lèvres. ROUBLES : : 410 TEINTE : : #669999 MÉFAITS : : 402 ID & GUEULE : : Peony; Camilla Christensen CRÉDITS : : Odistole ERRANCE : : 29/08/2016
Jeu 13 Oct - 23:08
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Basic Instinct

 
There are nights when the wolves are silent and only the moon howls.
Le bout du doigt se posa sur la vitre glacée. Dans la condensation il traça des lignes fluides d'un geste certain. Les oreilles distinguèrent les marmonnements du chauffeur sans que le regard ne lui porte d'attention. Les volutes naquirent sur le verre. Dans la buée, un arabesque se dessinait avec la perfection d'une main experte des tissus. Divine dentelle aux motifs étudiés. Le bitume défilait sous les roues que la couturière trouvait si lentes. Elle aurait parié que le conducteur avait prit quelques libertés avec la route afin d'allonger le parcourt et gagner quelques pièces supplémentaires. Elle en était certaine, mais étrangement cela ne la dérangeait pas. Au contraire. Les roues étaient lentes, mais il le fallait. Aucune heure n'avait été donnée et plus les aiguilles trottaient mieux c'était. Elle voulait le faire attendre. Se faire désirer et désirer le futur proche. La jeune femme avait hésité. Devait-elle répondre positivement à cette invitation ou se plier à cet ordre ? Refusant de se penser soumisse au Baron, elle profitait de toutes les occasions pour prendre un semblant de contrôle. La situation lui échappait, mais ce qu'elle devinait lui plaisait. Une telle opportunité ne se gâchait pas. S'approcher du Charov et le savoir affamé d'un moment intime. D'une caresse de sa personne. Il en avait désiré d'autres. Il en désirerait d'autres. Mais aujourd'hui ce fut elle la reine de ses pensées voluptueuses. Darya. La douce Darya aux mains baladeuses et au sourire provocateur. Le souffle chaud du radiateur embrassait ses genoux dévoilés. La tenue changée pour une moins professionnelle. Moins sage. Ce n'était pas pour lui malgré les apparences. Rien ne l'était. Ni cette robe que son père aurait jugée trop courte ni le doux arôme sucré et vanillé de son épiderme. Car il s'était invité dans sa soirée sans même lui demander si elle était libre. Invité, surtout imposé. Qu'un fou refuserait au Baron. Apprêtée jusqu'aux ongles vermeils. Son foulard de soie empestait encore la clope et l'alcool. La soirée entre amies s'était réduite à un début de soirée. Elle avait prévu de les quitter plus tard, mais les souvenirs des nuances inédites dans le regard de l'homme venaient percuter sa patience et la maltraiter. Darya avait bien tenté de se laisser prendre à un autre jeu de séduction, mais il n'était pas aussi intéressant ni aussi excitant que le premier. La gosse jouait à la grande avec Rafaïl. Elle se voulait plus tenace. Il n'en était rien.
Le véhicule s'arrêta au coin d'une rue déserte. Le moteur ronronnait toujours quand elle déposa sur la paume craquelée le prix de la course. L'étreinte froide de l'extérieur la fit regretter son choix. Les jambes se déplièrent l'une après l'autre. La pale frémit sous la morsure brûlante des basses températures. Le taxi disparut. Englouti par l'obscurité. Darya referma son long manteau sur sa mince silhouette. La nuit avait offert sa présence depuis longtemps déjà. Silencieuse et réconfortante. La mère rassurante des solitaires et des monstres. La nocturne resplendissait par sa noirceur froide éveillant l'imagination débordante des grands enfants. L'ombre menaçante des silhouettes moqueuses dansait sur les pavés que les talons frappaient énergiquement. La jeune femme n'avait pas donné l'adresse tracée par l'homme des heures auparavant. Elle préférait marcher. Garder sa destination secrète. Profiter aussi des rues qui avaient un tout autre visage une fois la nuit tombée. Un plan mental suffisait à la couturière pour trouver son chemin dans ce dédale de croisements. A droite puis à gauche. Les rues nouvelles pour les iris gardaient une part délicieuse de mystère.
Le numéro sur la façade trouva écho sur le morceau de papier froissé enfermé dans la pogne. Darya recula afin de laisser filer sur cette bâtisse son regard curieux. Là se trouvait la source d'un souvenir brûlant et frustrant. Dans une de ces pièces, l'homme séducteur devait s'impatienter s'il n'avait pas perdu le désir pour cette chevelure blonde. Sous la lumière faible, le doigt de déposa sur les différentes touches numérotés jusqu'à l'ouverture de la porte qu'elle poussa de sa main libre. La bratok attendit que celle-ci se referme entièrement et sans un bruit avant de fourrer dans son sac le papier avec le code. Elle ne s'attarda pas dans le hall. L'impatience montait les marches en même temps que la voleuse. Au premier étage le manteau s'ouvrit laissant réapparaître la robe noire. Au second le foulard glissa sur les épaules dévoilant le décolleté. Au troisième Darya s'arrêta. La poitrine se gonfla d'excitation. Heureuse de le revoir. Heureuse de reprendre leur petit jeu. Faible gamine, un seul entretien lui avait suffi pour tomber entre les pattes tentatrices d'un loup que tout le monde connaissait. Après un petit moment d'observation les phalanges vinrent rencontrer en trois temps la porte imposante. La nuit déjà bien entamée allait encore être longue. Elle l’espérait, souhaitant profiter de la présence de Rafaïl jusqu'à l'aube. Si la séduction était intéressante, le défi alléchant, l'homme, lui, l'était encore plus.
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Rafaïl Charov
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HIVERS : : Quarante-trois. BRATVA : : Vostokovitch, la seule et l'unique. LABEUR : : Baron des voleurs et des faussaires. CAPACITÉ : : Ambroisie. NIV. : : Quatre. SYNDROME : : Un certain penchant pour le sang des chérubins. IMPOSTURE : : Érudit, bête de savoir, docteur en Histoire qui professe parfois son art pour les Profanes. STATUT : : Grand amoureux des flirts et de son célibat. ÉCHOS : : Enjôleur volage à l'intellect de génie. ROUBLES : : 298 TEINTE : : #669999 MÉFAITS : : 424 ID & GUEULE : : Odistole, Adrien Brody. CRÉDITS : : Odistole, Alas. ERRANCE : : 29/08/2016
Ven 21 Oct - 1:21
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Basic Instinct

 
dream within a dream
C'était sans aucun doute, sur l'instant, mille fois pire que toutes les soifs qui avaient pu le terrasser depuis cette satanée cérémonie. Un supplice auquel il n'avait pas goûté depuis des décennies, une hâte au parfum juvénile, qui lui donnait l'impression de se glisser dans les draps du passé, lui sur qui le temps n'avait plus d'impact. Et la sale manie du Baron de se vouloir plus libre, plus fou que tout le monde, le rendait d'autant plus chien de constater qu'il était totalement, complètement, intrinsèquement envoûté. Elle l'avait envoûté. Darya. Peut-être pas lumière de sa vie, mais assurément feu de ses reins. La voleuse au culot immense, des morceaux du ciel arrachés et flanqués au fond des yeux. L'insolence personnifiée. Les mains de la couturière s'étaient établies sur lui en des territoires désormais à sa bannière, des zones dont elle était déjà maîtresse, et Rafaïl brûlait pour elles. Brûlait de les sentir sur sa peau, de voir son hâle masculin se mêler à l'albâtre féminin. Il ignorait encore comment il avait bien pu renoncer à s'emparer de ses lèvres et de son corps touts entiers dans ce fichu atelier. De la bêtise, pure et dure. Une chose qui ne lui ressemblait pas. Qu'il ne faisait pas. Qu'il ne voulait pas. Charov avait pris goût à la séduction, mais voilà qu'il avait trouvé une adversaire à sa taille. Reclus chez lui pour le reste de la journée, il n'avait cessé de tourner en rond tel un fauve en cage, attendant, guettant désespérément que la mutine apparaisse comme par magie au seuil de sa porte. L'attente, qu'il n'avait jamais supportée, le harassait et lui griffait la conscience chaque fois que ses pensées s'égaraient. Il avait commencé par un verre d'absinthe. Puis deux. Et comme le manque en avait réveillé un autre, il était passé à l'hémoglobine. Nerveux à souhait de ses habits de prince, le divan de velours ne trouvait pas plus de grâce à ses yeux que les minutes et les heures qui s'écoulaient sans que sa bratok ne daigne apparaître. Rafaïl continuait d'aller et venir dans ses luxueux appartements, son verre à pied en cristal à la main. Le cœur plein d'un mélange de rancœur amère et de désir ardent. Il n'avait jamais désiré quelqu'un avec autant de force, et cela l'enrageait. L'indépendant refusant d'être dépendant, mais qui ne pouvait que constater sa défaite. Insupportable. Rafaïl sortit à plusieurs reprises sur son balcon, scrutant les rues de Pétrograd de son regard olive, enchaînant les cigarettes avec une nervosité palpable. Jamais. Jamais il n'avait été ainsi. Et la jolie Darya continuait de jouer avec ses nerfs comme elle avait joué avec lui un peu plus tôt dans la journée. Si ça ne tenait qu'à lui, Rafaïl filerait à vitesse grand V à la boutique des Kyrssanov pour retrouver Darya, mais comment s'assurer qu'elle y serait ? En outre, c'était une manière de lui montrer qu'il était faible, et il ne lui ferait pas ce plaisir. Alors, il demeurait. Alors, il rongeait son frein. Il ne parvenait tout simplement pas à rester en place, et passait d'une pièce à l'autre de sa démarche toute féline, accumulant les marques d'agacement.

Il finissait par croire qu'elle ne viendrait plus lorsque trois coups furent frappés à sa porte. Le Baron, affalé pour la trente-quatrième fois sur le divan, se leva avec une lenteur maîtrisée. Prédateur, il se remit finalement débout pour se glisser en silence jusqu'au vestibule. Il passa un langue gourmande si ses lèvres tout en l'imaginant, Darya, de l'autre côté de la porte. Lorsqu'il se décida finalement à ouvrir et qu'il la vit, face à lui, il se figea. Oh que oui, qu'il lui en voulait de l'avoir fait tant attendre, mais sur l'instant, il aurait été prêt à tout lui céder tant elle le bouscula, lui le colosse. Faible, lui cria sa conscience. Ferme donc ta gueule, rétorqua son cœur dont le rythme était indécent. Son regard passa lentement du regard bleu de la jeune femme à ce décolleté mis en avant, et cette robe noire qui épousait ses formes à merveille. Il revint finalement à ses yeux, et un sourire séducteur orna ses lèvre. « Tu sais te faire désirer, uh-hum ? » Il s'écarta pour la laisser passer. « Entre, je t'en prie. » Il referma derrière eux une fois qu'elle se retrouva avec lui dans le vestibule, et ses manières de gentleman reprirent le dessus sur le séducteur. « Tu es très belle. » Son palpitant, qui avait entamé un tango des plus endiablés, fit un pas de deux qui lui coupa presque le souffle. Le Beau avait toujours su toucher Rafaïl quand il laissait la plupart des gens indifférents. Le jeu, quelque part, semblait sur le point de repartir, telles les braises d'un feu pas tout à fait éteintes qu'un simple coup de vent pouvait raviver. Il récupéra son manteau, et lui désigna le salon dans lequel il avait tourné et tourné afin qu'elle s'y aventure. Lui, plus taquin que jamais, choisit de lancer les offensives et de se glisser dans son dos, jusqu'à ce que ses lèvres viennent effleurer l'arrière de son oreille droite.
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BETWEEN GODS AND BEASTS
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Darya Kryssanov
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HIVERS : : Vingt-deux ans. BRATVA : : Vostokovitch BRANCHE : : Les courtoises convoitises. LABEUR : : Soldat de plomb à l'agilité féline. Voleuse délicate. CAPACITÉ : : Présage NIV. : : Premier SYNDROME : : La souffrance des mortels comme drogue. IMPOSTURE : : Couturière suppléante dans la boutique familiale quand les études le permettent. STATUT : : Les lèvres vierges d'un véritable sentiment. Le corps souillé par la débauche. ÉCHOS : : L'ancienne ballerine abandonnant ses rêves. La langue honnête ne cache rien. L'atroce vérité sur les lèvres. ROUBLES : : 410 TEINTE : : #669999 MÉFAITS : : 402 ID & GUEULE : : Peony; Camilla Christensen CRÉDITS : : Odistole ERRANCE : : 29/08/2016
Dim 23 Oct - 0:29
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Basic Instinct

 
There are nights when the wolves are silent and only the moon howls.
Avait-elle bien fait ? La joueuse hésitait encore et toujours pourtant les trois coups frappés lui avaient ôté toutes les possibilités de disparaître. Elle voulait être désirée jusqu'à ce que le Baron n'en puisse plus. Jusqu'à ce qu'il explose dans un élan de passion et de haine. Elle le voulait à genoux le pauvre homme. Sentir sous ses talons cette puissance qu'il dégageait. Écraser l'image de l'indomptable Rafaïl Charov. Darya voulait tout simplement le dominer rien qu'un instant. Le sentir pris au piège dans cet appétit pour la chair qu'elle seule pouvait calmer. L'homme dépendant à la pauvre gamine, voleuse et couturière. Quelle idée saugrenue. Lui qui avait déjà connu des conquêtes avant même qu'elle soit expulsée de ce cimetière de fœtus. Il en avait vu des femmes, goûté à de nombreuses peaux. Croire qu'elle arriverait à quelque chose de nouveau, de presque extraordinaire était absurde ainsi qu'ambitieux. Mais elle y croyait car il lui avait montré de l’intérêt. Il s'était montré joueur. Préférant sa frustration que de lui donner le plaisir de ressentir entre ses cuisses la faiblesse du séducteur. Il était un adversaire, mais comme les autres il terminerait par lui céder la victoire. Dans ce jeu, elle serait forcément la grande gagnante. Ici, devant la porte elle attendait juste qu'il se laisser aller. Il l'avait invitée pour une seule et unique chose, se perdre sur ses délicates courbes. L'homme ne s’intéressait qu'aux lèvres hautes et basses. Elle ne lui avait donné que ça, jouant de ses phalanges près de la virilité. Trop près sans pourtant jamais s'y perdre. Darya n'avait dévoilé qu'un comportement joueur. Une insolence qu'elle drapait d'innocence. Les heures s'étaient éteintes, mais sur ses lippes dansait encore la chaleur des baisers évités et des contacts avortés. La raison de sa présence était si simple et pourtant tellement embarrassante. Surtout pour celle se voulant au dessus de la bataille. Kryssanov n'avait cessé de penser à lui. A ses lèvres fines. A son parfum. A sa main sur sa hanche ou ses doigts contre son menton. Elle n'était pas rassasiée de ces contacts, il lui en fallait plus, mais l'idée de laisser un autre être se perdre sur sa pâleur ne l’enchantait guère quand non loin l'attendait impatiemment le Charov. Ce soir, c'est lui qu'elle désirait et personne d'autre.
Mais n'était-ce pas trop simple pour Rafaïl ? Une adresse griffonnée sur un morceau de papier et quelques heures plus tard se retrouvait sur son palier sa future source de plaisir. Pute. Elle se sentit escorte. Catin improvisée. Finalement ce n'était pas une si bonne idée. Elle passerait pour la fille facile ne résistant pas aux charmes Charov. Comme les autres. Trop tard sa présence déjà annoncée l'empêchait de repartir. Enfin, elle aurait pu disparaître. Ne laisser sur le palier qu'un indice de son passage. Cruelle créature, mais elle resta bloquée sur le palier. Les talons refusant de faire demi-tour.  Ils venaient de trouver la place qui leur était destinée, celle de la prostituée attendant que son client décide de venir lui ouvrir. Dans ses pensées contradictoires, le temps lui parut infime. Il se présenta déjà à elle.
La bouche s’élargit quand la porte s'ouvrit sur l'Apollon. Darya ne quitta pas son regard des yeux tandis que le sien parcourait les courbes que sa robe épousait. Il n'avait pas l'air irrité d'avoir attendu. Visiblement heureux de la voir, enfin. Tu sais te faire désirer. Pas assez pensa-t-elle avec une once de regret au coin des lèvres. « Merci. » sourit-elle tout en entrant dans le palace du baron. L'atmosphère entre les deux corps n'était plus la même. Les joues timides s'étaient habillées d'un léger voile rouge. Le temps que tout se remette en marche, qu'elle reprenne ses marques avec lui dans un tout nouvel univers. Pas si aisé. Elle était la reine dans l'atelier. Ce monde qu'elle connaissait par cœur. Ici, rien ne lui appartenait. Rien ne portait ses empreintes sauf l'homme. C'était donc à lui qu'elle devait se raccrocher. Au compliment, elle ne répondit rien. Son regard s'échappa même des iris de Rafaïl. Des mots comme les autres. Une phrase sans doute commune sur la langue du séducteur. Darya se sépara de son manteau avant de suivre les instructions et se tourner  vers le salon. Il y avait tellement de choses à observer, à apprécier. Elle ne savait pas où regarder. La demeure était l'âme d'un être. Elle dévoilait tout, absolument tout de ses occupants. Pour ça que la voleuse ne laissait jamais personne entrer dans la sienne. Son monde sauvage devait le rester. Il ne devait pas se rendre compte du cadeau qu'il lui faisait. Par son activité, elle possédait un regard différent et il venait de l'inviter dans son domaine. Le souffle caressa son oreille. Le corps tout entier frissonna. Le frôlement marquait le début d'une nouvelle partie. Le buste se gonfla, la bouche s'entrouvrit et la main se leva. La délicate palme vint se poser sur la joue. Sous les doigts, elle sentit la barbe naissante. La fièvre du gaillard. Sans perdre une seconde, elle lui fit face. La malice sur ses traits presque juvéniles. Son pouce passa délicatement sur la lèvre inférieure de Rafaïl. « Déjà ? » Heureuse de voir le jeu reprendre aussi rapidement. Elle laissa ses océans couler dans les pupilles du baron.  La pulpeuse se posa sur les fines lippes masculines. Un baiser rapide et doux, presque chaste qui s'opposait à la fougue qu'elle alimentait le concernant. Darya voulait lui donner un peu afin qu'il en redemande. Elle devait bien s'excuser aussi de cette longue et pénible attente. Le visage se recula de même que le corps. La couturière ne lui laissa pas le temps d'y retourner qu'elle s'éloignait déjà. La paume sur la joue, glissa quant à elle sur le cou puis au milieu du torse jusqu'à finalement échapper au contact avant d'atteindre la ceinture. La blonde le regardait tout en reculant. Un sourire taquin, les mains dans le dos. « Un peu de patience, monsieur Charov. » Alors qu'elle roulait des hanches et fit trembler sa poitrine dans un éclat de rire. Un tour sur elle-même. Elle observa rapidement la pièce puis s'arrêta de nouveau vers lui. « Tu ne me fais pas visiter? » Ses mains passèrent devant. Désireuse d'en apprendre plus sur lui qu'il ne pourrait jamais lui dire. Elle voulait comprendre qui était cet homme qu'elle devait écouter et respecter. Celui qui bientôt se retrouverait à jouir entre ses cuisses. « Même s'il n'y a qu'une seule pièce qui nous intéresse. » Darya se mordit la lèvre. Elle ne le quitta pas des yeux. Elle n'y arrivait pas.
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Rafaïl Charov
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HIVERS : : Quarante-trois. BRATVA : : Vostokovitch, la seule et l'unique. LABEUR : : Baron des voleurs et des faussaires. CAPACITÉ : : Ambroisie. NIV. : : Quatre. SYNDROME : : Un certain penchant pour le sang des chérubins. IMPOSTURE : : Érudit, bête de savoir, docteur en Histoire qui professe parfois son art pour les Profanes. STATUT : : Grand amoureux des flirts et de son célibat. ÉCHOS : : Enjôleur volage à l'intellect de génie. ROUBLES : : 298 TEINTE : : #669999 MÉFAITS : : 424 ID & GUEULE : : Odistole, Adrien Brody. CRÉDITS : : Odistole, Alas. ERRANCE : : 29/08/2016
Ven 4 Nov - 3:28
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Basic Instinct

 
dream within a dream
Oui. Déjà. Elle n'imaginait pas la bataille qui faisait rage en lui chaque fois qu'il posait les yeux sur elle. Entre désir et retenue. Savoir-vivre et inconvenance. Charov avait beau être Baron et jouer sur son propre terrain, Darya avait les armes pour se défendre. Pour contrer ses avances, sa soif de corps et son envie de dominer. Car c'était bien ce qu'était Rafaïl. Traumatisme du bâtard ayant essuyé les regards arrogants de ses pairs jusqu'au conclave l'ayant propulsé sur le devant de la scène. Jusqu'à la reconnaissance. Rafaïl n'était pas un idiot. Il avait fait en sorte que ses épaules soient suffisamment solides pour supporter de telles responsabilités. L'historien n'avait rien laissé au hasard, comme toujours. Il avait provoqué le destin en devenant bien meilleur que la plupart des Séides appeler à devenir Baron. Aussi, Vladimir l'avait-il choisi. Aussi s'était-il contenté d'adresser un gigantesque pied de nez à l'assemblée de Séides qui servaient si loyalement son père, et qui, désormais, le serviraient. Rafaïl n'avait jamais cessé d'être à la hauteur. Et lorsque le vert de ses yeux se posait sur la Kryssanov aux cheveux de miel, il ne pouvait s'empêcher de songer qu'elle était tout autant à la hauteur qu'il ne l'était. Et l'océan de passion qui déferlait dans ses veines était des plus difficiles à contenir. Intéressante, la Bratok qui osait lui dire non quand ces centaines auraient dit oui. Elle aurait dû savoir. Savait-elle ? Était-elle au courant de celui qu'il était ? Il ne pouvait en être autrement, la réputation de Charov le précédait. Il laissa dans son sillage les soupirs et parfums des mille et une femmes sur lesquelles il était passé. Non. Darya ne pouvait pas ignorer qui il était. Et pourtant, elle était là. À sa porte. Entre ces murs dont il n'offrait la vue qu'à très peu de personnes. Preuve que la voleuse lui était... spéciale. Rafaïl prit une grande respiration. Elle avait la fâcheuse faculté de rendre son rythme cardiaque fou. Il était asservi, le Baron. Esclave de cette aura qu'elle dégageait à se tenir devant lui. Comment était-il censé garder la tête froide quand elle l'avait sevré de sa présence toute la journée durant, et qu'elle venait à lui pas plus vêtue que les poupées qui se déhanchaient sur l'avenue Nevsky ? Mais c'était bien un de ses pions qui lui faisait face, pas une de ses putains de la Severovitch. Forte de l'influence qu'elle avait sur lui, forte d'avoir su attiser ses passions. Savait-elle que très peu de femmes sur Terre pouvaient prétendre à ne serait-ce qu'attirer son attention ? Rafaïl et son ego surdimensionné ne parvenaient à y croire. Et pourtant, il avait passé la journée à s'épancher au silence de la force avec laquelle il la désirait. Dans ses bras, entre ses doigts. Darya. Oui, Rafaïl avait toujours été à la hauteur, mais pour Darya, Rafaïl se sentait prêt à laisser sa fierté de côté. Étrangement. Elle avait cette grâce antédiluvienne, propre aux femmes d'un autre temps, qui la rendait terriblement imposante, quand bien même elle avait à peine la vingtaine passée.

Et la patience de Rafaïl avait été suffisamment mise à mal en ce jour gris. La carcasse du Baron était venue prendre en guet-apens la fine voleuse, sans la toucher cependant. Les lèvres du mâle n'avaient fait que frôler l'oreille claire. Tout esclave qu'il était, Charov demeurait un homme qui obtenait ce qu'il voulait. Toujours. Et toute antédiluvienne qu'elle pouvait être, Darya ne serait pas une exception. Une main d'albâtre se dressa et vint se poser sur sa joue. Une armée de frissons parcourut le corps de Rafaïl, tant et si bien que son souffle en devint tremblant l'espace d'un instant. Elle lui fit face et il resta de glace, hypnotisé par sa beauté. Un visage qu'il aurait pu contempler des heures entières si elle n'avait pas pris la parole, le rappelant à la réalité. Oui. Déjà. Il n'eut pas le temps de répondre quoi que ce soit car elle le surprenait en déposant sur ses lèvres un baiser d'une douceur inattendue. Un petit quelque chose, un petit rien du tout qui électrisa pourtant le corps du Baron tout entier. Prêt à y retourner, il fut cependant privé de la moindre parcelle de peau à embrasser ; Darya venait de lui échapper. Son regard s'accrocha au sien, le vert contre le bleu, et un sourire glissa sur les lèvres de l'homme qui lisait la taquinerie sur celles de la Bratok. Il l'observait, terriblement curieux. Tourner sur elle-même, ballerine de pacotille, agile cependant. Charov n'en loupait pas une seule miette, complètement envoûté. Visiter ? « Bien sûr, » répondit-il après un silence nécessaire afin qu'il rassemble ses esprits. Même s'il n'y a qu'une seule pièce qui nous intéresse. Elle visait juste, la petite. Rafaïl se para de son sourire le plus charmeur, et prit le devants avec quelques regrets en maîtrisant tant bien que mal les incendies de désir et d'impatience qui faisaient rage en lui. Le salon laissa place à la cuisine. Un mélange de modernité et de classicisme. Un ilot central aménagé en plan de travail. Un regard en direction de la néréide, puis il l'entraîna dans un couloir, fait de mosaïques du sol aux murs. En son bout, une large pièce, et creusé dans le sol, un bassin rempli d'eau fumante. Les thermes personnels du Baron de la Vostokovitch, un caprice d'historien. Il jeta un regard enjoué à la Kryssanov, puis il reprit la marche vers cette seule pièce qui les intéressait. Dans le prolongement de ces thermes miniature, une pièce transitoire, une salle de bain beaucoup plus classique, mais luxueuse. Puis, ils débouchèrent sur la chambre de Charov. Un grand lit à baldaquin trônait au fond de l'espace, installé sur un tapis persan au motifs d'une grand complexité. Une autre pièce se dessinait dans une ouverture. Rafaïl fit quelque pas dans la chambre, puis se tourna doucement vers Darya. « Tes attentes sont-elles comblées ? » Un sourire amusé dansa sur ses lèvres fines, puis, il lui tendit la main. Il régnait dans son regard un mélange de douceur et de passion torrentielle, et s'il désirait la voleuse de tout son être, il était cependant trop accroché à ses principes pour la forcer à quoi que ce soit.
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Darya Kryssanov
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Lun 7 Nov - 1:07
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Basic Instinct

 
There are nights when the wolves are silent and only the moon howls.
Ça bouillonnait à l'intérieur. Entre les tripes et le cœur. Un amalgame douteux de sensations et de sentiments grognait et inondait les tympans. Ainsi que la douce gorge à l'intérieur rosé qui sèche, n'attendait que d'être imprégnée par la semence viciée du bâtard-roi. Désir premier pour le baron à la puissance séduisante. Lui qui pouvait l'écraser dans le creux de sa main.  Lui qui pouvait la rendre chose ou la rendre rien. Elle pourrait être l'univers ou le néant entre ses paumes. Il serait son sculpteur. Le façonneur de ses courbes encore gosses. L'amoureux de la saveur de son épiderme sucré. L'homme dont elle a toujours rêvé. Mieux que le tout premier, elle en était certaine. Impressionnée que la quadra puisse trouver dans sa frêle carcasse quelque chose à se mettre sous la dent. Qu'il se plaise à l'attendre, alors que normalement les monstres comme lui ne patientent pas. Ils prennent, usent et cassent avant de remplacer. Pourtant il l'attend. Certes que quelques heures, mais faut dire que les secondes sont longues quand l'envie naît sous la ceinture. Il l'a trouvée assez intéressante pour ne pas la remplacer par la première poupée détraquée à la débauche palpable. Y a de quoi stresser. Faudrait pas décevoir le grand Charov ou louper son coup. Surtout pas après l'attente qu'elle lui a infligée comme une grande dame. Malgré les hauts talons, le maquillage et les bijoux se trouve toujours une enfant qui rêve de palace et de bonheur. Impatiente de ressentir les lèvres glacées sur son derme brûlant. Déchirée entre l'envie de se faire encore désirer et celui de se laisser complètement aller. Le jeu était de torturer le mâle, mais elle terminait aussi par se fatiguer.
Loin de lui. Chaque mètre semblait le double avec cet appétit qui lui serrait le gorge. Sur les pulpeuses se trouvait encore la sensation fantôme des lèvres fines du séducteur. Elle en mourait d'envie d'y retourner. Lui sauter au cou afin de joindre de nouveaux les rosés. Darya voulait se souvenir de leur goût pour ne jamais oublier cette soirée où elle était devenue plus qu'une bratok pour le baron. Et même si elle devait le redevenir le lendemain matin, elle aurait toujours cette satisfaction d'avoir était la source d'un plaisir incontrôlable. La curieuse demanda une visite de la demeure. Peut-être qu'elle voulait juste reculer le moment fatidique. Peut-être, mais elle voulait surtout apprendre à connaître Rafaïl et le meilleur moyen était de voir où il vivait. Une pièce vide en dit plus sur un homme que tous les discours qu'il voudra bien vous accorder. Un court instant, elle aurait préféré qu'il lui saute dessus. Qu'il lui refuse cette demande pour la basculer sur le canapé et qu'il fasse de la blonde sienne sauvagement. Impatiemment avec ardeur et passion. Son cœur s'emballa, mais il reprit rapidement un rythme convenable en voyant Charov entamer son excursion. C'était à son tour de connaître la frustration.
Les mains croisées dans le dos, Darya le suivait dans chaque pièce. S'approchant dangereusement de lui, laissant son épaule frôler la sienne ou sa poitrine effleurer son coude. Elle accordait quelques secondes aux meubles, un peu moins aux murs et au sol, son regard terminait toujours par rejoindre le maître des lieux. Ici et là, la couturière imaginait des ébats passionnés. Une perte de contrôle de sa part puis de celle du Charov, mais toujours le même plaisir satisfait entre les lèvres. Déception, frustration et impatience augmentaient à chaque fois qu'ils quittaient une pièce. Dans un coin de la caboche bien occupée à concevoir d'honteuses pensées, des détails s'accumulaient. La curiosité se voyait comblée. En plus il semblait si fière de lui montrer cet environnement qu'il avait choisi et remanié à son image. Elle lui répondait à chaque fois par un sourire plus grand, plus beau. Appréciant à sa juste valeur ce cadeau qu'il lui faisait. Nombreuses pouvaient être celles se vantant d'avoir laissé le baron se perdre entre leurs vulgaires cuisses, mais on ne pouvait pas dire la même chose de celles ayant visité son palace.  Plus que chanceuse, il avait délibérément pris la décision de l'inviter ici et de partager son intimité. Plus qu'une question de sexe, c'était une certaine confiance qu'il lui accordait que Darya ne voudrait jamais décevoir.
Un lit se dessina enfin dans la pièce suivante. L'organe battant s'affola dans la poitrine. Elle n'avait plus le contrôle de rien. Elle ne pouvait plus s'en aller et le laisser en compagnie de sa main. Ce serait malpoli et franchement stupide. Il s'éloigna tandis que sa voleuse resta plantée à l'entrée. Son regard se perdait dans la pièce, ne sachant où se poser. Effectivement elle était la seule qui les intéressait, l'invitée aurait pu passer de longues minutes à tout observer si seulement Rafaïl ne s'était pas retourné vers elle. Lui volant son attention. Elle regarda la main se lever. La langue sortit furtivement de sa baraque pour venir humidifier les pulpeuses. Les prunelles passèrent de la main au visage de l'homme avant de revenir sur l'invitation des phalanges. La tête se pencha sur le côté, elle envisageait toutes les options qui se présentaient à elle. Il y en avait tellement. Mais avant qu'il soit trop tard, elle s’avança avec l’élégance de la danseuse et le regard de la catin. Ses doigts se refermèrent sur cette main tendue qu'elle porta à ses lèvres. De doux baisers, les mêmes que celui qu'elle avait déposé sur les lèvres, sur la paume.  « Pas entièrement. »  Elle avait d'autres attentes qui ne demandaient qu'à être comblées. Ses lèvres remontèrent le long de chaque phalange, accordant trois contacts à chacune. Darya lâcha la main et passa dans le dos du grand Charov. La différence de taille était réduite à presque rien grâce aux talons de huit centimètres de la belle. Son poitrail collé à la carcasse, ses bras s'étaient faufilés sous ceux de Rafaïl. Alors que ses lèvres effleuraient la nuque déposant au hasard bécots ou coups de langue, ses mains s'occupaient de la chemise. Les boutons du haut ne résistaient pas longtemps aux doigts experts. Elle n'ouvrit pas entièrement le vêtement, s'arrêtant au milieu de l'abdomen. La blonde préféra s'inviter directement sous le tissus et caresser les pectoraux bien dessinés. Sa bouche continua son chemin jusqu'à l'oreille droite dont elle mordit le lobe. Bien que l'envie d'infliger la douleur était toujours présente, elle se contenta juste de refermer les dents sur le lambeau de chair sans forcer. Ses bras furent les premiers à s'en aller, puis les pulpeuses quittèrent à leur tour le corps masculin. Kryssanov mit fin au contact.  « Tu as assez patienté. »  lui murmura-t-elle quelques secondes avant de s'éloigner en reculant vers le lit. Darya dévorait Charov du regard. La droite, puis la gauche, les chaussures furent retirées, rendant à la couturière sa véritable taille et au client sa hauteur. Elle s'arrêta en sentant le lit contre le derrière de ses jambes. A l'intérieur, le volcan menaçait d'entrer en éruption, mais c'était le jeu et Darya ne pouvait s'en prendre qu'à elle.
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BUILDING CATHEDRALS OF SIN
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Rafaïl Charov
BUILDING CATHEDRALS OF SIN
HIVERS : : Quarante-trois. BRATVA : : Vostokovitch, la seule et l'unique. LABEUR : : Baron des voleurs et des faussaires. CAPACITÉ : : Ambroisie. NIV. : : Quatre. SYNDROME : : Un certain penchant pour le sang des chérubins. IMPOSTURE : : Érudit, bête de savoir, docteur en Histoire qui professe parfois son art pour les Profanes. STATUT : : Grand amoureux des flirts et de son célibat. ÉCHOS : : Enjôleur volage à l'intellect de génie. ROUBLES : : 298 TEINTE : : #669999 MÉFAITS : : 424 ID & GUEULE : : Odistole, Adrien Brody. CRÉDITS : : Odistole, Alas. ERRANCE : : 29/08/2016
Jeu 1 Déc - 1:07
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Basic Instinct

 
dream within a dream
Elle était à la fois la plus jolie des fleurs et le plus redoutable des poisons. Magnifiquement fatale. Fatalement magnifique. Charov ne se méfiait que trop de la manière qu'elle avait de papilloter des cils à son attention, et pourtant, grand diable, c'était livré aux flammes que l'Oupyr se trouvait. Déchiré entre désir et suspicion. Parce qu'elle était bien la première depuis sans doute une éternité à réveiller ce qui battait si faiblement sous sa cage thoracique. Rafaïl n'aimait pas, Rafaïl ne s'attachait pas. Ou plus, plutôt. Darya soulevait pourtant chez le Baron des dilemmes extrêmes, quand il ne se serait jamais autant tracassé avec la première venue. Elle jouait, la petite, elle osait là où d'autres se seraient écrasées face à lui. Et c'était cette charmante insolence qui avait séduit le colosse. Elle avait des tripes, Darya. Plus que n'importe quelle autre donzelle s'étant trémoussé sur son passage. Ça ne voulait pas dire qu'elle était parfaite. La jeune femme restait encore à ses yeux une Bratok drapée de mystère. Rafaïl, en outre, était un homme doté d'une certaine patience, mais comme tout un chacun, il possédait ses limites. Et la Kryssanov semblait bien les avoir franchies en le faisant attendre si longtemps alors qu'en lui brûlant le plus ardent des feux. N'avait-elle pas craint que ce feu ne s'éteigne ? Cherchait-elle uniquement à se faire désirer, encore, encore et encore ? Mystique, la blondinette l'était au plus haut point. Entre ces regards enjôleurs et ces baisers trop courts pour être savourés, Rafaïl avait là tous les ingrédients pour perdre tout bonnement la tête. Peut-être était-ce ce qu'elle cherchait, après tout. L'affaire était tentante, la place qu'il occupait importante. La manipulation était un art dans lequel le Charov excellait moins que d'autres, mais il savait reconnaître un baratineur. Darya, à ses yeux, n'en était pas une. Pas totalement. Elle semblait ambitieuse. Il fallait l'être pour lui avoir résisté de la sorte à l'atelier de son père. Mais Rafaïl était miséricordieux et accordait à sa jeunesse son sacrosaint pardon, même si en réalité, il était surtout bouffé par la curiosité à son sujet. Elle le rendait chien comme elle le rendait fou, et bien que conciliant, l'Oupyr restait un homme, et elle l'avait torturé comme jamais une femme ne l'avait fait auparavant. Il se pliait à ses exigences avec une flexibilité qu'il ne se connaissait pas, lui le Baron, lui dont le pouvoir était immense. Il fallait dire que peu de personnes venaient ici, habituellement, et sûrement pas une simple Bratok. Charov considérait véritablement cet endroit comme un repère, plus encore que ce palais dont il avait dévalé les marches étant môme. C'était l'antre du terrible Baron de la Vostokovitch. Son antre. Et c'était surtout sa chambre dans laquelle ils venaient de pénétrer. Un lit dans lequel d'estimables maîtresses avaient joui, tout autant que lui. Une pièce pourvue d'un tableau à son effigie, grandeur nature. Un portrait qu'il ne chérissait point, mais qu'il n'haïssait pas non plus. Un souvenir du temps qui s'écoulait, inébranlable, impitoyable. Les rides n'ornaient pas le visage du colosse comme elles le devraient. Le temps suspendu sur son visage était aussi un fardeau avec lequel il devait vivre. Darya, en outre, aurait tout aussi bien pu être sa fille. Il ne posait cependant pas sur elle le regard d'un père, pas le moins du monde. Rafaïl bouillonnait de désir, mais tout en décence. Respectueux l'homme qui pouvait pourtant prendre n'importe quoi sans avoir à demander. La main qu'il lui avait tendue fut saisie, et les baisers furent apposées sur sa paume, puis sur chaque phalange. Fasciné par ces lèvres qui caressaient son épiderme sans la moindre gêne, il la laissa faire, pantin sous le joug de cette danseuse aux regard de catin. Elle disparut dans son dos, et Charov ferma les yeux en sentant sa poitrine contre lui. Il se concentra sur ces baisers qu'elle déposait dans sa nuque, puis sur ces mains glissées par-devant lui et qui s'affairaient à déboutonner sa chemise. Pas entièrement. Elles glissèrent sur la peau du Baron et celui-ci fut parcouru d'un million de frissons. Puis, elle le quitta. Les yeux se rouvrirent et Rafaïl la vit, reculant vers le plumard divin. Elle se déchaussa et Rafaïl se rapprocha. Sa main alla cueillir une joue, et l'autre se posa sur sa gorge. Se courbant doucement, Charov s'empara de ces lippes si charnues, l'embrassant avec une langueur toute inédite. La main sur la gorge migra jusqu'à la bretelle la plus proche pour la faire tomber, et l'instant d'après, c'était sur son sein dévoilé qu'elle se posait. D'un geste, et dans un éclat de bouton en nacre, la chemise rejoignit le sol. Si l'homme était bien bâti pour son âge, il était aussi d'une minceur insolite. L'autre bretelle fut glissée le long de l'épaule, et l'autre sein mis à nu. Rafaïl ne résista pas et leur imposa ses paumes, de même qu'une pression qui fit basculer la jeune femme en arrière. Les draps pourpres l'engloutirent presque, elle et sa pâleur extrême. Il se pencha pour saisir délicatement cette robe, et fit glisser le vêtement le long du corps de la Bratok, mettant en lumière cet infime sous-vêtement. Bien qu'il fut totalement grisé par l'envie, Rafaïl demeura à l'observer de son regard vert, elle toute entière. Ses lèvres s'animèrent soudain. « Magnifique. » Il demeura un petit moment encore perdu dans sa rêverie, puis il alla retrouver ces lèvres si ardemment désirées.
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