Partagez | 
 

 year zero.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
Mer 12 Oct - 20:39
____________________________________________


year zero
lev & ismaël

Y'a le vent qui cogne contre le verre. Un crissement qui paraît perpétuel. La vitre va finir par s'ébrécher sous la pression de l'air. Un coup d'œil rapide sur sa gauche, vers la masse de cheveux blonds. La belle endormie. Son corps se hausse légèrement alors que l'air pénètre dans ses poumons abîmés. Comme une figure de marbre animée. Y'a l'orage qui déchire le ciel. La lumière aveuglante qui transperce les cieux, quelques courts instants seulement. Ses yeux se fixent sur la fenêtre, comme une porte vers un monde en ruine, écrasé sous le chaos. Adossé contre la tête du lit. Immobile. Posture habituelle. Encore une fois, un esclandre qui vient attiser l'écho de la tempête. Un soupire qui s'échappe de sa bouche. « Milena. » qu'il murmure, la tête tournée vers la femme assoupie. C'est le silence qui le répond, brisé à quelques intermittences par le souffle léger de sa maîtresse. Puis c'est son corps à lui qui bouge finalement. Qui quitte le lit, lentement. Ses pieds qui traînent sur le sol lisse. Sa main glisse sur l'encadrement de la porte alors qu'il la dépasse. La lumière de la salle de bain clignote quelques secondes avant de finalement éclairer la pièce d'une lueur faiblarde. Reflet étudié dans le miroir immaculé. Des légères marques sous les yeux qui viennent alimenter son air fatigué. Regard vers le pendule accrochée au-dessus de la baignoire. 01H00. Il bosse encore à cette heure d'habitude, pas étonnant qu'il arrive pas à fermer l'œil. Besoin d'air. Habillement express. Dans la rue, il sent à peine le vent, stoppé par les vieux immeubles grisâtres. Les mains dans la poche de sa veste, il s'aventure sur les trottoirs déserts.

La lumière qui éclaire la rue comme en plein jour. Ismaël contourne, le pas rapide, le bâtiment éblouissant. La petite allée austère. Le garde qui ouvre la porte en reconnaissant la silhouette du bratok. Une fois à l'intérieur, c'est comme si la météo détruisant le ciel n'est plus qu'un détail insignifiant. Il a réfléchi pendant le chemin. Tout s'est bousculé jusqu'au fond de son crane. Le pour. Le contre. Y'a son pote Yuri. Y'a son supérieur Lev. Et Ismaël, entre les deux, il est paumé, tout simplement. Yuri, il dénigre le boss. Yuri, il crache sur le chef. Yuri, il veut le descendre de son piédestal. Posté devant la porte du baron, la main suspendue dans les airs. Bloquée, à quelques centimètres du bois qui le sépare de Sianov. Ismaël, il a toujours eu cette putain d'admiration pour ce type. Y'a toujours eu cette envie d'être comme lui, d'le suivre comme un modèle. Déchiré entre deux parties. Il a trop réfléchi Ismaël. Fermer sa gueule, protéger Yuri. Trouver une place de choix dans les bonnes grâces du baron, balancer Yuri. On lui a rien demandé à Ismaël. Il veut juste prendre la bonne décision. Inspiration. Puis sa main qui cogne contre la porte. Les secondes qui défilent, comparables à des heures. Décision prise. Fidélite, toujours. Sa loyauté, qui passera constamment devant toutes autres choses. Les potes. Milena. Sa propre vie. La bratva, c'est elle qui régit sa vie. Le baron, c'est lui qui décide de son existence. Y'a plus d'hésitation dans sa caboche emmêlée.

Revenir en haut Aller en bas
venomously yours
avatar
Lev Sianov
venomously yours
HIVERS : : Cinquante cinq ans de survivance dans le lacis scélérat de Saint-Pétersbourg. LABEUR : : Faciès avunculaire & conseiller du Pakhan, endimanché Baron qui entretient le show de sa Bratva. CAPACITÉ : : C'est la Mare bien peignée, une goutte de fragrance d'obscurs tourments sur chaque tempe et le phonème suave pour incanter à l'onirique et aux réminiscences. Il est la Chimère copurchic avec son eau-de-toilette niveau 3, et le diable se refuse à un quatrième seuil miasmatique. SYNDROME : : Les noirs songes spoliés aux hères ont verdoyé en des miscellanées lancinantes, des légions de succubes cauchemardesques qui violent le voile de ses paupières, le lardent et abandonnent exsangue le sommeil. Quand ce ne sont pas eux, les démons violateurs, c'est l'agrypnie qui fait florès et dépouille l'Esthète de son bon acabit. STATUT : : L'alliance à la phalange, sixième maillon rubigineux de la chaîne matrimoniale, il a pour captieuse moitié une prostipute d'apparat dont il exhibe les charmes à l'instar des jantes d'une nouvelle Bugatti. L'apsara est le fantoche de sa Mascarade, jusqu'au prochain caprice. ÉCHOS : : Il est le Patricien à l'attrait indicible, le lingual fourchu tant madré qu'il crée ainsi des macrocosmes entiers de mysticisme. C'est un négrier de désirs et cautères tout apprêtés, il a la rhétorique et le magnétisme de son côté, sérail d'apôtres et de subjugués à ses pompes cirées. Mais l'élan goguenard et agitateur camoufle une hideur de mauvaise foi, l'ombrageux vainqueur par défaut pour qui la fin justifie les moyens. ROUBLES : : 201 MÉFAITS : : 200 ID & GUEULE : : Lev. CRÉDITS : : ALAS. ERRANCE : : 04/09/2016
Jeu 13 Oct - 15:12
____________________________________________





je te vois

obscure disquisition


F
aucille Rouge. Lacis pulmonaire de la Zapadovitch, ostensible magnificence et trône aurifère de leur empire. Nuit usuelle, sous les projecteurs versicolores, les millésimes et les grandes aires où les bellicistes des temps modernes joutent à coups de cartes et de jetons. Miasme de fortune et ondée de boniments, la gustation de la concurrence se fait dans toutes les encoignures, et l'on omet que le temps passe. L'on occulte que la vie est vie. L'on profite et l'on dilapide, l'on branle sa morgue pour mieux juter sa gloriole à la gueule des adversaires déconfits. Atmosphère baroque et sibylline, réservée à ces casinos notoires qui délassent Saint-Pétersbourg sorgue après sogue. Une savane familière et rassurante pour monsieur le Baron, c'est ici le pandémonium dans lequel il s'est épanoui. Si rares sont les fois où il s'y octroie une accalmie, ballotté entre les sollicitations, les doléances et les différends du cheptel qu'il gouverne. Ses ouailles sont fantasques, les déités lui en soient témoins, et constituent le purgatif principal d'une énergie déjà moribonde faute de narcose décente. Toutefois, l'on ne se ceint point le crâne d'une couronne sans en subir et en assumer les coercitions, et sous l'éreintement des requêtes, se sustente une vanité émulsive. Ces beaux diables, que pourraient-ils bien faire sans lui ?

La présence latente de cerbères dans les corridors privatisés de l'établissement est un oriflamme pour qui sait l'identifier : si clebs en faction il y a, le maître est à son domicile. Enclin à être importuné, bon gré mal gré, car suzerain accessible pour les féaux de leur abjecte communauté. Cogne la symphonie à l'huis fermé, présence annoncée, et une voix de rogomme de se manifester en son autre côté. « Entrez. » N'en faut pas plus pour que la poignée soit actionnée et que le disciple pénètre dans l'antre même de la Bête. Cependant, ne passe t-il pas le chambranle qu'il se fait surprendre par un projectile, un simulacre de carreau décoché depuis l'auguste bureau au centre d'une pièce outrageusement cossue. La fléchette se fiche dans une cible surannée et suspendue au mur, à à peine une coudée du faciès hâlé par des origines autrement plus soleilleuses que celles des landes soviétiques. « Ha ! Seconde ligne, je m'améliore ! » Se boyaute le munificent protagoniste, littéralement alité dans sa chaise, ses pompes cirées croisées sur la surface du fabuleux écritoire. Majeur et index se conglutinent pour faire signe à l'éphèbe d'approcher, tandis que l'autre paluche lance un nouveau dard qui se loge à l'orée du précédent. Ceci étant fait et après avoir singé son contentement, le beau sire considère pleinement son visiteur, dont l'identité enfante tout de go une risette sémillante. « Si ce n'est pas notre Petit Horus ! » Sobriquet antédiluvien, celui-là a fleuri aux lippes du fils de Pakhan dès la première fois que le cobalt madré de ses iris s'est posé sur la carnation de l'égyptien. L'affection de l'appellation n'a d'égale que l'habitude d'affubler les quidams de surnoms relativement opportuns, comme si, au fond, il se plaisait à renommer sa meute de chiens. On lui pardonne volontiers sa lubie que l'on apprécie considérer tel un biscornu privilège.

Les guiboles s'élancent gracieusement pour recouvrir leur équilibre, et le dandy de faire diligemment le tour du meuble qui les sépare pour se bâfrer de la distance, la dédaigner au point que les phalanges s'apposent sur chaque épaule. Puis, à l'instar d'un parrain allègre, il fait bruyamment claquer un baiser factice sur les deux joues, illustrant avec maestria la notoriété primesautière que leur microcosme lui prête. « Ismaël, c'la faisait longtemps ! Je n'ai pas eu l'occasion de te croiser récemment, pourtant, ce n'est pas faute de flâner dans les casinos de nos camarades. Ceci étant, j'ai entendu dire que tu faisais de l'excellent travail. Mais je me doutais que ce job te siérait à merveille, et si tout le monde est satisfait, alors je le suis aussi. Ca me change des mauvaises nouvelles, de tous ces problèmes pour lesquels l'on me demande d'accourir. » Le soupir est guttural, les doigts massent le front qui se ravine succinctement de déplaisir. « Enfin bon, je ne vais pas t'énumérer mes journées, nous y serions encore à la fin de la semaine. Que puis-je faire pour toi ? »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité
Invité
Dim 23 Oct - 17:06
____________________________________________


year zero
lev & ismaël

Son dos qui pivote rapidement, son regard qui suit la petite pointe volante. Il n'a même pas fait un mètre sur le sol qu'il sent déjà l'air rapide passer à quelques centimètres de son visage. Léger sourire qui vient décorer le visage du jeune homme. Certaine habitude quant aux façons et usages du supérieur hiérarchique. Un léger hochement de tête alors que son regard se pose sur la cible désormais transpercée. « Je vois ça, monsieur, mes félicitations. », qu'il dit de sa voix monocorde. Nouvelle fléchette qui passe près de lui, laissant en son sillon une légère brise, à peine perceptible. A peine a-t-il le temps de se tourner face à son interlocuteur qu'il se sent déjà baltringué par les grandes embrassades du patron. Mal à l'aise par les effusions, Ismaël reste de marbre, se contentant de se laisser faire. Le surnom qui l'anime d'un léger rictus. Comparaison avec le divin oublié du pays d'origine. Il écoute. Analyse. Retient une à une les paroles de Sianov qui se déversent sans interruption. Bonne réputation parmi les rangs de la bratva. Le garde ne joue pas la surprise. Ce n'est plus un secret pour lui. Les échelons, il les a montés avec travail et acharnement. Sa loyauté, elle est sans faille. Lié par un fil d'acier à ceux qui lui ont offert sa chance, bien des années plus tôt. Le baron, il fait partie de cette poignée de personne. Modèle par excellence au sein de l'organisation, celui qu'on veut devenir, celui qu'on regarde de loin avec toute l'admiration du monde. Etre comme lui, peut-être, dans un futur lointain. « Je fais de mon mieux, monsieur. » Politesse infaillible. Respect de l'autre. Modestie, toujours. Son calme légendaire. Parfaite opposition à la tempête qui rugit dehors et qui menace de déchirer la ville à chaque instant. Une légère honte, soudainement. De prendre ainsi le temps du baron pour des futilités. Il fait pas l'unanimité, ce n'est un secret pour personne. Les détracteurs ne doivent pas seulement se compter sur les doigts d'une main. Pourtant, Yuri c'est pas pareil. Il a ce sentiment malsain quand il en parle. Ce regard qui assombrit ses iris. Il le sent, il le voit faire. Prêt à dépasser la ligne, à si peu de choses près.

Sa main qui vient légèrement tirer le col étouffant autour de sa nuque. Pourtant pas du genre à s'inquiéter, Ismaël sent ses mains tremblantes. Raclement de gorge. Impressionné par la grandeur de l'homme en face de lui. Toujours ce ton simple et posé quand il reprend la parole. « C'est à propos d'un de mes hommes. » Ses doigts qui s'entrelacent derrière son dos, posture rigide et sérieuse. Garder la face. Trahison. Ce mot qui résonne au fond de son crane, depuis qu'il a mis le pied dans le bâtiment. Le contexte, il n'en est plus certain. Plus maintenant. Est-ce que c'est Yuri qui trahit le baron, et la bratva par la même occasion. Ou bien est-ce que c'est lui, à se pointer, seulement avec le nom de son ami sur les lèvres. Ismaël inspire. Se racle la gorge. Trouver les mots pour apporter la vérité. « Yuri Balov, monsieur. J'ai l'impression qu'il n'a plus toute sa tête. » Bel euphémisme pour décrire la situation. C'est une vendetta que c'est mis Yuri en tête. Il déblatère, insulte, menace. Remet en cause la légitimé de celui qui les dirige. « Il s'est mis dans le crane que c'est vous qui l'empêchez de monter dans les rangs. Il vous blâme de sa simple position. » Les yeux qui se baissent subitement vers le sol. Légère perte d'assurance face à l'homme supérieur. Ismäel expire lentement. Y'a tout qui se remet en place là haut. Les nombreuses fois où il a dû stopper Yuri, l'arme à la main, prêt à passer à l'acte. Faire quelque chose de grandiose, qu'il lui disait. Sa nuque qui se redresse, son regard qui se fixe dans celui de Sianov. « Yuri pense qu'il doit vous tuer, pour être dans les bonnes grâces du Pakhan. J'ai tenté de le résonner, mais c'est la folie qui a pris contrôle. » Le regret. Pas d'avoir balancé Yuri, non. Celui de ne pas être venu plus tôt. De ne pas avoir tenté d'agir plus rapidement. Yuri, y'a plus rien à en tirer de lui. Et l'avoir dans son groupe, s'est devenu un véritable handicap au bout déroulement de son travail. Expiration, une dernière. Puis son rythme cardiaque, qui semble revenir à une vitesse normale.




Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

____________________________________________


Revenir en haut Aller en bas
 
year zero.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LES NOUVEAUX SAUVAGES.  :: LIEUX EST-
Sauter vers: