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 Malheurs. (vlada)

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admin ☩ I'll fucking digest you
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Vassili Voliakov
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HIVERS : : Quarante-quatre. BRATVA : : Jadis prince de la Yugovitch. Dorénavant vassal du parvis des chairs, la Severovitch. BRANCHE : : Il les empoigne toutes deux, juteuses gorges dilacérées par son omnipotent stupre. Les carnes, molles d’être trop usées, lui miaulent des cantiques de pleurs auxquels l’enflure reste sourde. LABEUR : : Baron draconien qui veille sur l'Obscène Royaume. CAPACITÉ : : Berserk, Féral. NIV. : : Quatrième, depuis sa sortie de taule il y a un an. SYNDROME : : Cannibalisme. Une faim ravageuse qui étreint sa panse et moleste ses papilles, lui fait voir un monde rouge sang et désirer le saccage des simiennes bidoches. IMPOSTURE : : Propriétaire d'un monstrueux pandémonium dit l’Anamorphose, nightclub de la banlieue niché sur les docks brumeux des flots transis. STATUT : : La Bête a le cœur soûl, ravagé par l’adoration faite à l’épouse Voliakov. ÉCHOS : : Vor à la jambe démembrée, maudit par les uns, honoré par les autres ; dont les exactions d’ogre harnachent ses épaules du parfum de l’effroi. ROUBLES : : 1051 TEINTE : : <vass> (tu peux pas test). MÉFAITS : : 1026 ID & GUEULE : : Alas (w/ Michael Fassbender) CLIQUE : : Kol Pavlov. ESSOR : : Disponible. CRÉDITS : : Self-made (avatar), tumblr (gifs), G. Seferis (cit.). ERRANCE : : 28/05/2016
Mar 20 Sep - 18:40
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malheurs

L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn
Dans le hangar, entre camions et stocks, le bruit de l’abatage est amolli. Si l’usine toute entière gazouille de chairs tuées, débitées, vidées, lavées et empaquetées, ici, dans ce cocon millésimé par l’arôme de plastique et de fuel, ne sont perçus qu’au lointain les vagissements bovins. C’est un musée de barbaque refroidie et bâillonnée sous vide, dans lequel les mouches adipeuses viennent s’échouer – atones d’avoir trop sucé les filets de sang razziant le béton. Au centre de ce fief hermétique ont été posés un tréteau, une palette, et dix millions de roubles. Les liasses, alignées aussi soigneusement que les carcasses de la manufacture, patientent elles aussi d’être dévorées par quelque ordurière panse. Toisant l’obole frelatée, nippé d’un manteau charbonneux négligemment flanqué sur épaules, une jambe croisée sur l’autre et suppurant une prestance conchiant toute ostentation, le Baron attend. À sa droite, l’un de ses Brigadiers bourdonne une inimité qui n’est pas sans hérisser l’officier de police, chançard devant lequel gît l’oseille. Il y a, chez l’homme de Loi, une crasse corruptible biseautant ses rides de quinquagénaire. Une risette matoise vient téter ses lèvres, et tandis qu’à sa prunelle chatoie l’imbécillité des goinfres, sa voix babille derechef. « C’est une bien belle somme. J’dis pas. Mais sans mon sauf-conduit, vous l’auriez profond. Alors moi, évidemment, devant pareille déduction, je n’vois pas pourquoi j’avalerais deux-trois gouttes quand j’peux carrément pinter le pis. » Le lieutenant avance d’un pas, badigoinces tordues de colère. « Putain de carogne à qui on a greffé des bourses. T’es aussi gourmand que nos filles. Tu veux t’pinter ? Viens m’siffler le gland. » Un grognement plus las que réprobateur ponctue la bravade, rappelant à l’ordre le gradé bridé par l’aura silencieuse et non moins autocratique siégeant aux abords. « Y a là le double. Et dans quatre mois, comme convenu, la même somme. Ne teste pas nos limites, Abramov. » Le susdit n’en démord pas. Il renâcle un rire de nez. « Et mes limites à moi ? Vous y avez pensé ? Si je le veux, demain, j’fais fermer vos usines. Et dans une semaine, j’condamne vos docks. Vous croyez vraiment m’impressionner, avec votre armada », le menton désigne les chiens de garde armés disséminés dans le hangar, « et votre décor à la mords-moi le jonc ? Je suis l’Autorité. Je crache sur votre société de racailles bonnes à se faire écraser du talon. » Le Brigadier esquisse un mouvement qu’une dextre hissée à son endroit immobilise subito.

Déliant son râble du dossier, orbes scellés aux dédaigneuses mirettes, le Voliakov ingère avec flegme l’offense dégueulée non sans cueillir l’un des onéreux amas.  « Bien. Me voilà acquis à la cause de mon adjoint. Il a eu du mal à me convaincre et force m’est à présent de constater qu’il avait raison, tu es un parfait trou du cul. Qu’importe. Ce fric est déjà plus ou moins attribué à ton successeur. Vitaly Kortnev, oui ? Il est ton second en tous points, lui aussi aime avaler jusqu’à la glotte. Mais a contrario de toi, il a un peu plus de matière grise. » L’accent est lapidifiant ; c’est un quant-à-soi bilieux qui étreint l’entière silhouette. De sa liasse, il indique le reste de la somme. « Ça c’est l’Autorité, Abramov. » Se dépliant jusqu’à la chaise, il conclue en spécifiant l’entier cadre d’un ample geste. « Et ça, ce n’est que pur pragmatisme. » Un second mouvement enjoint les molosses à venir saisir l’argousin, qui se débat et qui dégoise et qui maudit et qui, surtout, est envoyé se faire broyer la gueule dans l’un des concasseurs. On règle les dernières affaires, on convoque prochainement ledit Kortnev pour officialiser les noces, et le Brigadier s’éclipse avec sa poignée de gardes. Se croisent dans les couloirs gris la faction du lieutenant et une seconde de trois geôliers, escortant une frêle ménesse que l’on guide jusqu’au Fauve. À la vue de cette phalange incongrue, les sourcils impérieux se froissent puis se débandent comme lui revient le vague souvenir d’une ribaude souhaitant audience. « Marche avec moi », requière-t-il en se levant, puis dépassant ses hommes. Les pans de la lourde étoffe lui donnent des airs de spectre irrévérencieux qui arpenterait les corridors de sa forteresse, un boulet d’affres l’obligeant à osciller. Paluches croisées sur les lombes, faciès songeur épiant le layon cimenté, il oblige la catin à reprendre l’exact chemin du retour, vers le parking extérieur où le crépuscule éclot tout juste. « Quel est ton nom, et qu’as-tu à me dire de si cardinal qu’il me faille supporter ta présence ? » Nulle calomnie dictée, sinon que l’allocution brutale si bien connue au sieur.
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